TRIBUNE D’EXPRESSION POPULAIRE A KINGASANI : Les « 504 jours » focalisent les interventions

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Participants à la matinée d'échange de Kingasani

Elodie Ntamuzinda, membre de l’Assemblée Plénière de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a animé jeudi 26 octobre 2017 la tribune d’expression populaire organisée par le Réseau d’éducation civique au Congo (RECIC) sur le thème ‘’évaluation communautaire de l’opération d’enrôlement des électeurs dans la ville de Kinshasa, et après ?’’
L’événement a eu lieu au quartier Kingasani, dans la grande salle de la Paroisse Catholique Mama wa Bosawa, pleine comme un œuf. Organisée avec l’appui de « 11.11.11. » et de « National Endowment for Democracy », la matinée d’échanges citoyens directs entre la CENI, organe de gestion des élections en République Démocratique du Congo et la population du quartier Kingasani, l’un des quartiers les plus peuplés de la ville province de Kinshasa, s’inscrit dans le cadre des activités de sensibilisation de proximité que réalise la CENI et les Organisations de la Société civile pour une citoyenneté active et agissante, gage d’une démocratie participative.
405 personnes ont échangé directement et sans tabou avec la CENI sur toutes les questions actuelles touchant au processus électoral congolais. Les préoccupations des participants ont porté essentiellement sur les 504 jours après la constitution du fichier électoral avant l’organisation des scrutins, la publication du calendrier électoral, la délivrance des duplicata de carte d’électeur, l’enrôlement des congolais de la diaspora et des électeurs pré majeurs, l’accord de la Saint Sylvestre, l’indépendance de la CENI, les relations entre la CENI et les parties prenantes au processus, la prise en otage des congolais par la classe politique, la problématique de l’organisation des scrutins tels que prévus dans l’accord du 31 décembre 2016.
A toutes ces préoccupations pertinentes soulevées par des congolais habitant le quartier Kingasani, Elodie Ntamuzinda a apporté des réponses précises. ‘’Il faut éviter le message de l’intoxication, du mensonge et de la violence car cela ne permettra pas à notre pays d’organiser des élections attendues par tous dans un environnement apaisé’’, a notamment déclaré Elodie Ntamuzinda, avant de répondre aux questions de ses compatriotes.
En expliquant le chemin critique des activités essentielles après clôture de l’opération de la révision du fichier électoral en démontrant que les différentes activités du chemin sont intimement liées et que l’on ne peut pas passer à l’activité suivante si la première n’est pas terminée.
Elodie Ntamuzinda a rappelé à ses interlocuteurs que la CENI avait en son temps, publié 3 calendriers électoraux mais qui ont été rejetés par la classe politique et même par la Société civile, pour les uns, tel ou tel calendrier était partiel, trop global ou encore non consensuel.
Mais aussi, que déjà au Dialogue qui s’est tenu à la Cité de l’Union africaine, la CENI, par l’entremise de son Président, avait évoqué cette question. Les politiciens doivent dire la vérité à la population.
Evoquant la comparaison entre les scrutins de 2006, 2011 et de ceux à venir, Elodie Ntamuzinda a expliqué qu’en 2006, l’appui de la Communauté internationale était très importante (appui logistique avec 108 avions, bateaux, véhicules,… et appui financier considérable, 90% du budget), mais qu’à ce jour, la CENI ne dispose pas d’un appui considérable. Le Gouvernement de la République a pris en charge en grande partie l’opération de la révision du fichier électoral. Si l’on veut diminuer les délais, alors il faut assurer la CENI de tous les moyens dont elle a besoin afin que le calendrier à publier ne puisse plus souffrir comme les précédents.
Au sujet de l’Accord du 31 décembre 2016 dit Accord du Centre interdiocésain, Madame Elodie NTAMUZINDA a invité les parties prenantes à cet Accord à le vulgariser totalement auprès de la population. Utilisant une pédagogie simple, le Membre de la CENI a invité deux participants à lire le point IV.2 de l’Accord et de le traduire en lingala afin d’arriver tous à une compréhension commune.
C’est dans une atmosphère de compréhension mutuelle que la matinée d’échanges citoyens s’est terminée.
H.OTSHUMBA

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