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SANKURU : La face cachée du gouvernement Mukumadi

Mardi 29 octobre 2019 dans la nuit, le gouverneur du Sankuru, Joseph Stéphane Mukumadi a rendu public son arrêté portant nomination des membres du gouvernement provincial. Non seulement que cette décision, d’ailleurs la première de haute portée, pose un problème sérieux de français, mais aussi son adhésion communautaire est mitigée. La plupart des ressortissants de cette province rejette cet arrêté au motif qu’il ne respecte pas la physionomie des agglomérations démographiques du Sankuru; mettant ainsi en mal l’équilibre sociopolitique de la province.

Le gouvernement Mukumadi met en exergue un déséquilibre démographique et foule au pied les règles élémentaires de la démocratie en favorisant les petites agglomérations au détriment de grandes entités. Aussi, se demandent les observateurs avertis de la scène politique du Sankuru, sur base de quel principe le gouverneur de la province s’est-il basé pour former son équipe? Cette question trouve sa réponse sur deux concepts : le népotisme et la complaisance sont à la base de ce partage déséquilibré. Ainsi, le territoire de Katako-Kombe seul a 40%, suivi de Lubefu 20% pour laisser Lodja, Kole, Lomela et Lusambo se partager les 40% restants. En d’autres termes, on assiste à la représentativité ci-dessous sur les 24 députés provinciaux que compte le Sankuru :

  1. Lodja 6 députés : 1 ministère;
  2. Lomela 3 députés : 1 ministère;
  3. Kole 3 députés : 1 ministère ;
  4. Lusambo 4 députés : 1 ministère ;
  5. 5. Lubefu 3 députés :   2 ministères ; et enfin,
  6. Katako-Kombe 5 députés : 4 ministères.

En clair, les deux territoires Katako et Lubefu qui comptent ensemble 8 députés provinciaux ont en eux seuls 60% dans ce gouvernement alors que les quatre autres territoires restants, à savoir Lodja, Lomela, Kole et Lusambo qui disposent des 16 députés provinciaux, n’ont que 40% des membres.

Par ailleurs, l’arrêté signé par le gouverneur du Sankuru féminise tous les ministres (ministre provinciale de…) et porte des fautes d’orthographe intolérables (Développements Rural ; Transport voies de communication ; coopération interprovinciale, décentralisée). Pire, au lieu que son en-tête porte la mention ‘’Le Gouverneur’’, elle porte malheureusement celle de ‘’Cabinet du Gouverneur’’, destinée au directeur de cabinet et autres membres du personnel. C’est vainement qu’on se demande ce qui est à la base de ce disfonctionnement à la tête de la province du Sankuru.

Dans les réseaux sociaux, l’Arrêté de Mukumadi circule comme une trainée de poudre. Les internautes émettent des commentaires faisant état des fautes d’orthographe y observées, la phraséologie bâclée mais surtout ils déplorent le caractère novice des animateurs de son gouvernement qui n’ont pas d’ancrage sociologique au Sankuru.

L’opinion publique notera également que la Convention des Congolais Unis (CCU), parti politique cher à l’honorable Lambert Mende Omalanga, ne fait pas partie de ce gouvernement provincial. Blaise Ekongola, Cadre de ce parti contacté par Le Maximum s’inquiète de« l’amateurisme qui s’observe au sommet de la province, et surtout le fait que la plupart des membres de ce gouvernement provincial sont novices et ne disposent pas d’expériences avérées en matière de la gestion de la res publica; la province du Sankuru aura d’énormes difficultés pour son décollage ». Et de poursuivre que: « presque tous ces ministres assument des fonctions incompatibles avec leurs formations universitaires. Dans tout le cas, la déception sera à la hauteur des espérances et la population n’aura que ses yeux pour pleurer l’inaction de ce gouvernement de pacotille », conclut-il.

Certaines indiscrétions signalent au Maximum que le gouverneur Mukumadi a également nommé   son oncle maternel, Mutshembe Paulin comme son directeur de Cabinet. La même source poursuit que l’intraitable Armand Lokeka, avocat et proche du gouverneur qui lui aussi attendait impatiemment ce poste de dicab, s’est vu roulé dans la farine par ce dernier et menace de saisir la justice pour exiger le paiement de ses honoraires d’un montant de 500 mille USD au titre des services judiciaires rendus. « Ce jeune Avocat, avide du pouvoir et d’argent a joué le rôle de Judas et ne pourra subir que le même sort à cause de son comportement versatile», a déclaré un étudiant sankurois.

La face cachée du gouvernement Mukumadi repose donc sur le népotisme et la complaisance.

HO

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