Société

LA CENI DESORMAIS SERVICE D’ASSIETTE ? Finie la gratuité, le duplicata de la carte d’électeur, ça se paie

En cas de perte de la carte d’électeur qui sert également de carte d’identité provisoire, la Commission nationale électorale indépendante (CENI) offre la possibilité d’obtenir un duplicata. Mais il n’est plus gratuit. Contrairement aux assurances de la centrale électorale, l’obtention du duplicata se fait moyennant des « frais de procès-verbal». Ce qui consiste juste à dire ou marquer sur un bout de papier, son patronyme et son prénom ainsi que le lieu où l’on s’est fait enrôler. Pis, il n’y a pas de frais fixes pour le PV, rapportent ceux qui ont obtenu un duplicata dans des maisons communales, notamment à Lingwala, Kinshasa ou encore Lemba où la CENI a installé une petite antenne pour la continuité de ses activités. Tout se fait à la tête du client. «A certains, l’on demande 3.000 FC, à d’autres 5.000 FC, et si vous êtes bien habillé et avez l’air d’un responsable, le PV peut vous coûter l’équivalent de 5 dollars…», rapporte cette étudiante. Un confrère rapporte avoir versé 3.000 FC pour obtenir son duplicata. Le comble est que le versement des frais de PV se fait de la main à la main, sans aucune preuve de paiement si ce n’est un hochement de tête, sinon un geste de la bouche, un petit sourire du percepteur qui l’enfouit aussitôt dans sa poche, certainement pas pour le compte du Trésor public. Les préposés de la CENI ainsi que les éléments de la police commis à l’opération donnent l’assurance verbale, la main sur le cœur, que c’est de l’argent de l’Etat qu’ils collectent. Après avoir enrôlé, délivré gratuitement les cartes d’électeurs et organisé les élections sans demander un rond aux électeurs, voilà donc la CENI, un organe d’appui à la démocratie, auto-transformée en service d’assiette…on se demande bien par quel texte légal ou réglementaire. Sans en apporter pour le moment des preuves irréfragables, des sources politiques rapportent que ça et là, notamment dans les régions instables de l’Est du pays, un enrôlement « sélectif » se serait poursuivi longtemps après les scrutins du 30 décembre 2018, dans le but d’octroyer des cartes à des groupes d’individus dont la nationalité et la citoyenneté rd congolaises ne seraient pas clairement établies. Ces délivrances supposées de cartes d’électeurs au marché noir n’auraient guère été sans contrepartie en espèces sonnantes et trébuchantes. Nous y reviendrons.
PLM.

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