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Lumumba : inhumation des reliques reportée

Au cours d’une conférence de presse qu’il a animée samedi 12 juin à la cité de l’Union africaine, le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi a indiqué que le  rapatriement et l’inhumation des reliques du Héros national Patrice-Emery Lumumba, initialement prévu à l’occasion du 61ème anniversaire de l’indépendance de la RDC le 30 juin se dérouleront du 8 au 17 janvier 2022 en raison de la 3ème vague de la pandémie de Covid-19 dont les cas de contamination sont en augmentation exponentielle.

A cet égard, le chef de l’Etat a annoncé que des mesures à prendre pour faire face à la maladie seront annoncées incessamment.

Les cérémonies d’hommage à Patrice-Emery Lumumba étaient censées débuter le 21 juin à Bruxelles avec le rapatriement de ses reliques funéraires pour se poursuivre au pays en transitant par Lumumba-ville (Sankuru) et Kisangani (Tshopo), avant la mise en terre dans la capitale Kinshasa le 30 juin 2021 à la place de l’Echangeur de Limete.

«Cette cérémonie aurait dû être grandiose avec la participation de tout notre peuple mais cela n’a pas été possible à cause de la pandémie de Covid-19. Nous avons préféré privilégier la santé de nos populations», a regretté le chef de l’Etat en précisant toutefois que le programme initial reste inchangé dans ses grandes articulations.

Félix Tshisekedi s’est voulu rassurant quant à la réalisation de ce programme au cas où la crise sanitaire persistait jusqu’à l‘année prochaine. «Cela nous donne l’occasion de nous préparer à toute éventualité pour la prochaine étape», a-t-il souligné avant d’assurer que tout serait fait pour parer à tout effet-surprise.

Mpolo et Okito, éternels oubliés ?

Un débat nourri défraie la chronique sur la non prise en compte des compagnons d’infortune de Patrice Lumumba, le président du Sénat Joseph Okito et le ministre de la Jeunesse Maurice Mpolo, tués dans les mêmes circonstances que le père de l’indépendance, le président Tshisekedi a mis en exergue la personnalité centrale, le combat politique, mais aussi le rang qu’occupait jadis Patrice-Emery Lumumba pour justifier toute la trame organisationnelle de la cérémonie autour du rapatriement des reliques du leader indépendantiste. «Rendre hommage à Patrice Lumumba n’est pas forcément oublier Okito et Mpolo. Il leur sera aussi réservé une place au cours de cette cérémonie. Nous ne les effaçons pas de nos mémoires», a-t-il précisé en indiquant qu’il ne s’agira pas de funérailles sobres, à format réduit.

Quant au problème des d’infrastructures, particulièrement celles de  Lumumba-ville, lieu de naissance du Héros national au Sankuru, le président de la République a indiqué que la construction des bâtiments administratifs pour viabiliser les lieux vont démarrer incessamment. «Je recevrai très bientôt les autorités que j’ai nommées récemment à la tête de cette municipalité à cet effet. Il faut qu’il y ait des prémices et nous allons les poser», a-t-il conclu.

Le ministre belge De Croo

confirme le report

«Le gouvernement congolais nous a informés hier (vendredi) soir de sa volonté de reporter la restitution en raison des conditions sanitaires. La demande du gouvernement congolais a été faite après consultation de la famille Lumumba. La restitution sera reportée à un moment ultérieur, probablement au début de l’année prochaine. Cela nous permettra également de restituer la dépouille de Patrice Lumumba à la famille de la manière la plus appropriée et la plus digne possible», a déclaré le 1er ministre belge Alexander De Croo.

La RDC et la Belgique, ancienne puissance coloniale, avaient convenu de la restitution le 21 juin par cette dernière à la famille du Héros national de l’indépendance congolaise des reliques de Patrice Lumumba lors d’une cérémonie à Bruxelles. Le président Tshisekedi était attendu à cette fin dans la capitale belge et devait en marge de cette cérémonie rencontrer le roi Philippe.

Une tournée des reliques de Patrice-Emery Lumumba devait suivre dans son lieu de naissance Lumumba-ville (province de Sankuru, centre de la RDC), à Kisangani (Nord-Est) et à Shilatembo (Haut-Katanga, dans le Sud-Est), où il avait été assassiné le 17 janvier 1961 en présence d’officiels belges dans des circonstances restées obscures.

Le roi Philippe avait prévu d’être présent à l’enterrement des reliques de Lumumba le 30 juin mais cette visite royale, qui aurait été la première depuis celle de son père, le roi Albert II pour le 50ème anniversaire de l’indépendance en 2010 a été reportée «de commun accord en raison des circonstances sanitaires tant en RDC qu’en Belgique», selon les deux parties.

Les restes du Héros national congolais étaient conservés par le parquet fédéral belge, après avoir été saisis en 2016 chez la fille de Gérard Soete, ancien officier de police belge qui avait participé à la dissolution dans de l’acide sulfurique des corps de Lumumba et de ses deux compagnons d’infortune après le forfait du 17 janvier 1961 à Shilatembo.

Patrice Lumumba a été la principale figure de l’indépendance du Congo, colonie belge, après avoir été la propriété personnelle du roi Léopold II, entre le 15 novembre 1908 et le 30 juin 1960. Il était alors devenu le premier chef du gouvernement du Congo après que l’indépendance eut été accordée en marge de la Table ronde politique de Bruxelles.

Il n’a toutefois exercé cette fonction que deux mois et demi dans un pays immédiatement plongé dans les troubles et divisé par les rébellions avant d’être illégalement révoqué par le président Joseph Kasa-Vubu.

C’est l’alors colonel Joseph Mobutu qui a scellé le sort de cette brillante personnalité congolaise et permis son assassinat en le livrant au gouvernement sécessionniste katangais. Torturé dès son arrivée à Elisabethville (Lubumbashi), il  y fut assassiné le 17 janvier 1961 à l’âge de 35 ans.

Une commission parlementaire belge a admis en 2001 une «responsabilité morale» de la Belgique dans ce crime. Le gouvernement Guy Verhofstadt s’était alors contenté de présenter «des excuses de la Belgique» au Congo et à sa famille, ce qui est jugé non seulement insuffisant mais également indécent par  nombre de Congolais qui revendiquent un procès judiciaire en bonne et due forme ainsi que des réparations.

A.M AVEC LE MAXIMUM

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