ENERGIES RENOUVELABLES : La RDC au Forum de l’Alliance solaire internationale d’Abu Dhabi

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    Ingele Ifoto, avec Irène Mulor (archives)

    La RD Congo veut diversifier ses sources de production de l’énergie. Voilà qui justifie le récent déplacement à Abu Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, du ministre de l’Energie et Ressources hydrauliques, Jean-Marie Ingele Ifoto, qui y a pris part au Forum international de l’Alliance solaire Internationale.
    Mais c’est plutôt le ministre de la Coopération au Développement, Kwet Mwan Kwet, qui a présenté, lors du dernier Conseil des ministres le 23 février 2018, un projet de loi portant ratification de l’accord-cadre de l’Alliance solaire internationale. Ce projet a été approuvé par le parlement et expédié au Chef de l’Etat. La diversification de sources de production d’énergie (mixte-énergie) permettra d’augmenter le taux de desserte en électricité sur l’ensemble du pays.
    Le gouvernement voudrait ainsi mettre à profit les rencontres avec les officiels et les partenaires de différents Etats pour échanger les expériences et étendre les sources de production, en mettant l’accent sur les énergies renouvelables et photovoltaïques encore peu développées au pays. Et si le ministre n’a été que faire du tourisme ? D’autant plus que cette politique de recours au solaire ne figure dans un aucun plan, programme ou projet officiel… à court, moyen ou long terme. La dernière tentative -si c’en est une- de diversification des sources d’énergie électrique a été rendue publique mi-mars 2017 par l’alors DG de la SNEL, Société nationale d’électricité, Eric Mbala. Sous prétexte que la capacité d’Inga se serait considérablement réduite du fait de l’étiage, la SNEL envisageait à brève échéance, se lancer dans l’énergie thermique. Mi-mars 2017, dans une réunion qui s’est tenue au cabinet du Premier ministre d’alors, Samy Badibanga, et en présence du ministre des Finances, Henri Yav Mulang, le PCA de la SNEL Makombo Monga, laisse entendre que dans les 45 jours ou deux mois, la SNEL peut apporter toutes les machines inhérentes à l’énergie thermique, les installer et régler définitivement le problème de déficit énergétique. Pour ce faire, l’entreprise sollicitait une exonération totale du carburant. Le PCA Makombo et le DG Mbala seront éjectés, quelques semaines plus tard, de leurs postes. Et depuis, le projet « centrale thermique pour suppléer Inga» expédié dans la corbeille. En tout cas, l’actuel PCA, André-Alain Atundu, n’a pas donné suite audit projet. A ce jour, la SNEL exploite tout de même 36 centrales thermiques. Une dizaine d’autres centrales thermiques appartiennent aux privés. Mais l’essentiel de la production du courant électrique provient de la cinquantaine des centrales hydroélectriques dont la SNEL a perdu la gestion exclusive de quelques-unes notamment dans l’Est du pays. Aussi le taux d’exploitation est-il faible et est actuellement évalué à 50 % seulement des capacités installées (produisant 10 359,3 GWh). Naturellement, le taux d’accès à l’énergie électrique reste aussi faible, soit 9% ou 15% selon les récentes statistiques de la SNEL.
    Arrière-pays.
    Alors qu’il souffle le chaud et le froid sur la gestion future des centrales de Katende et de Kakobola, le gouvernement attend cependant mettre en place l’ambitieux projet ANSER, Agence nationale de service d’électrification rurale. L’Etat compte, en effet, améliorer l’accès à l’électricité en faveur des groupes sociaux ainsi que l’accès des populations urbaines et rurales à l’eau potable à travers le développement des unités de production de l’énergie électrique, lancement des projets de construction ou de modernisation des mini-barrages hydro-électriques. L’électrification de la ville de Mbandaka compte parmi les premiers projets d’ANSER plutôt à l’hydroélectricité qu’au solaire quoique la ville se situe dans une zone d’ensoleillement intense. Par ailleurs, le ministre des Finances, Henri Yav Mulang, a obtenu, en octobre 2017, de l’Assemblée nationale, la ratification de trois projets des lois portant autorisation des financements par la Banque mondiale et la BAD, des projets socioéconomiques sur l’électricité et le développement urbain. Quelque 235 millions de dollars à la clé. Il s’agit notamment du projet d’accès à l’amélioration du secteur d’électricité, PAASE, financés par la Banque mondiale.
    POLD LEVI

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