Politique

Situation des exécutifs provinciaux : Fatshi contre l’instabilité des provinces

Au cours de la 11e réunion du Conseil des Ministres vendredi 22 novembre 2019, à la Cité de l’Union africaine Le chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi a fait au gouvernement une communication axée sur des sujets d’actualité, notamment sur la question de l’instabilité des institutions provinciales, il a déploré cette situation qui n’est pas de nature à faire rayonner une image positive du pays à l’extérieur. D’après le compte-rendu du gouvernement, M. Tshisekedi a recommandé aux ministres de « prendre des mesures pour éviter que les Assemblées provinciales deviennent des lieux de manipulation et de règlement des comptes ». Parmi ces mesures, il a cité l’exigence de libérer régulièrement les frais de fonctionnement et les rémunérations revenant aux différentes provinces car le non-paiement de ces frais seraient une des causes de l’agitation déstabilisatrice des députés provinciaux qui mettent les exécutifs provinciaux sur fil du rasoir. Il a préconisé également des réformes en vue de la stabilisation des institutions provinciales. Il sied de noter qu’au cours de cette nouvelle législature, au moins 3 gouverneurs de province viennent de perdre leurs mandats : Marcel Lenge du Haut-Lomami et Jean Bamanisa de l’Ituri, déchus par des motions de censure pour mauvaise gestion et outrage à l’Assemblée provinciale et Joseph Stéphane Mukumadi du Sankuru qui, ayant refusé  de présenter son programme pour son investiture a été réputé démissionnaire conformément à la constitution et au règlement intérieur de l’assemblée provinciale. Les 3 gouverneurs présentent la particularité d’être des « indépendants » élus par des assemblées majoritairement FCC grâce à des pratiques de corruption. Ils sont donc « rattrapés par le péché originel commis à leur avènement » pour reprendre l’expression d’une tête couronnée de la majorité parlementaire. « Les 3 gouverneurs qui sont dans la tourmente aujourd’hui sont des téméraires qui ont usé de méthodes très questionnables en matière d’éthique pour littéralement ‘’acheter’’ leur élection dans des assemblées au mépris de la composition de celles-ci. Ce qui se passe n’est qu’un juste retour de choses et le chef de l’Etat qui a lancé une croisade contre la corruption serait mal inspiré de vouloir mettre le poids de sa prestigieuse fonction dans la balance pour les sauver au risque de se voir accusé de vouloir à la fois une chose et son contraire », conclut notre interlocuteur.

CM

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