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ETIENNE TSHISEKEDI : Le dernier voyage du Sphinx

Il a finalement regagné Kinshasa, jeudi 30 mai 2019 dans la soirée. L’avion transportant le corps d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, opposant historique rd congolais décédé le 1er février 2016 à l’âge de 85 ans, a atterri sur la piste de l’aéroport international de Ndjili à 19 h 23, après 8 heures de vol.
A bord de l’aéronef, outre une cinquantaine de membres de la famille du défunt, la veuve, Maman Marthe Kasalu Tshisekedi, qui n’avait pas remis les pieds au pays depuis le décès de son célèbre époux dans une polyclinique bruxelloise.
Le corps de l’illustre disparu ainsi que la délégation ont été accueillis par de nombreuses personnalités conduites par le président de la République et fils biologique du défunt, Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, arrivé à l’aéroport une demi-heure avant l’atterrissage de l’aéronef en provenance de Bruxelles en Belgique.
Parmi les personnalités sur les visages desquelles se lisaient une émotion peu feinte, Jeanine Mabunda, la présidente de l’Assemblée nationale et son collègue du bureau provisoire du Sénat, le 1er ministre sortant, Bruno Tshibala Nzenzhe et son successeur Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le directeur de cabinet du président de la République, Vital Kamerhe, des représentants du pouvoir judiciaire, le président de la CENI, le chef d’Etat-Major Général des FARDC, le général d’armée Mbala Musense, le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, le basketteur professionnel à la retraite, Mutombo Dikembe, ou encore les anciens premiers ministres Augustin Matata Ponyo et N’Singa Udjuu, l’archevêque métropolitain de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, l’évêque à la retraite du diocèse de Mweka et frère cadet du défunt, Mgr Gérard Mulumba.

Le couple présidentiel devant le cercueil : très ému

Deux ans et quatre mois après son décès, celui qui fut surnommé « le sphinx de Limete » a eu droit aux honneurs dus à son inlassable combat politique depuis 1982 et à sa qualité d’ancien premier ministre. Lorsqu’à 19 heures 45, le cercueil blanc couvert du drapeau national, entouré d’une procession emmenée par Mgrs Ambongo et Mulumba, a été conduit vers le corbillard, de couleur blanche également, au milieu d’éléments du détachement d’honneur de la PNC marchant au son et à la cadence de la fanfare militaire.
On ne pouvait espérer mieux. D’autant plus qu’il s’en était fallu de peu pour qu’encore une fois, Etienne Tshisekedi wa Mulumba ne rate un rendez-vous avec l’histoire. Pour le combattant devant l’Eternel que fut le célèbre lider maximo de l’UDPS, même le dernier voyage vers la terre de ses ancêtres en RD Congo a été, autant que sa vie, émaillé d’incidents.
Dans le fourgon funéraire de couleur blanche, le cercueil, également blanc, recouvert du drapeau national

Mercredi 29 mai 2019 à Bruxelles, le vol qui devait transporter sa dépouille vers Kinshasa avait été annulé, pour des raisons logistiques selon les autorités belges. Conséquence, un décalage de plusieurs heures sur l’horaire et les cérémonies protocolaires établies jusque-là.
Le corps arrivé jeudi aux premières heures de la nuit à Kinshasa était attendu depuis les premières heures du jour par une foule nombreuse, à l’aéroport international de Ndjili, comme à Limete au siège du parti où il devait transiter avant d’être conduit vers la morgue de l’hôpital du Cinquantenaire à Lingwala. Ici, comme un peu partout à travers Kinshasa la capitale où les fanatiques du sphinx de Limete se comptent en centaines de milliers, c’est l’impatience qui se lit sur les visages. «Nous avons attendu ce moment deux ans durant. Nous attendrons l’arrivé du corps de Tshisekedi le temps qu’il faudra », déclare un combattant devant le siège du parti à Limete, entièrement décoré de rameaux en signe de deuil. Pour son dernier voyage sur la terre des hommes, Etienne Tshisekedi n’aura pas dérogé à ses habitudes.
J.N

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