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SANKURU : Mukumadi investi, le plus dur reste à faire

Le président de la République, Félix Tshisekedi, a, aux termes d’ordonnances publiées le 8 août 2019, nommé le duo Joseph-Stéphane Mukumadi – Paul Tchyabilo Nckoto en qualité de gouverneur et de vice-gouverneur de la province du Sankuru. Conformément aux résultats de l’élection gouvernorale organisée le 20 juillet dernier à Lusambo. Ne reste donc plus au nouveau patron de l’exécutif sankurois qu’à prendre le taureau par les cornes, comme on dit, en commençant par se constituer un exécutif qui accompagnera la mise en œuvre de son programme de gouvernance. Avant de le faire adopter par une assemblée provinciale qui, jusque-là, lui est largement acquise, à en juger par les scores obtenus à l’occasion des scrutins du 20 juillet dernier. Mais ça, c’est sur le papier.
Dans la réalité, la composition de l’équipe gouvernementale paraît plus compliquée que cela. Des sources à Lusambo rapportent au Maximum qu’en réalité, ce sont les élus provinciaux dont aucun n’appartient à la coalition CACH du nouveau gouverneur qui désigneront et proposeront les ministres à nommer par ce dernier. La pratique pèche par un dysfonctionnement de nature à malmener la séparation des pouvoirs exécutif et délibérant au niveau provincial. En même temps qu’elle rogne particulièrement sur le pouvoir du nouveau patron de l’exécutif provincial, ainsi contraint à se soumettre au diktat de collaborateurs sur lesquels il n’aura aucune emprise réelle. « C’est la meilleure façon de confiner ce gouverneur au rang de pantin des élus provinciaux qui l’ont fait roi en échange de dons en argent », commente un analyste local.
Le nouveau gouverneur du Sankuru fait également face à de sérieuses pressions de ses parrains à partir de Kinshasa dans la composition de l’équipe gouvernementale, rapportent également des sources crédibles dans son entourage. Ces derniers sont des acteurs politiques, économiques et religieux qui ont porté sa candidature à bout de bras face au ticket FCC emmené par Lambert Mende Omalanga. Ils entendent récolter une moisson abondante de leur investissement en gardant la main-mise sur l’exécutif provincial. « Cela limite la marge de manœuvre du nouveau patron de l’exécutif provincial au Sankuru », constate l’analyste sankurois qui s’est confié au Maximum.
Il reste que dans l’entourage de Mukumadi, on vante son projet de développement qui viserait non seulement à désenclaver cette province en l’ouvrant sur les entités voisines mais également au monde. Sur les antennes d’une radio ayant pignon sur rue à Kinshasa, un auditeur se présentant comme le futur dircab de Stéphane Mukumadi a annoncé, jeudi dernier, la construction d’un aéroport international à Lodja pour ouvrir le Sankuru au monde, entre autres. Mais en attendant ces conjectures futuristes et enchanteresses, le nouveau gouverneur devra bien garder les pieds sur terre, et prendre à bras le corps les problèmes quotidiens qui assaillent ses administrés.
Au plan sécuritaire par exemple après le meurtre d’une autorité coutumière et de sa fille de 7 ans le 19 juillet dernier, le village de Leemba à une soixantaine de km de Lodja a été quasiment réduit en cendres par une bande armée dont le chef a été lui-même tué et étêté quelques jours plus tard. La Monusco qui a publié un rapport sur ce énième drame a fait état de 142 maisons incendiées par les assaillants, contre un bilan plus lourd de quelques 182 maisons incendiées inventoriées par une délégation conduite le député national Lambert Mende, élu de Lodja qui s’était rendu sur les lieux en vacances parlementaires. Un dossier brûlant lié à l’élection de Mukumadi à Lusambo, chef-lieu de la province. Et sur lequel l’opinion sankuroise attend de le voir à l’œuvre pour apprécier.
H.O.

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