A Paris, 5 octobre 2026 à 6h du matin dans un hôpital de la capitale française, Kalev Mutond s’est éteint à 69 ans. L’ancien patron de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR), a tiré sa révérence loin de Kinshasa, loin du pays qu’il a surveillé pendant près d’une décennie.
La nouvelle, confirmée par sa famille, est tombée comme une onde de choc. L’homme que l’on surnommait le “super flic” du régime Kabila séjournait à Paris depuis près d’un an pour des soins médicaux.
Son état de santé s’était fortement dégradé ces deux dernières semaines, sans que la nature exacte de sa maladie ne soit révélée.
Nommé administrateur général de l’ANR en octobre 2011, il est resté à ce poste stratégique jusqu’en 2019, à l’arrivée de Félix Tshisekedi. Huit ans de règne sans partage. Il ne rendait de comptes qu’à Joseph Kabila, dont il était l’un des hommes de confiance les plus fidèles.
Mais son parcours est indissociable des ombres. Son passage à la tête de l’ANR a été marqué par de graves accusations : arrestations arbitraires, détentions illégales, actes de torture et enlèvements. Des faits qui lui ont valu des sanctions américaines en 2016 et des mesures restrictives de l’Union Européenne en 2017.
Après l’alternance de 2019, l’homme craint est devenu homme traqué. Avis de recherche, plaintes, exil. Il avait pourtant fait un retour discret en 2022, avant que la justice n’annonce en août 2023 la suspension des poursuites contre lui.
Kalev Mutond a eu le pouvoir de faire trembler tout un pays. Mais devant la mort, tous les dossiers de l’ANR, tous les réseaux, toutes les protections n’ont rien pu faire.
Sa mort à Paris, loin des honneurs de la République qu’il a servie, nous interpelle. L’homme fort d’hier est parti comme tout homme : fragile. C’est le rappel sentinelle que tout pouvoir humain est éphémère, et que seul le pouvoir de Dieu demeure.
Que son âme repose en paix, et que la nation tire les leçons de son histoire.
PL