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NO WAR, NO MONEY : Mercantilisme flagrant des humanitaires à l’Est

Plusieurs dénonciations qualifiées de complotistes ont jusqu’ici attiré l’attention sur l’instrumentalisation de l’insécurité à l’Est du pays à des fins inavouables par certaines agences humanitaires à l’Est du pays. Un incident signalé mercredi 31 mars à Beni paraît de nature à ternir l’image de cette corporation en RDC.
Le Programme alimentaire mondial (PAM), un des principaux démembrements de l’ONU, aurait été pris la main dans le sac avec un camion censé convoyer des denrées alimentaires mais qui en réalité était bourré de munitions et équipements militaires destinés à des groupes armés irréguliers non autrement identifiés. Il n’en fallait plus pour que les populations du cru, survoltées par la cruauté sans nom des terroristes ADF décident de ‘‘se prendre en charge’’.
Convaincue que les rumeurs de parrainage de la sempiternelle belligérance qui endeuille le Nord-Est du pays a aussi pour origine l’esprit lucratif immoral de certains gestionnaires de l’aide internationale qui nourrissent l’instabilité pour faciliter l’exploitation et l’exfiltration sans contrepartie des matières précieuses rd congolaises vers les usines de l’hémisphère Nord, la société civile locale n’y est pas allée de main morte pour dénoncer cette preuve tangible de l’implication d’une agence onusienne dans ces crimes économiques.
Beni, commeun symbole
Le territoire et la ville de Beni dans le grand Nord sont devenus au cours des dernières années les symboles par excellence du déni du droit à la vie des Congolais. Toutes sortes d’horreurs y sont quotidiennement perpétrées par des criminels sans foi ni loi dont le lien avec le terrorisme international vient seulement à peine d’être confirmé par les États-Unis d’Amérique après plusieurs alertes lancées par le gouvernement congolais.
C’est toujours à Beni qu’en 2017, un char de la force de la Mission des Nations -Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) renversé accidentellement avait laissé apparaître dans ses coffres des sacs de minerais (coltan) qu’il contenait, apportant ainsi la preuve que les casques bleus dans cette région étaient eux aussi largement impliqués dans la contrebande minière considérée comme la principale source de financement des forces négatives qui pullulent dans la région et qu’ils ont mission d’éradiquer.
Hélas, les images du char onusien transporteur des minerais du sang à Beni eurent beau faire le tour des médias et des réseaux sociaux, rien n’y fit. Aucune enquête internationale, aucune sanction.
Le mercredi d’avant le triduum pascal, soit depuis quarante huit heures, la population de Beni est de nouveau tombée sur un pot-aux-roses autrement mieux fourni. Cette fois-ci, pour que personne n’en prétexte ignorance parmi les décideurs de la communauté internationale qui se donnent toujours bonne conscience sur le drame des populations de l’Est, les habitants de Beni, hommes, femmes et enfants se sont mobilisés spontanément pour afficher à la face du monde un des aspects les plus inacceptables des malheurs qui fondent sur eux depuis des années. Après avoir saisi le camion du Programme alimentaire mondial (PAM) lourdement chargé d’armes, munitions et tenues militaires destinées, selon la société civile locale, aux terroristes ougandais de l’ADF, ils ont improvisé une caravane motorisée à travers l’artère principale de leur agglomération pour dénoncer preuve à l’appui face à l’opinion publique locale et internationale le double jeu de certaines organisations prétendument humanitaires dans les théâtres de conflits en Afrique. Les pompiers-pyromanes et autres philanthropes mercantilistes actifs à l’Est de la RDC sont de la sorte clairement identifiés au vu et au su de tous.
Le silence gêné des hautes instances de cette organisation internationale observé depuis l’exhibition de l’illustration de ce négoce macabre à Beni sonne comme un aveu de culpabilité.
À en croire certains analystes à Kinshasa, ce mutisme cache mal une campagne de dénégation qui se prépare fébrilement en vue de dédouaner une fois de plus la haute hiérarchie de cette agence internationale à qui a été décerné il y a pas si longtemps le prix Nobel de la paix. «Il faut s’attendre à voir les porte-voix du PAM sacrifier, conformément à une vieille méthode de dissimulation de l’opprobre, les exécutants imprudents qui ont été ainsi pris la main dans le sac», déclare à ce sujet un spécialiste des questions sécuritaires dans la région des grands Lacs.
On rappelle à cet égard que c’est dans un autre convoi du même Programme alimentaire mondial que le jeune ambassadeur italien Luca Attanasio avait récemment trouvé la mort avec son garde du corps et leur chauffeur congolais dans une ambuscade tendue à quelques encablures de la ville de Goma par des hommes armés dont l’identité reste inconnue.
JBD

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