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Nickel et chrome inexploités au Kasaï faute d’électricité

Le coordonnateur du Bureau de coordination et de suivi du programme sino-congolais (BCPSC) ou « Contrat Chinois », Moïse Ekanga, a révélé, dans une interview au média Belge La Libre Afrique, qu’au début les Chinois étaient intéressés par l’exploitation des minerais de Nickel et du Chrome dans le Kasaï mais ils se sont ravisés par la suite à cause du manque d’électricité dans la région.
«En 2007, quand nous avons commencé les discussions avec la Chine, nous pensions leur vendre du chrome et du nickel. Les Chinois étaient intéressés. Ils sont allés dans le Kasaï, où se trouvent ces matières premières. Ils ont fait des prélèvements qui étaient très positifs. Mais il n’y avait pas d’électricité du tout au Kasaï, le projet n’est pas allé plus loin et nous nous sommes tournés vers le cuivre et le cobalt. Ce qui signifie que lorsque nous aurons de l’électricité, il y a là un vrai potentiel», a confié Moïse Ekanga à La Libre Afrique, sans préciser exactement dans quelle partie de l’espace Kasaï se trouve ces deux minerais.
Le nickel est fréquemment associé au cobalt dans les dépôts miniers, il est particulièrement apprécié pour les alliages qu’il forme. Longtemps confondu avec l’argent ou le cuivre, le nickel est aujourd’hui utilisé pour la confection de monnaie et en alliage dans l’industrie.
Quant au chrome, il est utilisé dans plusieurs applications dans la haute technologie. En aéronautique, on le retrouve dans les lames de turbines, les chambres de combustion, etc. On l’utilise aussi dans les usines de dessalement de l’eau de mer, dans les implants orthopédiques, dans les outils de coupe. Le chrome est appliqué aussi dans le domaine de l’énergie notamment dans les centrales au gaz, les centrales nucléaires (recouvrement de cheminées,…), les panneaux photovoltaïques, et dans la pétrochimie.
Depuis plus de 13 ans aujourd’hui, aucun projet concret n’a pu disponibiliser de l’énergie électrique dans le Kasaï spécialement pour l’exploitation de ces minerais.
Le barrage de Katende, dont certains matériels de construction ont été volés, n’a jamais vu le jour alors qu’il devrait alimenter l’espace Kasaï. Il est promis aux Kasaïens depuis la campagne électorale présidentielle de 2006. Lancée en octobre 2011, la centrale hydroélectrique de Katende ne devrait avoir qu’une modeste capacité de 64 mégawatts. Un accord de financement a été signé entre la RDC et le gouvernement indien en juillet 2011 à Kananga pour la construction de cet ouvrage dont le coût avait été estimé à 280 millions de dollars américains. L’Inde devrait décaisser 168 millions et la RDC 112 millions. A ce jour, ce barrage loin de terminer.
Le contrat Chinois a été signé le 22 avril 2008 entre la RDC et un groupement d’entreprises chinoises (deux entreprises étatiques et une société privée de droit chinois). Evalué au début à plus de 9 milliards USD, il sera revu à la baisse à 6,6 milliards USD, soit 3 milliards USD pour les infrastructures et 3,6 milliards USD pour les projets miniers. A ce jour, selon Moïse Ekanga, 900 millions USD ont déjà été décaissés pour les infrastructures et 1,8 milliard USD pour les projets miniers. De ce contrat naîtra la Socomines SA, la joint-venture constituée par le gouvernement congolais (représenté par la Gécamines) et le Groupe des entreprises chinoises (GEC). Les Chinois détiennent 68 % de cette joint-venture contre 32 % pour la Gécamines.
OH

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