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GOUVERNEMENT : Lassitude et pessimisme hantent les investisseurs, selon la BCC

La loi des Finances 2019 portant budget de l’Etat aurait dû subir des amendements en mars 2019. Il n’en a rien été car aucun budget rectificatif n’est attendu avant juin, redoutent des critiques de la société civile. La Banque Centrale et les investisseurs déplorent une incertitude qui ne dit pas son nom. Faute d’un nouveau gouvernement.
«Le pays n’est pas géré», «L’argent ne circule pas», «Surchauffe sur les étals des produits de grande consommation» … l’optimisme affiché par des Kinois sur des retombées socioéconomiques attendues de l’alternance au sommet de l’Etat se dissipe au fur et à mesure que le premier gouvernement de l’ère Fatshi traine à se former. De l’avis de certains dans l’opinion, aussi bien l’ex-majorité qui s’est succédée à elle-même dans la Chambre des députés, dans les Assemblées provinciales… et au Sénat, que l’ancienne opposition au pouvoir, aujourd’hui au sommet de l’Etat, sont responsables de cette situation.
Comme par effet domino, la Banque Centrale du Congo (BCC) a revu à la baisse les prévisions du taux de croissance pour 2019, qui passent de 5,6 % à 5,2 %. La confiance des investisseurs dans l’évolution économique à court terme s’est également refroidie de plus 6,2 % en janvier 2019 à 5,1% à fin février, selon un communiqué du Comité de politique monétaire le 26 mars dernier.
Dans la mouvance de la société civile, le REGED, déplore pour sa part « la non-prévision des fonds de contreparties pour des projets à impact socioéconomique. Ce qui pourrait dissuader des partenaires techniques et financiers à verser leurs parts et/ou contributions pour la mise en œuvre desdits projets ». Il ajoute que «cette situation devenue récurrente, fait perdre à la RDC les opportunités de bénéficier des fonds nécessaires pour la réalisation des projets, d’une part, et le leadership dans certains projets, d’autre part».
Quatorze milliards de FC manquent pour la réalisation efficiente des projets éducatifs comme le Projet d’Education pour la Qualité et la Pertinence des Enseignements au Niveau Secondaire et Universitaire (PEQPESU). Dix millions USD font défaut pour relancer le projet hydroélectrique de Katende au Kasaï-Central. Le budget 2019 n’a rien prévu.
Par ailleurs, la Banque Africaine de Développement, BAD, s’est engagée à cofinancer la construction de la centrale hydroélectrique de Ruzizi III, un projet transfrontalier pour lequel les pays concernés, RDC, Rwanda et Burundi, doivent apporter chacun sa contrepartie financière. Mais au regard du volume des investissements sur ressources extérieures qui sont de l’ordre de 1.048.680.000 FC pour 2019, des experts constatent que cela risquerait de restreindre les pouvoirs du Congo-Kinshasa dans la cogestion dudit projet. Time is money, dit-on. Mais la RDC politique ne semble guère l’avoir compris car rien n’indique que les choses s’accélèrent pour la formation du prochain gouvernement. Deux mois se sont écoulés depuis la prestation de serment du président de la République issu des rangs de l’ancienne opposition radicale, Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, le 24 janvier 2019. Le programme d’urgence des 100 jours du président ne peut se substituer à celui d’un gouvernement de plein exercice qui doit être présenté et avalisé au Parlement. Un trimestre s’est déjà écoulé… sans rien.
POLD LEVI MAWEJA

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