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OLIVIER KAMITATU vs SAMY BADIBANGA : C’est le voleur qui crie au voleur

Il aura eu un mal fou à digérer les effets encourageants qui ont suivi la nomination du nouveau premier ministre en termes de ferveur populaire et d’apaisement de tensions politiques, le fils Cléophas Kamitatu. Olivier n’a pas trouvé mieux, dans sa croisade contre le capital sympathie de la nouvelle coqueluche désignée à la tête du gouvernement, que d’aller fouiller dans les archives du Moniteur Belge de 2002. Tout le monde sait qu’à cette époque, la RDC plongée dans l’œil du cyclone par des rébellions qui n’en finissaient de pousser un peu partout sur son territoire, n’offrait que très peu de perspectives aux compatriotes qui prospéraient dans l’hémisphère Nord. Ces derniers n’ayant souvent d’autre choix que de se concocter un statut de réfugié politique. Leur survie ainsi que celle de leur famille était à ce tragique prix.

A Kinshasa, on n’est pas près d’oublier, pourtant, cet ancien speaker de la chambre basse du parlement qui eût tout le mal du monde à gérer la motion du député José Makila qui dénonçait, liste à l’appui, la double nationalité de certains parlementaires et animateurs des institutions. Sur cette liste figuraient aussi bien des personnalités insoupçonnables comme le vieux Charles Mwando Nsimba, dont on apprendra dans la foulée qu’il avait acquis la nationalité belge, que celle dont la naturalisation était un secret de polichinelle, à l’instar d’Olivier Kamitatu Etsu, le même qui dénonce avec acharnement le nouveau premier ministre issu de l’opposition. S’abstenant de jeter les enfants avec l’eau du bain, Vital Kamerhe dû se résoudre à décréter unilatéralement un moratoire encore en vigueur à ce jour, faute de mieux.

Il sied de rappeler que la supposée naturalisation de Samy Badibanga rendue publique par le scoop d’Olivier Kamitatu sur les réseaux sociaux remonterait à 2002, soit une année avant l’adoption de la constitution de la transition, ancêtre de la Constitution en vigueur du 18 Février 2006 qui a instauré l’exclusivité de la nationalité congolaise en son article 10, au premier alinéa.

Comment ne pas comprendre, qu’entre temps, beaucoup d’eau ait coulé sous le pont ? Alors que l’on croyait que la nomination d’un premier ministre issu de l’opposition ayant participé au dialogue allait glisser sur la carapace de l’indifférence des membres du Rassemblement, l’on a été surpris de la frénésie avec laquelle un courtisan du « Monsieur tiroir-caisse » de cette plate-forme de la trempe d’Olivier Kamitatu s’est répandu en sarcasmes sur la tweetosphère.

Heureusement qu’un spécialiste en histoire des mentalités de l’Université Pédagogique Nationale approché par Le Maximum permet d’en savoir un peu plus sur les motivations de l’intrigante et soudaine haine viscérale d’Olivier Kamitatu contre Samy Badibanga. Pour ce fin psychanalyste qui suit de près les faits et gestes de tous les gladiateurs qui s’affrontent sur l’arène politique congolaise, l’attitude d’Olivier Kamitatu dissimule mal une pointe de jalousie inavouée. Cependant, prévient le scientifique, il faut plonger les racines des méninges dans l’histoire politique de sieur Kamitatu pour mieux interpréter son combat déloyal contre l’actuel locataire de la primature, et tous ceux qui ne pensent comme lui en général.

En effet, subodorant la déroute de son ami d’enfance, Jean Pierre Bemba Gombo, aux présidentielles de 2006, Olivier Kamitatu préférera faire des yeux doux à Joseph Kabila en escomptant en toile de fond le strapontin de premier ministre au cours de la législature 2006-2011. Ses souffleurs étrangers dans les milieux libéraux belges l’avaient assuré d’un plaidoyer efficient auprès du fils de M’zee Laurent Désiré Kabila à cette fin. C’est sur ces entrefaites qu’Olivier Kamitatu trahira son ami d’enfance et fils de Jeannot Bemba Saolona, dont le pêché fatal aura été de l’associer à son ascension politico-militaire. Méfiant, le jeune mais très averti président de la République ne tombera pas dans le panneau. Il privilégiera des retrouvailles chaleureuses avec ses camarades nationalistes lumumbistes du PALU qui occuperont la primature jusqu’en 2012.

L’on se rappellera, renchérit l’historien des mentalités, qu’Olivier Kamitatu n’en démorda pas pour autant. A la tête du prestigieux ministère du Plan, il financera plusieurs campagnes médiatiques contre Adolphe Muzito notamment, qu’il accusera de manque d’impulsion à la tête du Gouvernement. Argument fantaisiste qui ne va pas émouvoir outre mesure les initiés très bien au fait d’insatiables ambitions d’Olivier Kamitatu. Prenant son mal en patience, il espérera prendre sa revanche au cours de la législature suivante. A cet effet, il remuera ciel et terre pour chasser sur les terres du PALU dans le Kwilu. Après une campagne électorale très peu concluante, le leader de l’ARC dût se résoudre à aller faire le pied de grue devant des Centres Locaux de Compilation des Résultats (CLCR), mallette à la main. Malgré toutes ces précautions, la moisson de son parti aux législatives demeurera négligeable et fera évaporer un temps sa fixation sur la primature.

Quant au tropisme d’Olivier Kamitatu sur la primature et sa campagne de sape contre l’actuel premier Ministre, le sourcilleux spécialiste en histoire des mentalités de l’UPN signale que, finalement, Kamitatu n’était plus très loin d’atteindre son vieux rêve de devenir enfin « Premier Ministre ». Pendant les fastidieuses consultations de la CENCO visant à rallier le Rassemblement aux conclusions du dialogue national, la presse avait fait état de l’existence d’une liste de trois noms envoyée par Tshisekedi, pour occuper la primature. Cette liste, du reste jamais contestée par l’état-major de l’UDPS, contenait les noms de Félix Tshisekedi et François Mwamba, originaires de Kabeya Kamwanga comme le sphinx de Limete, ainsi qu’Olivier Kamitatu, délégué de l’argentier du rassemblement. Pendant ces consultations, apprenait-on, le corrupteur en Chef du rassemblement avait pris soin de graisser la patte de certaines calottes sacrées membres de la CENCO, dans le but de faire pencher la balance vers son « cousin » Olivier Kamitatu. Par conséquent la nomination d’un premier ministre inattendu, malgré tous les mérites qu’on lui reconnait, ne pouvait qu’avoir le don de raviver la frustration de l’élu de Moïse Katumbi Chapwe.

Et notre spécialiste en histoire de mentalité de renchérir : « la réaction épidermique d’Olivier Kamitatu est sa deuxième bavure commise dans un panier à crabe comme le rassemblement où chacun se doit de marcher sur les œufs sans les casser ». Croyant faire plaisir à son mentor, Olivier Kamitatu avait publié tambours battants un sondage annonçant la défaite de Tshisekedi à l’élection présidentielle dans l’hypothèse où il se présentait face à Moïse Katumbi, donné vainqueur avec une marge « fillonienne ». Ce fut la première bavure. Par ailleurs, en accusant Samy Badibanga d’étranger, Olivier Kamitatu oublie qu’il s’en prend vertement à Etienne Tshisekedi qui a sorti de l’ombre ce précieux collaborateur de longue date avant de l’aligner en pôle position sur la liste – signée par Tshisekedi lui-même – des candidats de l’UDPS aux législatives. Olivier Kamitatu douterait-il de la probité morale et intellectuelle d’un Etienne Tshisekedi wa Mulumba en insinuant qu’il aurait catapulté un étranger dans le cercle feutré de parlementaires ? Cette seconde bavure d’Olivier Kamitatu risque de porter un coup fatal au rassemblement, soutient le psychanalyste, qui en veut pour preuve la censure du silence que l’état-major d’Etienne Tshisekedi a réservé à sa polémique de mauvais goût sur la nationalité douteuse de Samy Badibanga. « Pendant qu’on y est, a poursuivi le scientifique, qui dit à Olivier Kamitatu que Tshisekedi est hostile à l’élévation de Samy Badibanga ? N’a-t-il pas appris que la veille de la nomination du nouveau premier ministre, Félix Tshisekedi, frère siamois de Samy Badibanga, a copieusement été reçu par le Chef de l’Etat dans la nuit tombante ? ».

A force de ne pas censurer son subconscient à cause de son obsession maladive pour la primature, conclut le psychanalyste, Olivier Kamitatu risque in fine de scier l’arbre sur lequel il est assis. Car, Moïse Katumbi, qui lui permet de mener le train de vie somptuaire auquel il s’est accoutumé, a toujours sous-traité son onction populaire. Pour se faire élire député, il s’est attaché la popularité d’une équipe de football, le Tout Puissant Mazembe. Pour devenir gouverneur de la juteuse province minière du Katanga, il est monté sur les épaules du populiste Kyungu wa Kumwanza. Et l’on sait désormais que son rêve présidentiel sera un mirage s’il ne réussit pas à se greffer à la popularité du vieillissant leader de l’UDPS, et ce, quelle que soit la contrepartie financière qu’il est obligé de consentir.
JBS

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