Politique

DOSSIER CLEMENT KANKU : Contre-attaque maladroite de La Libre Belgique et de RFI

Englués jusqu’au cou dans une campagne de désinformation flagrante contre la RD Congo, paranoïa sans précédent de la théorie du complot, deux journalistes belges, Marie-France Cros et Hubert Leclercq du quotidien La Libre Belgique ne savent plus quoi inventer pour « mériter » les largesses de leur client, le fugitif ex. gouverneur de la défunte province du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe. Dans l’affaire Clément Kanku, l’ancien ministre de la Coopération régionale accusé d’être le donneur d’ordres aux terroristes « Kamwina Nsapu » qui sèment la mort et la désolation au Kasaï Central depuis bientôt un an, ces deux journalistes se sont hasardés à établir une implication des autorités au pouvoir à Kinshasa (lisez « le président Joseph Kabila ») dans ces crimes perpétrés précisément dans le but d’affaiblir et de défenestrer le quatrième chef d’Etat RD Congolais.
Clément Kanku, on le sait pourtant, n’a eu l’honneur de se voir attribué un strapontin ministériel qu’en qualité de membre d’une opposition des plus bruyantes à Kabila et à la faveur du dialogue de la Cité de l’Union Africaine, sur la pression insistante de la communauté internationale ou – pour être plus précis – des néolibéraux belges qui espéraient ainsi bousculer l’ordre institutionnel par l’immersion de trublions comme Félix Tshisekedi, Franck Diongo et… Clément Kanku.
Des enregistrements de conversations téléphoniques de l’éphémère ministre de la Coopération ayant révélé de sérieux indices de culpabilité à sa charge, qui seront du reste confirmés par nos confrères du New York Times, Kanku, exclu de l’exécutif national à la faveur du remaniement ayant porté le Premier ministre Tshibala à la Primature, fait depuis peu l’objet d’une enquête du Parquet général de la République qui en préalablement informé l’Assemblée nationale, sans pour autant solliciter la levée de son immunité parlementaire.
On ne peut qu’être surpris que ces deux journalistes, relayés par l’inénarrable Sonia Roley de RFI, inconsolable de n’avoir été déclarée éligible au renouvellement de son visa professionnel par les services congolais d’immigration, s’évertuent, contre toute évidence, à accabler le président de la République et son gouvernement en les présentant comme de mèche avec ces criminels d’un autre âge qu’il n’ont eu de cesse de combattre. Les billets verts distribués à profusion par le patron dollars du TP Mazembe via son homme de main Olivier Kamitatu seraient à la base de cet aveuglement qui fait la honte de la profession journalistique.
A en croire le trio franco-belge qui joue en même temps les rôles de fins limiers de la presse d’investigation, de procureurs et de juges, les enregistrements des conversations du bientôt ex. député Kanku Bukasa, mis sur la place publique par le New York Times, révéleraient l’existence d’un complot auquel aurait participé ce dernier au service du régime au pouvoir à Kinshasa.
Pourtant, le très discret et professionnel Procureur Général de la République congolais, Flory Kabange Numbi, qui a annoncé mardi avoir ouvert un dossier judiciaire sur ces enregistrements, s’est bien gardé d’en révéler le moindre contenu conformément aux règles de l’art, une instruction pré-juridictionnelle étant en principe secrète.
Mais pour ces « journaleux » européens avides de servir la main nourricière des corrupteurs qui tiennent à en découdre coûte que coûte avec Joseph Kabila, il n’y a plus de principes qui vaillent. Se rendant sans doute compte du ridicule dans lequel elle s’est empêtrée au sujet de prétendus faits qu’elle avait péremptoirement livré au public lundi, Sonia Roley a effectué un rétropédalage historique par tweeter. Elle méritera un jour le prix Pulitzer du bidonnage…
Arguments échevelés
Pour toute « preuve » d’une connexion entre « le pouvoir » et Clément Kanku, RFI et La Libre Belgique avaient fait état d’une réunion de sécurité qui se serait tenue à Kananga, chef lieu de la province perturbée du Kasaï Central, au mois d’août 2016 et au cours de laquelle Clément Kanku aurait été entendu au sujet des enregistrements téléphoniques qui défraient aujourd’hui la chronique. Les deux médias, qui exploitent des sources fermées alors que celles du New York Times sont ouvertes, ne donnent aucune indication sur l’authenticité de leur allégation. Tout au plus avancent-ils ensuite, qu’en décembre 2016, trois mois après cette audition, Kanku a été nommé Ministre de la Coopération régionale au sein du Gouvernement dirigé par Samy Badibanga issu des négociations de la cité de l’Union africaine qui avait été sanctionnée par l’accord du 18 octobre 2016. On se serait attendu à ce que les Sherlock Holmes fournissent à leurs lecteurs et auditeurs quelques détails sur le contenu de ce que Kanku a dit aux enquêteurs congolais pour savoir si ceux ci, avaient fait preuve de négligence ou de complaisance. Rien de tel. Pour Cros, Leclercq et Roley, il a été ministre pendant 4 mois et cela seul suffit pour faire de Kabila « coupable » de ses turpitudes…
La Libre Belgique va plus loin en tentant carrément de disqualifier les informations précieuses fournies par le New York Times, les attribuant à « une opération de lobbying » que mèneraient « des agents de Kinshasa récemment engagés aux USA pour améliorer les rapports entre Kinshasa et Washington». Il appert assez clairement que la contre offensive communicationnelle au pays de l’Oncle Sam, attribuée à tort ou à raison aux autorités congolaises gêne gravement ceux qui, à l’instar des Katumbi, Louis Michel, Didier Reynders et autres Herman Cohen, cornaquent nombre de chevaliers de la plume et du micro dans les pays occidentaux, après avoir parié sur la victoire aux dernières élections américaines de la très interventionniste Hilary Clinton pour faire son affaire à Kabila.
La légèreté de l’argumentation des trois confrères belges et français trahit leur agitation traitresse.
Il y a de toute évidence un sérieux problème d’éthique et de déontologie dans leur chef, mais aussi pour les organes qui les emploient et qui diffusent ce genre d’inepties sans queue ni tête à longueur de journées.
En effet, si Sonia Roley, Marie-France Cros et Hubert Leclercq soutiennent la thèse d’un complot ourdi par le Gouvernement congolais et Kanku Bukasa sur la base d’une prétendue audition de celui-ci lors d’une réunion de sécurité à Kananga en août 2016, on peut se demander pourquoi ils n’en ont jamais parlé depuis lors pour le balancer au public de manière aussi péremptoire aujourd’hui, presque un an après, à la suite de l’enquête accablante contre Kanku des confrères du New York Times et en se dissimulant derrière des sources fantomatiques ? Où sont les éléments à l’étai de cette réunion et de cette audition ? Des journalistes professionnels et objectifs peuvent-ils se permettre ce genre de pirouettes aussi approximatives qu’utilitaires souvent utilisées par des criminels en mal de justification ou des politicailleurs à la petite semaine soucieux de nuire à un adversaire ou un rival lors d’une campagne électorale en sachant que personne n’ira les traquer derrière le « secret professionnel » qui protège leurs sources ?
Il est permis par ailleurs de questionner la base sur laquelle ils ils se réfèrent pour établir une connexion entre ces enregistrements dévoilés en mai 2017 par le New York Times et la nomination de Clément Kanku Bukasa au sein du Gouvernement de Samy Badibanga. Il est en effet de notoriété publique l’entrée de Kanku au Gouvernement fut exclusivement consécutive à un deal passé par les acteurs politiques et sociaux de la majorité et de l’opposition ayant pris part aux négociations de la Cité de l’Union africaine et signataires à l’accord du 18 octobre 2016 à laquelle Clément Kanku était partie prenante et ce, avant que ne soient connus les enregistrements rendus publics par le quotidien américain au mois de mai 2017.
Du reste, si cette nomination avait été une sorte de « récompense » ou le « prix du silence » dans la supposée collusion de Kanku avec le pouvoir pour les tueries atroces du Kasaï central, comment La Libre Belgique et RFI expliquent-ils que l’intéressé n’ait pas été reconduit dans le Gouvernement de Bruno Tshibala mis en place quatre mois seulement après l’équipe de Samy Badibanga, à l’instar de la quasi-totalité des autres ministres ? Pareille reconduction n’aurait été que logique de la part d’un « régime coupable » pour conserver avec soi un témoin susceptible de devenir gênant si il venait à être froissé par une éviction de l’exécutif national comme l’a été Clément Kanku…
Last bu not least, l’empressement avec lequel La Libre Belgique présente Clément Kanku Bukasa comme coupable alors qu’il n’a même pas encore été inculpé formellement par le Parquet constitue une autre démonstration de l’égarement de nos confrères qui donnent de notre profession une bien vilaine image.
On attend avec beaucoup d’intérêt que les grands investigateurs de La Libre Belgique et de RFI éclairent l’opinion sur les raisons qui peuvent bien avoir poussé le président Kabila et son gouvernement auxquels ils attribuent un plan d’extermination des populations du Kasaï, ont mené une opération de pacification de cette région très coûteuse en fonds du Trésor et en vies de policiers et de militaires tombés par dizaines avant que l’on aboutisse à une paix de braves avec le groupe « originel » de Kamwina Nsapu, le seul qui s’était soulevé contre l’autorité étatique pour des motifs aujourd’hui bien connus. Curieusement ces médias n’ont pratiquement jamais fait écho, ni des contre offensives victorieuses des forces de sécurité à la rescousse des kasaïens victimes de ces bandes criminelles, ni de la mission menée en deux temps par le Vice-Premier ministre congolais en charge de l’Intérieur et sécurité pour cette fin, alors que Sonia Roley notamment se trouvait à Kananga sur ces entrefaites.
Dossier à suivre
PDM

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