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NOUVELLE COALITION GOUVERNEMENTALE : Mende : «Le FCC a sa place dans l’Union sacrée»

« Je pense que le FCC qui a été dans un gouvernement de coalition avec le président de la République et son CACH devrait faire partie de l’union sacrée que Félix Tshisekedi a défini comme une coalition élargie parce que le pays a besoin de tous ses fils et filles», c’est en ces termes que s’est exprimé Lambert Mende mercredi devant la presse.
« Je pense que le FCC qui a été dans la coalition sortante avec le président Tshisekedi devrait faire partie de l’Union sacrée qu’il a définie comme une coalition élargie. Le pays a besoin de tous ses fils et filles». C’est en ces termes que s’est exprimé Lambert Mende mercredi devant la presse après une réunion à l’issue de laquelle son regroupement Alliance CCU et Alliés a apporté son soutien à l’initiative du chef de l’Etat. L’élu de Lodja à l’Assemblée nationale dit coonsidérer la démarche du président de la République comme «un élargissement de la base de la gouvernance…si j’ai bien entendu ce qu’il m’a dit lorsque je l’ai rencontré le 6 janvier dernier».
Il a en conséquence exprimé le souhait de voir cet élargissement concerner également le FCC dans son ensemble.
L’annonce officielle du soutien de l’Alliance CCU et Alliés de Lambert Mende à l’USN est intervenue une semaine après sa rencontre avec le président de la République Félix Tshisekedi au palais de la Nation.
Dans une déclaration politique rendue publique mercredi 13 janvier 2021 devant les représentants des partis politiques et élus nationaux (députés nationaux et sénateurs) et provinciaux du regroupement, l’Alliance CCU et Alliés de Lambert Mende, membre du Front commun pour le Congo, a annoncé officiellement son appui à l’Union sacrée de la nation.
Selon Jean Thierry Monsenepwo, président de la Ligue des jeunes de la Convention des Congolais Unis (CCU) qui a lu cette déclaration, les membres de ce regroupement Alliance ont décidé de «participer et d’apporter notre appui à la coalition gouvernementale dénommée Union sacrée de la nation annoncée par le chef de l’État en vue de contribuer à la solution aux problèmes. (…) De prendre part activement dans ce cadre à l’élaboration d’un programme de gouvernement dédié à l’enracinement de l’État de droit, au renforcement de la souveraineté nationale, d’une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle et à la lutte contre les antivaleurs de corruption et de tribalisme, de concert avec le chef de l’État, conformément aux dispositions pertinentes de la constitution».
Lambert Mende Omalanga et ses amis ont aussi justifié leur décision par la nécessité de donner corps à leur engagement de «veiller au rétablissement de la cohésion nationale par la réconciliation des Congolaises et des Congolais, condition indispensable et incontournable pour garantir la prospérité nationale».
Ci-dessous, l’intégralité d’une interview à ce sujet accordée à Stanis Bujakira Tshiamala (Jeune Afrique) par le leader de l’Alliance Politique CCU & Alliés.
– Stanis Bujakira Tshiamala (SBT): Lambert Mende, Pourquoi avoir décidé de vous rallier à l’Union sacrée ?
– Lambert Mende Omalanga (LMO) : Nous avons résolu de participer et d’apporter notre appui à la coalition gouvernementale élargie dénommée Union sacrée de la nation pour mettre fin à la crise politico-institutionnelle qui plombe depuis plusieurs mois l’émergence de la RDC et pour contribuer au rétablissement de la cohésion nationale ainsi qu’à l’éradication du climat délétère provoqué par les polémiques stériles et fratricides qui menacent nos Intérêts Nationaux.
– SBT : Quelles étaient les conditions posées par votre regroupement politique pour ce ralliement ?
– LMO : Elles sont de trois ordres. D’abord, relativement à la nature de cette initiative qui doit être une coalition ouverte aux entités politiques (partis, regroupements) désireuses de négocier un programme de gouvernement avec le Président de la République conformément aux dispositions pertinentes de la Constitution (article 91). Ensuite, nous avons demandé au chef de l’Etat d’user de son autorité pour faire abandonner toute idée de chasse aux sorcières que caressent ouvertement un certain nombre de ses partisans à l’encontre des membres du Front Commun pour le Congo (FCC). Enfin, nous avons insisté sur la préservation de la dignité, de l’honneur et de la sécurité du Président de la République honoraire Joseph Kabila Kabange en égard notamment pour le rôle déterminant qu’il a eu à jouer aussi bien dans l’élan de stabilisation et de normalisation impulsé en RDC au cours des 18 dernières années ainsi que dans l’alternance démocratique dont le pays a bénéficié il y a deux ans.
– SBT : Avez-vous informé en amont l’ancien président de votre décision ?
– LMO : Mon audience auprès du président Tshisekedi ayant eu pour objet principal des questions relatives à la société publique Lignes Maritimes Congolaises dont je préside le Conseil d’Administration et ces questions politiques ayant été abordées subsidiairement en ma qualité d’initiateur du regroupement Alliance CCU & Alliés et non pour le compte du FCC, je n’avais pas à solliciter le quitus préalable de l’Autorité morale de cette dernière plateforme. Il faut noter que notre adhésion au FCC n’a jamais eu pour conséquence de réduire notre liberté de pensée ou d’expression.
– SBT : Au sein de l’Union sacrée vous allez être appelé à collaborer avec des personnalités dont vous avez critiqué les positions pendant de nombreuses années en tant que ministre de la Communication. N’y a-t-il pas contradictions?
– LMO : C’est curieux que vous zappiez les deux dernières années (2019 et 2020) au cours desquelles l’Alliance CCU & Alliés a fait partie d’une même majorité parlementaire et d’un même gouvernement que les personnalités en question, notamment celles de l’UDPS, le parti présidentiel. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons entendu le président de la République mettre fin à cette coalition FCC-CACH à laquelle nous avons bel et bien appartenu. Il n’y a donc aucune contradiction pour nous à chercher à sauver la cohésion nationale dont le pays a le plus grand besoin aujourd’hui.
– SBT : Après avoir été ministre pendant de nombreuses années de Joseph Kabila, vous faites le choix de vous retrouver dans le camp opposé à celui de l’ancien président. Ne craignez-vous pas d’être taxé d’opportuniste ?
– LMO : Votre question ma paraît tendancieuse. J’ai bien sûr été ministre du président Joseph Kabila mais c’est après avoir servi comme ministre et vice-premier ministre dans les gouvernements du défunt Dr. Etienne Tshisekedi et de M. Léon Kengo Wa Dondo. A ce jour la CCU a un ministre (André Lite, en charge des Droits Humains) dans le gouvernement Ilunga Ilunkamba constitué par le président Félix Tshisekedi. Il ne faut pas avoir une conception individualiste des faits politiques. C’est un choix que nous avons librement fait début 2019 sans encourir cette critique d’opportunisme. Maintenant que le président de la République a mis fin à ce partenariat, notre devoir est de chercher les voies et moyens pour éviter au pays le chaos dans lequel il risque de plonger si rien n’est fait notamment pour revenir à la cohésion nationale. C’est un devoir autant pour le président que pour nous lumumbistes malgré les quelques différends exacerbés plus par des questions de tempérament qui, du reste, ne nous ont pas empêché d’arriver à une synthèse qui nous a permis de gouverner ensemble depuis 2019.
– SBT : Depuis la chute du bureau de Jeanine Mabunda, plusieurs membres du FCC ont appelé à une refonte du fonctionnement de cette plateforme politique. Qu’est ce qui n’a pas fonctionné au FCC ?
– LMO : Comme toute entreprise humaine, le FCC a connu des hauts et des bas. J’attribuerai les revers actuels de cette grande plateforme politique aux frustrations justifiées ou non d’un certain nombre de sociétaires, particulièrement des élus dont beaucoup ont été trop réceptifs aux pressions diverses de ceux qui, pour diverses raisons, ont maille à partir avec Joseph Kabila. Mais la responsabilité de ces revers incombe aussi à une trop forte distanciation de ce dernier qui n’a ni pris lui-même en mains la gestion quotidienne de sa mégastructure même après avoir quitté les affaires, ni mis en place une équipe pour ce faire avec une répartition claire des tâches.
– SBT : Comment le FCC peut-il se renouveler ?
– LMO : Une froide autopsie et une introspection s’imposent pour permettre à une force comme celle-là d’offrir à la Nation les services qu’elle est en droit d’attendre d’elle.
– SBT : En quoi l’Union Sacrée est-elle différente du FCC ?
– LMO : Le FCC, conçu au départ comme une plateforme électorale avant de se muer en une plateforme politique ‘de facto’ a présenté à ceux qui y ont adhéré une charte constitutive même si il lui a manqué in fine la structuration organisationnelle qui lui aurait permis de fonctionner plus efficacement en faisant participer tous ses membres à la poursuite de ses objectifs. L’Union sacrée de la nation dont nous savons maintenant qu’elle est une large coalition gouvernementale devra éviter ce piège et élaborer sans tarder un programme de gouvernement dont il appartiendra au président de la République qui en est l’initiateur de suivre la mise en œuvre au jour le jour.
– SBT : Que devraient être les priorités de l’Union Sacrée ?
– LMO : Les priorités de cette nouvelle coalition devraient être à mon avis de rassembler toutes les énergies disponibles au service du social du peuple congolais, de la sécurité du territoire national, du développement intégral et de la lutte contre les antivaleurs qui ont tendance à se reproduire dans notre vécu quotidien.
– SBT : Avec sa majorité possible, l’Union Sacrée peut-elle s’attaquer aux réformes, lesquelles ? Revenir à l’élection présidentielle à deux tours, CENI, loi sur les statuts des anciens présidents de la République.
– LMO : Chaque composante devra décliner des propositions pour le programme à mettre en oeuvre. En ce qui nous concerne, la garantie et la consolidation de la transparence du processus électoral de même que l’indépendance de la magistrature par la soumission des juges à la seule autorité de la loi ainsi que la réconciliation nationale grâce à l’instauration de la justice transitionnelle me paraissent les vraies priorités. S’agissant des élections, l’idéal serait que les gouverneurs et les sénateurs soient élus au scrutin universel direct pour expurger définitivement les pratiques honteuses de corruption qui ont souvent entaché les élections indirectes.

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