Politique

SONANGOL : Mme Sindika soupçonnée de détournements

Ce sont nos confrères du quotidien français « Le Monde » qui livrent l’information. Isabel Dos Santos, la fille de l’ancien président angolais et épouse de notre compatriote Sindika Dokolo, est soupçonnée d’avoir détourné des dizaines de millions d’euros lorsqu’elle était à la tête de la Sonangol.
La compagnie pétrolière angolaise Sonangol a annoncé, mardi 19 décembre, l’ouverture d’une enquête sur de « possibles détournements » de fonds imputables à son ancienne PDG. Nommée à la tête de la Sonangol par son père en 2016, Mme Sindika a été remerciée le mois dernier par le nouveau président angolais, Joao Lourenço.
Ces derniers jours, plusieurs médias angolais ont accusé Isabel Dos Santos d’avoir ordonné, lorsqu’elle dirigeait l’entreprise, des paiements et des mouvements de fonds jugés suspects s’élevant à plusieurs dizaines de millions d’euros. « Nous avons mis en place une commission d’enquête interne pour enquêter sur les informations diffusées », a déclaré mardi un porte-parole de la Sonangol, Mateus Benza. « Nous vérifions de possibles détournements, mais je ne confirme rien pour le moment », a-t-il précisé.
Selon le Novo Jornal et le Jornal Economico notamment, la nouvelle direction de la compagnie a identifié un transfert « suspect » de 57 millions d’euros vers un compte à Dubaï. Elle s’interroge également sur un virement mensuel, mis en place dès l’arrivée d’Isabel Dos Santos à la tête de la compagnie, de 10 millions d’euros de la Sonangol vers une entreprise portugaise dont elle est l’actionnaire principale. Selon ces médias, le nouveau patron de la Sonangol a écrit à sa prédécesseure pour lui demander des explications et a saisi les autorités judiciaires angolaises.
Symbole de népotisme
Sollicité par l’AFP, le parquet de Luanda a indiqué mardi soir n’avoir reçu aucune plainte visant l’ex-patronne de la Sonangol. Mme dos Santos a de son côté vivement dénoncé une « campagne de diffamation ». « Ces fausses nouvelles […] ne méritent aucun crédit puisqu’elles ont comme seule et unique motivation de remettre en cause l’intégrité de l’ingénieure Isabel dos Santos », a-t-elle répliqué dans une déclaration diffusée via son compte Twitter.
Présentée comme la femme la plus riche d’Afrique par le magazine américain Forbes, Isabel dos Santos est devenue un symbole du népotisme reproché à son père. José Eduardo dos Santos a quitté la présidence à la faveur des élections générales d’août dernier, après trente-huit ans d’un règne sans partage pendant lequel il a mis l’économie du pays en coupe réglée au profit d’une poignée de proches. Son successeur, qui a promis de lutter contre la corruption, a congédié récemment plusieurs dirigeants d’institutions et d’entreprises publiques proches de l’ex-chef de l’Etat. Notre compatriote Sindika siégeait au conseil d’administration de Nova Cimangola, le cimentier national.
AVEC LE MONDE

Hits: 74

Partagez cet article