Politique

PARTIS ET REGROUPEMENTS POLITIQUES : La confusion persiste à l’UDPS/Tshisekedi

Alors que le ministère de l’Intérieur vient de déposer auprès de la Céni, la liste des partis et regroupements politiques, candidats à la course aux élections de décembre 2018, à l’UDPS, difficile de savoir qui a qualité pour engager le parti. Le problème est d’autant plus sérieux que pas plus tard que mercredi 28 mars 2018, Tharcisse Loseke et Jean-Marc Kabund a Kabund étaient entendus par les juges du tribunal de paix de Kinshasa/Matete, le premier ayant traîné le second devant cette juridiction pour avoir signé un acte appelé « décision convoquant le congrès de l’UDPS pour le 30 au 31 mars 2018 ». Pour le président-délégué de l’UDPS/Tshibala, le secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS/Limete n’a pas qualité pour convoquer ces assises, au regard des statuts de l’UDPS (article 26), qui stipulent qu’en cas de disparition du président national du parti, le pouvoir d’organiser ce forum revient au directoire de cette formation politique, sous un mois.
Pour avoir osé convoquer ce congrès, censé se tenir vendredi 30 mars, Jean-Marc Kabund se serait substitué à cette instance du parti, et est passible de condamnation pour faux en écriture et usage de faux, selon la citation directe lui notifiée par le greffier du tribunal de paix de Kinshasa/Matete. Jean-Marc Kabund a donc comparu mercredi 28 mars, son accusateur sollicite d’ores et déjà, sa condamnation au paiement des dommages et intérêts de l’ordre de 100 mille dollars USD, payables en francs congolais.
Du côté de Limete, l’on semble minimiser la démarche judiciaire du Dr Loseke, mieux, l’initiative de ce que l’on devrait désormais appeler, « UDPS/Tshibala », du moment qu’à en croire des sources proches de ce parti, le premier ministre, Bruno Tshibala, avait convoqué en décembre 2017, le congrès de l’UDPS, faisant fi des statuts. Pour l’UDPS/Limete, les résolutions et recommandations issues de ce congrès, au terme duquel Bruno Tshibala a été élu par acclamation, demeurent sans objet. Déjà, au vu des exceptions soulevées mercredi dernier à l’audience publique introductive ce procès, notamment, défaut de qualité et d’intérêt, obscurité dans le libellé, précocité de l’action, nationalité belge dont est détenteur Tharcisse Loseke, on peut, à juste titre, se demander qui a réellement mandat pour parler au nom de l’UDPS.
Qui, pour engager l’UDPS ?
La question est d’autant plus pertinente que sur base des pièces versées au dossier, le ministère public a fait état de l’existence de deux statuts distincts : le texte de 2013, présenté par Jean-Marc Kabund ; et celui brandit par Tharcisse Loseke, daté de 2017. Qui plus est, le week-end dernier, Valentin Mubake, ancien conseiller politique d’Etienne Tshisekedi, a affirmé avoir introduit une requête en postposition de l’insertion de l’UDPS sur la liste des partis politiques appelés à présenter leurs candidats aux prochaines élections aussi longtemps que ses différentes factions ne se seront pas réconciliées. S’exprimant au nom du collège des fondateurs, François Lusanga Ngiele lui, fait voir, également dans une lettre à Marthe Tshisekedi (la veuve du président national de l’UDPS), qu’il pourrait convoquer le vrai congrès de l’UDPS. Et c’est sans compter avec Corneille Mulumba qui dirige une autre dissidence du même parti politique, les pionniers de l’UDPS, ainsi que le groupe parlementaire UDPS et Alliés qui revendiquent tous, leur appartenance à l’ancien parti phare de l’opposition.
CNSA, arbitre
Que le fond du dossier ne puisse être examiné que si la forme est respectée, du fait des exceptions soulevées par la partie Kabund, comme l’a souligné le ministère public, tout en faisant savoir que le ministère de l’intérieur a reconnu toutes les UDPS et inscrit leurs noms sur la liste des partis et regroupements politiques déposée à la CENI pour les élections de décembre 2018, voilà qui rejoint l’idée du vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur qui demandait, lors du dépôt de cette liste, à l’UDPS, au MSR et à leurs multiples factions de s’en remettre à la justice pour trancher leurs différends.
Dans cette confusion, difficile de dire quelle UDPS est la vraie ou la fausse pour rivaliser avec d’autres formations politiques aux prochaines joutes électorales. Néanmoins, le geste du gouvernement qui a réussi à décanter la situation de dédoublement des partis et regroupements politiques est à saluer. Reste que pour l’instant, et en vue de son bon dénouement, l’affaire, déjà en examen au CNSA, soit tranchée par cette institution d’appui à la démocratie. Encore que là, du fait de son appartenance à une plate-forme politique considérée comme dissidente du regroupement de Genval, son président ne puisse être vu comme juge et partie. Et le problème resterait toujours posé.
JMK

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