REACTION CONTRE LE DISCOURS SUR L’ETAT DE LA NATION : L’opposition incapable de critiquer le bilan Kabila

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Représentants de l'opposition, lundi 23 juillet

Dimanche 23 juillet 2018 à la paroisse Notre Dame de Fatima, Jean-Marc Kabund pour l’UDPS, Pierre Lumbi et Delly Sessanga pour « Ensemble pour les élections », Martin Fayulu pour la Dynamique de l’Opposition, Baudouin Mayo pour l’UNC et Jacques Djoli pour le MLC ont rendu publique leur réaction commune au discours sur l’état de la Nation prononcé par Joseph Kabila le jeudi 19 juillet 2018. Il aura ainsi fallu 4 jours aux têtes pensantes de l’opposition, soit du 19 au 23 juillet, pour produire la déclaration critique des actes d’Etat posés ou de gouvernance institutionnelle posés par le président de la République depuis 12 ans.
Devant les deux chambres du parlement réunies en congrès, Joseph Kabila a abordé des questions d’ordre politique, économique et social, qui portent sur les réformes opérées dans l’administration publique, sur la décentralisation, la diplomatie, la sécurité, la macro-économie. Ont également été traitées les questions impliquant les 5 Chantiers de la République (Infrastructures des voies de communication, Santé, Education, Eau, Electricité et Logement), l’emploi, etc. Dans certains secteurs de la vie nationale ont été alignés chiffres et statistiques objectives étayant les avancées enregistrées.
Aussi curieux que cela paraisse, aucun des 16 points abordés dans « le mal congolais, c’est Joseph Kabila », le titre accolé à la réplique de l’opposition politique rendue publique à Notre Dame de Fatima ne s’avise de rencontrer l’argumentaire présidentiel du 19 juillet 2018.
Il en est ainsi, par exemple, de vérités et réalités mises avant par le président de la République lorsqu’il affirme que «Ensemble, nous avons réunifié notre cher pays hier divisé, mis en place des Institutions transitoires inclusives, doté notre pays par référendum d’une Constitution et instauré la démocratie en organisant en 2006 les premières élections pluralistes véritablement libres, démocratiques et transparentes dans notre histoire». Ou encore que «…la réforme de l’Etat engagée depuis 2015 nous a permis de donner une âme à la décentralisation territoriale, à travers l’installation de 15 nouvelles provinces qui sera bientôt complétée par la mise en place de la Caisse Nationale de Péréquation». Elles sont imparables, et les opposants de Notre Dame de Fatima, parmi lesquels des professeurs de droit comme Jacques Djoli, n’y auront trouvé rien à redire. Strictement rien.
Le discours présidentiel du 19 juillet 2018 affirme également que «grâce aux efforts de tous, nous avons conjuré le sort de nombreuses nuits passées sur certaines routes d’intérêt national, en restaurant l’autorité de l’Etat et en réunifiant notre territoire, à travers un programme de réhabilitation d’un réseau minimal de près de 23.000 km devant relier l’ensemble des chefs-lieux des provinces, assorti de la modernisation de la voirie de ces derniers». Il fait également état de la relance du trafic fluvial, ferroviaire, aérien. De la réhabilitation des turbines de la centrale d’Inga, la construction des barrages de Zongo II, de Kakobola et et de Katende en plus de l’implantation des microcentrales hydroélectriques.
En matière des chiffres et des statistiques, le président de la République fait état de l’évolution du PIB nominal de 3 milliards à 50 milliards USD à ce jour, ou encore du budget de l’Etat en ressources propres passé de 25 millions USD en 1960 à 4,6 milliards à ce jour, sans oublier les réserves internationales de qui crut de 62 millions de dollars US en 1960 à un milliard 150 millions en 2018.
A titre indicatif, a noté Joseph Kabila, la rémunération la plus basse des fonctionnaires de l’Etat est passée de 35.000 FC en 2010 à 129.000 FC en 2018 ; tout comme le taux de desserte en eau potable en milieu urbain, passé de 45 % en 2001 à 53% en 2017 ; ou encore le taux de mortalité maternelle qui a baissé de 1.289 pour 100.000 naissances vivantes à 846 % pour autant de naissances vivantes, selon les statistiques de 2014.
Sur toutes ces statistiques importantes pour apprécier et le cas échéant critiquer l’action de Joseph Kabila à la tête de l’Etat, aucun commentaire. Un aveu cinglant de ces « opposants », qui ne peuvent sans doute faire mieux mais ne s’empêchent pourtant pas de convoiter les fonctions présidentielles. C’est le bon vieux précepte du « hôtes-toi de là que je m’y mette ». Tout simplement.
Discours contre Discours
« Le mal congolais, c’est Joseph Kabila », la communication commune de l’opposition congolaise du 23 juillet 2018 n’est donc en rien une critique ou un examen du discours sur l’état de la Nation prononcé 4 jours plus tôt par le président de la République. C’est un contre-discours, un discours qui révèle l’état de l’opposition elle-même, qui dissimule les réalisations incontestables dans une fixation sur la personne de Joseph Kabila. C’est ainsi qu’au son point 2 de leur déclaration, les opposants déclarent que «ce discours confirme que Monsieur Kabila est indubitablement dans la logique du coup de force après avoir instrumentalisé toutes les institutions de la République, procédé à une mise en place frauduleuse des membres de la Cour constitutionnelle, recruté et formé des milices politiques dévouées à sa cause au sein de son parti et confié le commandement des Forces Armées de la République Démocratique Congo et de la Police Nationale à des officiers généraux visés par des sanctions internationales pour abus et atteintes aux Droits Humains». Il s’agit d’un argument qui répond à la préoccupation de voir Joseph Kabila s’en aller, à tout prix, quelles que soient ses performances à la tête de l’Etat rd congolais et ce qu’en pensent les populations de ce pays.
C’est dans cette logique que se comprend le point 3 de la même déclaration qui dénonce «…une manœuvre de plus de Monsieur Kabila pour instaurer un régime personnel qu’il compte légitimer par une parodie d’élections, sous le fallacieux prétexte de souveraineté nationale. Ce faisant, et pour régner par la terreur, Joseph Kabila se construit un monde à lui, isolé du peuple, de la sous-région et de la Communauté internationale». Mais, affirmer que Kabila « se construit un monde à lui » et convaincre le lecteur de la déclaration commune que les statistiques relatives à la diminution de la mortalité maternelle, par exemple, relèvent d’un monde propre au président de la République, sont des choses difficilement conciliables.
A la paroisse Notre Dame de Fatima, le 23 juillet, les opposants ont souillé les lieux saints par une masturbation intellectuelle sans pareille. Leur déclaration prétend que l’opposition «exige des élections crédibles, transparentes et apaisées qui respectent la Constitution, l’Accord de la Saint Sylvestre ainsi que les résolutions 2348 et 2409 du Conseil de sécurité des Nations Unies», souligne «qu’au-delà de la non représentation de Monsieur Joseph KABILA à l’élection présidentielle, qui est un acquis découlant de la Constitution de la République (articles 70 et 220) et de l’Accord de la Saint Sylvestre» avant d’annoncer sa détermination à faire « obstacle à tout processus électoral conduit de manière unilatérale par le camp de Monsieur KABILA et basé sur la fraude ou organisé en violation des Droits et Libertés des citoyens».
Mais ils n’en ont pour autant pas osé mettre le président de la République au défi de concrétiser les promesses réitérées dans le discours sur l’état de la Nation, lorsque Joseph Kabila affirme que «le cap des troisièmes consultations électorales, fixées en décembre prochain, reste donc maintenu» et «Notre engagement à respecter la Constitution demeure lui aussi non équivoque». Pas du tout, manifestement parce que c’est le cadet de leurs préoccupations politiciennes.
Plutôt que de critiquer et d’examiner le discours du président de la République, l’opposition verse dans des revendications mirifiques relatives au fichier électoral, à la machine à voter, à la mise en œuvre des mesures de décrispation politique, au remplacement du délégué de l’UDPS/Tshisekedi au Bureau de la Céni etc., des matières non abordées par le président de la République parce qu’elles ne relèvent pas de ses prérogatives.
«Le mal congolais, c’est Joseph Kabila» est révélateur du mal qui ronge l’opposition elle-même.
O. NSONGO DIE LEMA AVEC LE MAXIMUM

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