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WHO’S WHO : Honoré Ngbanda Zambo ko Atumba

Depuis sa sortie officielle, le samedi 4 juin 2005 à Paris (France), l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo, APARECO, dont il est le « Président Fondateur » se signale par des saillies généralement extravagantes, revendiquant tantôt la qualité de pasteur, tantôt celle de grand combattant voué à l’avènement de la démocratie en RD Congo. En réalité, l’activisme politique de l’ancien homme-lige du défunt Maréchal Mobutu Sese Seko semble se limiter exclusivement à mobiliser la masse de la diaspora rd congolaise en Europe Occidentale contre les autorités en place en RDC depuis la chute d’une qu’il a servi avec un zèle à nul autre pareil.
Discours et interviews d’Honoré Ngbanda distillent le charme d’un félin revêtu d’une peau d’agneau. Camouflant ses véritables intentions sous de fallacieuses raisons objectives, difficiles pour les naïfs qui s’y prêtent, il se présente généralement comme un « patriote » mais en réalité, tout n’est que calcul machiavélique dans sa démarche.
Formé à l’école de la dictature de Mobutu Sese Seko, Honoré Ngbanda a intériorisé jusqu’à la caricature la recommandation de Machiavel : « les hommes obéissent si bien aux ’nécessités présentes’ que celui qui trompe trouvera toujours qui se laissera tromper ». Ngbanda a une capacité exceptionnelle de tromper et berner ses interlocuteurs.
Aptitudes à berner
Tout menteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Chez les Congolais de l’ethnie ngbandi à laquelle l’ancien flic, conseiller en matière de sécurité du défunt Maréchal, il était même gratifié par ses propres proches du surnom peu flatteur de « Wa Mvene » (le menteur). Pour atteindre ses objectifs, il a besoin de recruter des adeptes. Son agenda caché consiste à se constituer par tous les moyens un certain nombre de Rd Congolais établis à l’étranger pour diverses raisons afin d’assouvir sa soif inextinguible de vengeance contre « les Kabila », père et fils, coupables de lui avoir retiré le pain de la bouche en 1997, en vue de reconquérir rapidement le pouvoir au Congo.
Que cache cet acharnement à dénoncer sans cesse une myriade de complots qui s’entrecroisent et se contredisent parfois tellement les explications de celui que les kinois appelaient le « Terminator » n’ont eu de cesse d’envahir les réseaux sociaux ?
Des discours de Ngbanda, il est difficile de dégager le plus petit commencement d’un programme politique, ou encore une quelconque alternative pour le pays. Toutes les idées politiques de l’Alliance sont focalisées sur la seule volonté de Ngbanda, sur les lubies qui lui tiennent lieu de vision du monde. Il se veut le « Rassembleur », l’« Unificateur » de tous les nostalgiques du régime déchu de Mobutu.
Vie antérieure chargée
Dans la très éclectique diaspora congolaise en Europe, ceux qui croient aux discours du « Terminator » ne connaissent rien de sa vie antérieure sous le mobutisme triomphant. De pauvres hères faibles d’esprit et sans repères historiques ni esprit critique qui ne demandent qu’à entendre le son de cloche de « Wa Mvene », et qui considèrent toute opinion contraire comme relevant de la « haute trahison » dont l’auteur ne peut être qu’un « Rwandais » (re-sic !) méritant d’être cloué au pilori. Ces jeunes écervelés en quête d’une justification à leur requête pour l’obtention du statut de réfugié politique dans leurs pays d’accueil respectifs se lancent alors tête baissée dans des campagnes d’intimidations des contradicteurs, de brutalités physiques contre les représentants des institutions publiques de leur pays d’origine de passage en Europe. Cette caporalisation des esprits reste le modus operandi de prédilection du « Terminator » depuis les années Mobutu…
Mécanique de caporalisation
Ainsi se met en place la mécanique infernale de l’Apareco, qui n’est guère différente de celle des terroristes islamistes de Boko Haram ou de l’Etat Islamique. Pour faire bonne impression sur sa bande, Ngbanda s’évertue à diluer sa part personnelle de responsabilité dans la destruction du pays dans une nébuleuse « responsabilité collective », par une production prolifique de légendes et de fictions dans des livres et interviews. L’ex flic en chef de Mobutu use même d’un discours religieux pour bien les manipuler dans cette alliance fort hétéroclite tissée sur un modèle terroriste. Ngbanda « Atu » est en effet un ancien du petit séminaire catholique de Bolongo près de Lisala où, encore très jeune déjà, il était réputé dépourvu de tout scrupule. « C’était un séminariste aux prestations scolaires moyens, voire médiocres, connu pour sa déloyauté totale par les prêtres et tous ses collègues », se souvient un de ses collègues de l’époque.
Un ancien agent des services de sécurité du Zaïre de Mobutu a récemment restitué quelques hauts faits d’armes de ce nouveau « démocrate ».
Barbouze
Après avoir terminé en 1972 ses études en Philosophie au Campus de Lubumbashi sans aucun parrain dans les cercles ngbandi (l’ethnie de Mobutu) à Kinshasa, il ne sera propulsé sur la scène du pouvoir que grâce à l’entregent de Nzapa Kengo, jeune étudiant à cette époque en sciences politiques, d’ethnie ngbandi comme lui. C’est Nzapa, qui était un cousin de l’épouse de M. Baramoto, proche parente de Marie Antoinette Mobutu la première épouse du Maréchal, qui recommandera « Terminator » aux services de sécurité (Centre National de Documentation, CND). Il sera parachuté directement en (septembre 1972) au Département de la Documentation Extérieure (DDE) dirigé par Edouard Mokolo wa Mpombo, l’actuel 1er Vice-Président du Sénat rd congolais. Mais le pauvre Nzapa sera payé plus tard en monnaie de singe. Dès l’arrivée de Ngbanda dans ce service, les choses se gâtent rapidement dans les relations entre Mokolo et son collègue en charge du Département Intérieur du CND, le défunt Jean Seti Yale. “Ne Mvene » a mis le feu sur l’huile entre ses deux chefs. C’est le point de départ d’une féroce lutte de factions dans le sérail présidentiel qui va marquer profondément tout le règne de Mobutu.
A cause de ce combat entre les deux amis devenus ennemis jurés des suites de ses manipulations, Honoré « Atu » est frappé d’une mesure d’éloignement du pays en 1976. Il est « exilé » au poste de chef d’antenne du CND à l’Ambassade du Zaïre à Bruxelles où il débarque en décembre 1976. A son arrivée dans la capitale belge, l’Ambassadeur Fabien Inonga Lokonga Lome lui confie en guise de couverture diplomatique la fonction de conseiller politique, responsable entre autres de l’encadrement de la jeunesse du Parti unique (JMPR) en Belgique. Il s’y signale par des détournements systématiques des pécules destinées aux étudiants boursiers de l’Etat zaïrois après s’être accaparé de la gestion du Centre Culturel Zaïrois, une section du Ministère de l’Éducation Nationale chargée de gérer les fonds destinés au paiement des bourses. Il lui avait suffi pour réussir cette OPA de prétendre crânement qu’en sa qualité de chef d’antenne de la sécurité à l’Ambassade, c’est par la gestion du centre culturel qu’il pouvait « contrôler la colonie estudiantine zaïroise au sein de laquelle grouillent des opposants étudiants payés avec l’argent du régime qui les nourrit ».
Bourreau des boursiers zaïrois
Nombre d’anciens boursiers zaïrois, réduits à l’indigence et à la mendicité, sont de la sorte contraints de gagner les rangs de l’opposition au régime Mobutu pour pouvoir être éligibles aux fonds de l’aide publique belge aux nécessiteux (CPAS).
Sans scrupules, Ngbanda mettra ensuite le grappin sur le budget destiné aux médecins du service de cardiologie de la Clinique Genoulier en Suisse où avait été soignée la défunte Marie Antoinette Mobutu, épouse du Président Mobutu.
Après la première guerre du Shaba en Mars 1977, le Ministre des Affaires Étrangères, Jean Nguz Karl i Bond, est arrêté le 13 août 1977. Aussitôt, Honoré Ngbanda prend l’initiative de fabriquer de toutes pièces des preuves de sa prétendue complicité avec les rebelles du FLNC, alliés au MPLA angolais. Il peaufine avec un faux témoin, un adjudant des Forces armées zaïroises du nom de Sumbu, affecté au service de l’Attaché militaire de l’Ambassade zaïroise à Bruxelles, les détails d’un chapelet de mensonges qui seront produits durant le procès pour haute trahison de Nguz a Karl i Bond, qui sera condamné à mort. L’affaire s’étant avéré par la suite n’avoir été qu’une cabale, le condamné sera gracié par Mobutu. Mais «Terminator » ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Il va, peu après, tisser de toutes pièces en 1978 un autre « coup » : celui des « mercenaires » qui tenteraient de s’infiltrer à partir du Rwanda. Il informe pompeusement le régime au pouvoir à Kinshasa de cette découverte d’un nouveau complot contre le dictateur dont le commanditaire serait, selon lui, l’ancien Gouverneur du Kasaï, Daniel Monguya Mbenge. Exilé politique en Belgique, Monguya est pratiquement imprenable à Liège où il réside.
Père des tristement célèbres « Hiboux »
Il créera également les Forces d’Intervention Spéciales (FIS), connues sous le sobriquet de “Hiboux”, entraînées par des mercenaires Sud Africains pour des coups tordus contre les opposants politiques ainsi que les Forces d’Action Spéciales (FAS), entraînées par des Israéliens pour des coups à l’étranger. C’est l’époque où une terreur noire se répand dans la ville de Kinshasa et où « Terminator » initie plusieurs coups maladroitement montés contre de personnalités politiques de l’opposition, la presse libre et les partisans du changement politique.
Dans son Rapport annuel de 1994, l’AZADHO (Association Zaïroise des Droits de l’homme) a conclu que la violence politique a occasionné de nombreux cas d’assassinats, exécutions sommaires et extrajudiciaires. Jusqu’au 26 Décembre 1994, en moyenne 10 à 11 exécutions sommaires par mois ont été répertoriées par l’Ong de défense des droits humains dirigé par un co-régionnaire de Ngbanda, particulièrement dans la ville de Kinshasa.
Si au début de la dictature de Mobutu, Jean Forster Manzikala avait acquis une réputation d’assassin dans la répression contre les Nationalistes congolais, Honoré Ngbanda le surpassera de loin. En février 1990, une opération punitive contre les étudiants originaires des régions de l’Est du pays (communément appelées ’Bloc Est’) fichés “contestataires” a été organisée par sur le campus de l’Université de Kinshasa. Au cours d’une nuit, des éléments de FIS, visages barbouillés de boue et de charbon, mêlés à des étudiants mouchards et indicateurs pour la plupart originaires des régions de l’Ouest du pays (’Bloc Ouest’), ont réveillé leurs collègues garçons des homes 10 et 20 qui seront copieusement tabassé avant de se réfugier au home 30 le bastion des étudiants fichés meneurs du Bloc Est jusqu’aux petites heures du matin, sans éveiller l’attention des autorités académiques ni militaires.
Assauts contre les étudiants
Pour briser moralement l’opposition à Mobutu des leaders de l’Union sacrée, Ngbanda n’a pas hésité à utiliser des armes lourdes. Dans la nuit du 13 août 1991, la maison de Frédéric Kibassa Maliba, leader de l’UDPS et de l’Union sacrée, sur la 12e rue Limete, est bombardée à la roquette par les éléments des Forces d’Intervention Spéciales (FIS). Un gendarme de Limete venu à la rescousse, croyant à une agression par des bandes de voleurs à main armée….
D’autres maisons d’hommes politiques sont aussi attaquées, comme celle de Mr Tshimbembe, bombardée le 27 août 1991. Le 4 septembre 1991, les sièges de l’UDPS et de l’UFERI sont attaqués par des éléments des Forces d’Intervention Spéciales (FIS) qui tuent trois membres de l’UFERI.
Dans la nuit du 3 janvier 1993, la résidence Kibassa Maliba est de nouveau bombardée à la roquette par les militaires de la DSP. Les dégâts matériels et humains sont lourds. Berthos Kibassa, fils du leader de l’UDPS, est tué au cours de cette attaque et d’autres membres de la famille sont sérieusement blessés.
La presse dont « Terminator » use et abuse pour répandre ses idées rétrogrades, n’a pas été à l’abri de ses sbires. Les bureaux du Journal Elima sont pillés le 28 août 1991 par un commando des FIS avant que son imprimerie à Kintambo ne soient plastiqués le 17 octobre 1991 sur ordre de « Atu ». Le 21 février 1994, vers 10 heures, une cinquantaine d’hommes en tenue civile et en uniforme militaire surgissent sur son ordre dans les bureaux du Journal « L’Analyste” de Jacques Bongoma. Ils coupent le téléphone et occupent les lieux jusqu’à 17 heures avant de repartir sans rien dire mais en emportant tous les matériels et équipements de rédaction.
Le 28 Octobre 1994, l’Editeur responsable du Journal ’Nsemo’, Mr Kavula, membre du Bureau national de l’UDPS, est enlevé par des agents à la solde de N’Gbanda. Une semaine plus tard, il sera retrouvé dans un champ en friche sur la route de Matadi près de Kasangulu en piteux état, saignant et agonisant avec des traces de tortures sur son corps. Il succombera de ses blessures après six jours de soins intensifs.
Attaques contre les acteurs politiques
Au cours de la nuit du 18 au 19 décembre 1991, Joseph Ileo Nsongo Amba, ancien Premier Ministre, leader de PDSC et membre très influent de l’Union sacrée de l’opposition radicale, est attaqué dans sa maison par des hommes armés de FIS sur l’ordre Ngbanda. Ils emportent tous les documents politiques et autres papiers de ce respecté patriarche de la province de l’Equateur à laquelle Ngbanda appartient, pourtant.
Honoré « Atu » signera une des mascarades les plus retentissantes de la période de la Conférence Nationale Souveraine avec la fameuse et fausse « mutinerie de La Voix du Zaïre ». Dans la nuit du 22 janvier 1992, à 11 heures du soir, un peloton de soldats de la 31è Brigade Parachutiste de CETA investit la Station de radio nationale. Ngbanda, alors Ministre de la Défense Nationale, passe à la télévision pour dénoncer qu’une mutinerie doublée d’une tentative de coup d’Etat planifiée en coordination avec l’opposition venait d’être démantelée.
Lors de la marche des chrétiens du 16 février 1992, Honoré Ngbanda, ministre de la Défense, et Tony Mandungu Bula Nyati, ministre de l’Intérieur, suivaient par des descentes éclairs sur terrain et en liaison radio, toute l’évolution des opérations de répression sanglante exercées par les forces de sécurité sur les manifestants pacifiques armés uniquement de … chapelets. C’est Ngbanda qui fera intervenir des éléments issus des troupes rebelles angolaises de l’UNITA de Jonas Savimbi, dépêchés de la Base de Kamina, le 14 février sur sa demande expresse. Ainsi, l’ordre de tirer sur les chrétiens a bel et bien eu son aval.
Les membres de la diaspora rd congolaise devraient, pourtant, se méfier de ’Wa Mvene’, qui est un mélange réussi de forfanterie, de froideur, et de cruauté naturelle. L’asile politique à l’étranger jusqu’au troisième âge n’est pas une option enviable. Le ghetto d’un genre nouveau de terrorisme noir entre Africains dans lequel il essaie d’enfermer ceux qui le suivent aveuglément non plus. Honoré Ngbanda Zambo ko Atumba ferait mieux d’épargner les Congolais de ses « analyses » motivées par une haine viscérale. Du haut de ses 71 ans d’âge, le cruel « Terminator » peut être considéré comme un homme du passé qui n’a rien à apporter aux générations actuelles.
DK avec Le Maximum.

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