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TRIBUNE : Sauts de mouton : non à l’hypocrisie

Il ne se passe plus de jour sans que l’on ne parle des « sauts de mouton », ces viaducs destinés à assurer une bonne cohabitation entre usagers des intersection de nos voies urbaines encombrées qui entravent quotidiennement la circulation. C’est peu après son avènement à la présidence de la République que Félix-Antoine Tshisekedi avait décidé, sans attendre la mise en place du gouvernement, décidé de lancer son programme dit des travaux de 100 jours. Parmi ces chantiers très volontaristes figurait en bonne place, sinon en priorité, la construction des sauts de mouton dont l’inauguration avait été annoncée pour trois mois après.
Il serait utile, correct et honnête près d’un an après, alors que les kinois multiplient leurs récriminations à cause des perturbations que leur causent ces travaux qui n’en finissent pas de finir, de pointer les véritables responsables si nous voulons être devant Dieu et les hommes.
Il faut en finir avec l’hypocrisie et la stratégie consistant à chercher à tout propos des Boucs Emissaires ailleurs. Tant qu’à faire, il faut indexer les vrais responsables de ces retards qui sont la source de tant de désagréments, en sachant par ailleurs que même s’ils ne seront que passagers, dans certaines situations, les dommages causés sont irréparables. C’est le cas notamment des nombreuses victimes qui, sur la route des urgences hospitalières, n’ont pu y arriver à temps, ou encore des victimes de la criminalité qui n’ont pu recevoir le secours sollicité des services de police ou de sécurité bloqués dans les embouteillages  monstres qui paralysent Kinshasa.
Le 21 mars 2019 à la place de l’échangeur de Limete, devant une foule composée pour la plupart des militants de l’UDPS/Tshisekedi, le président de la République a lancé les travaux de son « programme des 100 jours ». Les ministres du gouvernement sortant du premier ministre Bruno Tshibala qui avaient été conviés par le protocole d’Etat à la cérémonie s’étaient fait copieusement huer, pire insulter par les militants du parti du président. On n’a jamais compris les  vraies raisons d’un tel comportement, visiblement approuvé par les plus hautes autorités de leur parti. On sait que l’exécution de tous les chantiers de ce programme des 100 jours a été initiée, orientée, coordonnée et supervisée par la présidence de la République à travers son cabinet qui ne se privait pas de fixer régulièrement l’opinion sur l’état d’avancement des travaux y relatifs.
En marge de la journée européenne du 8 mai 2019, Monsieur Vital Kamerhe, le directeur du cabinet présidentiel a déclaré ce qui suit  devant un parterre des journalistes qui l’interrogeaient à ce sujet: « le porte-parole du président de la République va faire, dans les prochains jours, un grand point de presse au cours duquel il va vous distribuer le programme des 100 jours pour vous dire tout sur ce qui a été prévu et ce qui a été accompli. Il va également vous convier, vous les journalistes de Kinshasa, à une randonnée à travers la ville afin que vous vous rendiez compte des réalisations ». Cette déclaration faite par celui qui doit être considéré comme le véritable maître d’ouvrage de ces chantiers n’aura malheureusement aucune suite.
Le dircab du chef de l’État avait alors ajouté : « vous allez relever trois choses : le taux d’inflation a baissé, la stabilité monétaire a été observée, le taux de croissance économique a augmenté. Mais le plus important, c’est le solde de la balance de paiement qui est aujourd’hui plus qu’excédentaire. Nous sommes à 253 millions de dollars américains d’excédent ». Un tableau qui sera dans la réalité contredit par les événements, comme l’indiquent les rapports de la BCC. .
En son temps, j’avais personnellement prédit que ce programme de 100 jours, initié unilatéralement par la présidence sans l’exécutif avec en ligne de mire les sauts de mouton, était une faute qui ne serait pas sans conséquences. Sans rencontrer les arguments que j’avais aligné à l’appui de mon observation, des militants fanatiques du parti du chef de l’Etat m’avaient copieusement insulté, me traitant de jaloux et de haineux. Je ne comprends pas qu’aujourd’hui la raison de leur colère et de leur inclinaison à chercher des Bouc Emissaires au Front Commun pour le Congo (FCC) aujourd’hui que mes prédictions se réalisent. Qui leur a menti sur les travaux des 100 jours ? Ce n’est pas le FCC. Ils devraient, à mon avis, avoir le courage de s’adresser aux vrais initiateurs et gestionnaires jusqu’à ce jour de ces projets qui traînent au lieu de distraire la population avec des accusations sans fondements. Pourquoi nous avaient-ils tant insulté quand nous disions la vérité au sujet des risques que prenait la présidence de la République en s’emparant des compétences dévolues au seul gouvernement et à ses démembrements que sont les entreprises et services publics ? Pourquoi s’en prennent-ils au ministre des Finances lorsqu’il remet les pendules à l’heure en recadrant le directeur de cabinet du chef de l’Etat qui tentait de le livrer en pâture à la vindicte populaire ? Quand le péché se retourne vers celui qui l’a commis, même un accusateur de mauvaise foi ne peut que filer à l’anglaise comme on dit. Si les kinois veulent demander des comptes au sujet des sauts de mouton qui leur causent tant de tracas, ils savent bien à qui s›adresser. Qu’on laisse l’ancien président Kabila et les sociétaires de son FCC tranquilles.

Papy Tamba

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