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TRIBALISME DANS LA DESIGNATION A LA TETE DE LA CENI : A chaque ethnie son candidat

  • De même que Ronsard Malonda bénéficie du soutien de ses corégionnaires du Kongo-Central et que des leaders kasaïens se soient insurgés contre l’élimination des candidatures des leurs comme Jérôme Bonso pour proximité avec l’actuel chef de l’Etat, Cyrille Ebotoko, un des challengers de Malonda, présenté par le cardinal Ambongo au poste de président de la CENI, fait l’objet d’une mobilisation de ses ‘‘frères provinciaux’’ de la Tshuapa.
    En effet, présenté parmi les candidats à la tête de la centrale électorale par l’Eglise catholique avant d’être retoqué par les participants à la réunion de sélection des candidatures, Cyrille Ebotoko soutenu aussi par l’ECC aurait été écarté de la short list du fait d’«informations erronées autour de sa personne par une certaine opinion», selon la société civile et les notables de sa province de la Tshuapa. Dans une pétition signée à cette fin, des notables du territoire de Bokungu, des secteurs Lolaka, Luay, Loombo, Luando et de la chefferie Nkole se disent indignés.
    Ces personnalités déclarant s’exprimer au nom des habitants de Bokungu, affirment avoir «appris avec regret les fausses informations données par les partisans et cadres de certains regroupements politiques sur l’identité, l’origine et l’appartenance ethnique de Cyrille Ebotoko ». C’est dans le souci de faire triompher la vérité sur le mensonge, dit leur communiqué, qu’ils ont tenu à clarifier et fixer l’opinion nationale et internationale sur la «vraie» identité de Cyrille Ebotoko qu’ils ont présenté comme «un expert électoral avec 15 ans d’expérience tant au niveau national qu’international. Depuis 2011, il est chargé de programme à la Commission Justice et Paix (CJP-CENCO). Licencié en lettres de l’Université Pédagogique Nationale (UPN), Cyrille Ebotoko détient également une certification internationale Prince II Practionner en gestion de projet et accréditeur Bridge (le niveau le plus élevé de portée internationale en matière d’expertise électorale, Ndlr)».
    Ebotoko est, selon ces notables «l’un des experts possédant une réelle expérience et connaissance pratique de terrain, un bagage intellectuel consistant, une reconnaissance qui dépasse les frontières nationales et une personnalité fiable pour occuper de grandes responsabilités d’intérêt général. En 2005, il devint chef d’établissement dans le diocèse de Bokungu où l’Église catholique lui a confié la mission de rétablir l’ordre et la discipline dans une école du milieu. Il y a imprimé son style de management qu’il va garder durant toute sa carrière professionnelle en faisant preuve d’esprit d’écoute, d’intégrité et du sens du travail bien fait.
    Il a intégré au cours de la même année la Commission Électorale Indépendante (CEI), actuelle CENI, où il va occuper tour à tour les postes de superviseur technique provincial (STP), formateur électoral provincial (FEP) et chargé des scrutins et contrôleur technique provincial. Il a participé au recrutement, formation et déploiement du personnel de la CENI pour les différentes opérations électorales de 2006 ainsi que la révision du fichier électoral et le repérage des sites de vote.
    Il a quitté la CENI en 2011 pour rejoindre la CENCO, où il dirige depuis lors le programme de la Commission Justice et Paix de la CENCO. Depuis 2015, il supervise techniquement la Mission d’Observation Électorale (MOE) de la
    CENCO», peut-on lire dans le communiqué.
    Face à cette tribalisation/ régionalisation du débat autour de la sélection des dirigeants de la CENI, de plus en plus d’observateurs se posent la question de savoir s’il ne faut pas reconsidérer de fond en comble le processus de désignation des animateurs de la centrale électorale. Une des solutions auxquelles on fait allusion est celle de remettre à l’administration publique, à travers une commission gouvernementale (interministérielle Intérieur et Justice) la responsabilité d’organiser les élections comme cela se fait partout ailleurs en attendant que les politiciens et leurs affidés dans la très politisée et très tribalisée société civile congolaise harmonisent leurs points de vue, ce qui ne semble pas envisageable dans un délai raisonnable.
    LE MAXIMUM

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