LES DESSOUS DES REVELATIONS DE JM KABUND : Tshisekedi otage de Katumbi

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Valentin Mubake (archives)

« Le président a eu beaucoup de peine avant d’accepter de proposer Félix Tshisekedi comme Premier ministre. Il n’a en aucun cas voulu proposer son propre fils comme candidat Premier ministre. Malheureusement, entant que démocrate, il s’est soumis au choix de ces 8 plate-formes. Et finalement, ce n’était pas la volonté du Président Tshisekedi, mais plutôt de l’ensemble des plateformes du Rassemblement ». C’est l’une des nombreuses révélations, faite par Jean-Marc Kabund, le secrétaire général de l’UDPS, au micro de nos confrères de l’émission “Mpo na ekolo”.
Après avoir révélé à la face du monde, les accords secrets entre son parti et le cardinal archevêque de Kinshasa, sur les ” fifty-fifty”, Jean-Marc Kabund, venait-là, également, de lever un coin de voile, sur les relations entre le G7 et le défunt « Sphinx de Limete ».
À en croire, sa déclaration et surtout son insistance, sur la question, tout démontre comment, celui que l’on a toujours présenté, comme l’opposant historique, avait été littéralement pris en otage par ce petit groupe de G7, piloté par l’ex gouverneur du grand Katanga et constitué d’anciens collaborateurs de l’actuel Président de la République, en lui imposant son pion, Félix Tshilombo, comme candidat, Premier ministre de l’opposition, au détriment de Valentin Mubake, son choix légitime.
Le plan Katumbi : une insulte pour le peuple Congolais
Dans sa soif éhontée du pouvoir et très confiant dans sa puissance financière, dont la source est désormais connue de tous, Moïse a voulu imposer à ce grand pays, un plan politiquement et moralement indigeste.
Au cours, des discussions à la CENCO, tout le monde savait, y compris Moïse Katumbi lui-même, que la présidence du Conseil National de Suivi des Accords, CNSA, revenait de Droit, à Étienne Tshisekedi, et que cette structure, a été presque “créé à son image”. Pourtant, ceci ne l’a pas empêché, lui et ses acolytes, d’imposer à Étienne Tshisekedi le nom de Félix, son fils biologique, comme candidat, Premier ministre, pour le compte de l’opposition non-signataire de l’accord de l’OUA.
En d’autres termes, voici comment se présenterait ” la formule Katumbi “, pendant cette période pre-électorale: -Joseph Kabila: Président de la République,
– Félix Tshisekedi, fils biologique et Secrétaire Général adjoint/ affaires extérieures de l’UDPS: Premier Ministre,
– Étienne Tshisekedi wa Mulumba, père biologique, Président National de l’UDPS: Président du CNSA.
Dans l’entre-temps, selon l’accord de la CENCO, il appartient au CNSA de faire le suivi dans l’application de cet accord, par les différentes institutions, notamment, le gouvernement.
Donc , si il était encore en vie et si tout se passait comme prévu, par la ” formule Katumbi”, le Président du CNSA, Étienne Tshisekedi, allait procéder à l’évaluation de l’application de cet accord, par l’institution dirigée par son propre fils , en sa qualité de Premier Ministre. Et les évêques catholiques de la CENCO, qui se présentent aujourd’hui, auprès des naïfs, comme des donneurs des leçons de la morale politico- religieuse, étaient prêts à cautionner cette dérive démocratique. Heureusement, que Dieu en a décidé autrement.
Au-delà de tout ceci, la question que plusieurs observateurs objectifs, se posent, est celle de savoir, pourquoi cette insistance de Moïse Katumbi,, sur la seule candidature de Félix Tshilombo jusqu’à menacer de quitter le Rassemblement ? Ce dernier ne constitue-t-il pas le véritable acteur de cette ” prise en otage de son défunt père “, en ouvrant grande, la porte, de la blanchisserie de l’UDPS, à ces politiciens opportunistes, du G7, à la tête des partis politiques-tiroirs, sans assises populaire réelle.
Avez-vous souvenance, que plusieurs sociétaires de l’UDPS et même du Rassemblement se plaignaient en coulisse, de cette main mise, des membres du G7 qui, à leurs yeux, n’étaient que des simples parvenus et opportunités? N’avaient-t-ils pas raison de penser ainsi? Aujourd’hui, le temps semble, leur donner pleinement raison.
Juste après la mort de Etienne Tshisekedi, les langues se sont déliées pour fustiger en public, cet état des choses.
Leurs frustrations longtemps dissimulées du vivant de l’homme de la 10è rue, ont fini par éclater au grand jour, et occasionner ainsi, les divisions actuelles que l’on observe, au sein de l’UDPS et du Rassemblement originel.
Pourtant, Malgré ce mal causé, l’homme de Kashobwe, semble ne pas être prêt à lâcher son contrôle sur l’UDPS et le Rassop/Limete à la tête duquel il n’a pas hésité à imposer Félix à la Présidence, poste qui n’a jamais existé à la création de cette plateforme à Genval, chez les parrains néo-libéraux Belges. Autre preuve, Félix Tshilombo ne fait rien sans l’aval de ce dernier. Et les rares fois, qu’il a osé enfreindre à cette règle, le camp Katumbi, se tenait prêt à le remettre à sa place. Le cas de sa récente déclaration sur TV5, concernant, le candidat du Rassop aux prochaines élections Présidentielles, en est une preuve éloquente.
Aujourd’hui, comme hier, tout prouve, que ce Katumbi, n’allait pas, arrêter de traîner Étienne Tshisekedi dans la boue ou dans les caniveaux, pour assouvir sa soif du pouvoir pour le pouvoir. Qu’a-t-il alors, donné en échange, pour bénéficier d’une telle influence? Peut-être que l’histoire nous en dira d’avantage. Pendant ce temps, tous les observateurs avertis sont unanimes, pour dire que ce mariage contre-nature, entre Étienne Tshisekedi et Moïse Katumbi qui doit tout ou presque, politiquement et financièrement, au camp Kabila, était suicidaire pour lui, au grand risque, de lui faire perdre le mythe, qu’il gardait encore, auprès des quelques membres de son parti, restés fidèles.
Dans ce contexte, la mort de Étienne Tshisekedi, ne constitue-t-elle pas en soi, une libération politique du vieux, dans cette prise d’otage ?
Guy MOMAT
Analyste Politique.

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