Politique

PETARDS, ARMES D’AUTODEFENSE ET DE CHASSE : Boshab doit s’assumer

Le ministre de l’intérieur sortant, Evariste Boshab, doit agir sans délai et instruire les Gouv des provinces, particulièrement à André Kimbuta : interdire la fabrication et la vente de pétards, des armes d’autodéfense et des armes de chasse. Singulièrement aux Chinois.
La Commission nationale de lutte contre la circulation des armes légères et de petits calibres compte récupérer, d’ici fin décembre 2016, au moins 2.500 armes entre les mains des milices Luba et pygmées qui s’affrontent dans le Tanganyika, à Mitwaba, Kasenga, etc., Pweto et Moba. Opération d’autant plus difficile que ces miliciens s’en prennent pour cibles, à coup de flèches s’il le faut, les forces de la MONUSCO.
Seulement 429 armes, dont un bon nombre déjà usées, ont été récupérées en 2015 des mains des protagonistes plutôt déterminés à en découdre. «Ce conflit du Tanganyika, ça n’a pas encore pris l’ampleur des conflagrations tristement célèbres comme celle qui a apposé Hema et Lendu en Ituri, ou Hutu et Tutsi en 1994 au Rwanda, mais ça y ressemble », déplore un Onusien.
L’Etat a manqué de prévenir, d’anticiper sur ce conflit qui a longtemps été latent, le voilà qui peine à présent à en guérir, ont déploré des experts en marge de la présentation de la Revue annuelle conjointe RDC-PNUD, lqui comprend aussi un volet sécuritaire.
D’aucuns n’ont guère apprécié que les marchés kinois soient déjà inondés des pétards et autres artifices dont la détonation se confond à un coup de feu. Selon des témoignages, des hors-la-loi ont par le passé mené des actions répréhensibles (vols, violences corporelles) avec des pétards. Aussi la police devrait-elle poursuivre les opérations de bouclage des quartiers dits chauds en vue de récupérer des armes. La PNC, l’on se rappelle, avait bouclé au lendemain de tristes événements des 19 et 20 septembre dernier, le quartier Mombele dans la commune de Limeté. Quelques armes ont été récupérées. De fortes présomptions de détention d’armes de calibres variées pèsent sur de nombreux quartiers de la capitale, font remarquer des observateurs, au regard des extorsions, des braquages qui se multiplient à Kinshasa.
En vue de se prémunir d’une situation qui menace d’échapper à tout contrôle, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, Evariste Boshab, devrait, de l’avis des observateurs, s’investir pour l’amendement de l’ordonnance-loi fixant nomenclature des droits, taxes et redevances du pouvoir central qui remonte à février 2012. La demande d’autorisation d’importation ainsi que la vente d’arme de chasse et d’autodéfense y sont reprises comme faits générateurs des recettes du ministère de l’Intérieur et Sécurité. La taxe y relative est désignée comme taxe sur l’autorisation spéciale d’importation et/ou de vente d’armes de chasse et d’autodéfense.
En RDC, puisque il y a une réglementation sur la chasse en R-dC, naturellement, l’achat, la détention ou encore la fabrication d’armes de chasse sont naturellement autorisés conformément à la loi. Il y a d’ailleurs, une taxe relevant du ministère de l’Intérieur portant sur l’autorisation spéciale de fabrication d’armes de chasse. Toutefois, il serait moins laborieux de suivre la traçabilité de ce type d’armes, généralement traditionnelles, que celles dites d’autodéfense. D’autant plus que le concept même d’autodéfense fait encore débat, plus de quatre ans après la promulgation de la nouvelle nomenclature des recettes relevant du ministère de l’intérieur et Sécurité. Quoiqu’il en soit, une arme reste une arme, un instrument de la mort, fut-il de sport. La nomenclature actualisée des droits, etc., et taxes du pouvoir central prévoit également un droit de délivrance ou de renouvellement de permis de port d’arme de sport. Une fois encore pour le compte du ministère de l’Intérieur. A Boshab de se prémunir de l’irréparable. C’est ça aussi assurer les affaires courantes. La météo politique présage des jours on ne peut plus orageux, tout le monde le sait. Alors mieux vaut prévenir que guérir…à prix fort.
Par ce temps de récession économique, où les caisses de l’Etat ne comptent plus que 800 millions de dollars (au 21 novembre 2016), le gouvernement ne peut plus se permettre de financer des opérations du type «arme contre 100 dollars» menée par l’Ong PAREC de Ngoy Mulunda il y a quelques années.
NADINE KINGOMBE

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