Dans la province du Haut-Uélé, la lutte contre la maladie à virus Ebola est confrontée à un nouveau défi. Une patiente admise aux Cliniques universitaires de l’Uélé à Isiro, s’est évadée de cette formation médicale avant d’être retrouvée sans vie dans une église de réveil. Cet incident a soulevé d’importantes préoccupations, notamment en ce qui concerne le risque d’exposition des fidèles de ce lieu de culte ainsi que les personnes ayant été en contact avec la défunte.
Contacté, le médecin directeur des Cliniques universitaires de l’Uélé, le docteur Nassur Bala, affirme que «toute personne présentant des signes compatibles avec Ebola doit être prise en charge dans une structure sanitaire habilitée, afin de limiter les risques de transmission». Il rappelle que la manipulation d’un malade ou d’une dépouille suspecte en dehors des protocoles de biosécurité constitue l’un des principaux facteurs de propagation de la maladie. La maladie à virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus d’une personne infectée, vivante ou décédée. Les rites funéraires non sécurisés, les soins prodigués sans équipements de protection et les contacts rapprochés avec un patient infecté figurent parmi les principales voies de transmission identifiées par les autorités sanitaires.
Dans le cas d’Isiro, le docteur Nassur Bala prévient que les personnes ayant participé aux derniers instants de la patiente ou ayant manipulé sa dépouille pourraient être considérées comme des contacts à risque. Il recommande que toutes les personnes suspectes soient identifiées et qu’elles bénéficient d’un suivi sanitaire pendant 21 jours et, si nécessaire, les garder en isolement, suivant les mesures essentielles en vue d’interrompre une éventuelle chaîne de transmission. Cet événement rappelle l’importance de la collaboration entre les structures de santé, les responsables religieux, les leaders communautaires et la population.
En cette période d’épidémie, toute personne présentant des symptômes évocateurs d’Ebola doit être orientée vers un centre de prise en charge, tandis que les décès suspects doivent être immédiatement signalés aux équipes de riposte afin que les enterrements soient réalisés dans le respect des mesures de sécurité.
Au-delà de ce cas, les spécialistes de santé publique insistent sur le fait que la maîtrise d’une épidémie repose autant sur les capacités médicales que sur l’adhésion des communautés aux mesures de prévention. La confiance envers les équipes de riposte, le signalement précoce des cas suspects et le respect des consignes sanitaires demeurent les piliers de la lutte contre Ebola.
Alain PANGUIMO