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JKK : 4 JUIN 1971 – 4 JUIN 2020 : 49 ANS DONT 24 DEDIES A LA RDC

Ironie de l’histoire: c’est le 04 juin 1971, deux ans après le massacre des étudiants progressistes et anti-impérialistes de l’Université Lovanium (UNIKIN) par la soldatesque de Mobutu qu’est né Joseph Kabila Kabange qui est à ce jour une incarnation vivante de la lutte du peuple congolais contre l’impérialisme. Le président Mobutu porté au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat pro-occidental venait quelques jours plus tôt de rebaptiser le pays, sa monnaie et son fleuve du nom aussi étrange que saugrenu de «Zaïre». Personne à Hewa Bora aux confins des maquis du PRP de son père aux confins du Sud-Kivu ne pouvait imaginer que l’enfant, né ensemble avec sa soeur jumelle Jaynet allait devenir le quatrième président de ce pays-continent au coeur de l’Afrique quelques années seulement après la chute de la dictature féroce et néocoloniale de Mobutu.
Son père, Mzee Laurent-Désiré Kabila, un farouche partisan de la résistance lumumbiste s’était replié dans ce maquis pour combattre Mobutu armes à la main et remettre au pouvoir les nationalistes lumumbistes, vainqueurs des élections générales de mai 1960.
C’est donc en terre congolaise que sont venus au monde ce jour-là les jumeaux Jaynet Kabila Kyungu Désirée et Joseph Kabila Kabange, de l’union de leur père Laurent Désiré Kabila et de sa compagne Sifa Mahanya. La prime enfance de Joseph et Jaynet fut caractérisée par l’âpreté des conditions de vie des résistants. Le leader révolutionnaire bolivarien Che Guevara qui entreprit de visiter le maquis de Hewa Bora au plus fort de la guerre froide en était reparti presque découragé.
A la suite de la pression militaire du régime Mobutu, Kabila, ses collaborateurs et sa famille s’exilèrent en Tanzanie où ils furent acceuillis par le président Mwalimu Julius Nyerere. Tout en préparant avec obstination le retour au bercail et le parachèvement de l’oeuvre de libération totale du pays du joug dictatorial. C’est dans cette optique que ses enfants évoluèrent avec assiduité partageant leur temps entre la scolarité et la formation militaire.
Fils aîné de son père, Joseph sera son plus grand confident et se familiarisa très tôt aux contacts diplomatiques dans le cadre des préparatifs de l’assaut final de la guerre de libération conduite par son père sous le label de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). Il sera sur tous les fronts et c’est avec fierté que Mzee Laurent-Désiré Kabila évoquera la prise de Kisangani par les troupes aux ordres de son fils.
JKK est ainsi un des grands artisans, dans l’ombre de son père, de la révolution du 17 mai 1997 qui mit fin à la deuxième République mobutiste et permit au pays de recouvrer son identité en redevenant “République Démocratique du Congo”.
Soucieux de voir son fils marcher sur ses traces, Mzee Laurent-Désiré Kabila, le tombeur de Mobutu l’envoya perfectionner sa formation militaire en Chine.
Lorsque ses anciens alliés rwandais et ougandais se muèrent en agresseurs en août 1998, Mzee Kabila sentant le besoin de s’appuyer sur un homme de confiance, fit revenir le jeune ‘‘commandant Joseph’’ au pays pour lui prêter main forte face à un ennemi aux multiples visages, une tâche à laquelle Joseph Kabila promu général consacrera l’essentiel de son temps jusqu’à ce sinistre 16 janvier 2001, lorsque des spadassins à la solde des ennemis de la nation assassinèrent lâchement le président Laurent Désiré Kabila dans son palais.
Rappelé du front, le général Joseph Kabila se vit confier le siège laissé vacant par son défunt père et prêta serment le 26 janvier 2001 après avoir dignement porté en terre ce dernier.
Il n’avait alors que 29 ans. Lorsque dans son discours d’investiture, il prit l’engagement de réunifier et pacifier l’ensemble du territoire national, de normaliser la gouvernance en passant un contrat social avec le peuple à travers une Constitution dûment validée par référendum, de démocratiser les institutions, d’organiser les élections, de relancer l’économie et de moderniser les infrastructures, bien peu d’observateurs lui accordaient une chance d’y arriver.
Ces engagements ne pouvaient en effet être tenus que si l’eldorado congolais, objet des convoitises croisées à travers le monde était protégé par une armée forte à même de veiller à l’intangibilité de ses frontières nationales. JKK s’y est attelé avec un rare succès, donnant à son peuple une armée qui partie de zéro est comptée aujourd’hui au top 10 des armées africaines.
Résultat : pour la première fois depuis son accession à l’indépendance le 30 juin 1960, la RDC a connu une stabilité politique avec à sa tête des institutions démocratiques de manière ininterrompue pendant plus de 15 ans.
On se souvient en effet que les premières institutions démocratiques issues des élections générales de mai 1960 n’avaient fonctionné que pendant deux mois jusqu’au premier coup d’État de Mobutu le 13 septembre 1960, peu avant l’assassinat du premier ministre Lumumba le 17 janvier 1961.
Joseph Kabila mérite donc d’être considéré comme le véritable père de la démocratie congolaise, surtout lorsqu’il a accepté, conformément à la constitution, de transférer le pouvoir suprême au vainqueur de la dernière élection présidentielle issu de l’opposition radicale.
Une vie bien remplie à seulement 49 ans toujours au service de la mère patrie.
JBD

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