Politique

DIAMANT : FCC et CACH Kasaï oriental se liguent et menacent le Chinois SACIM

Qui a dit que tout ou presque opposait le FCC et CACH? Le Front commun pour le Congo et le Cap pour le changement apportent les preuves du contraire… et à Mbuji-Mayi, capitale du Kasaï oriental, bastion historique de l’UDPS. Même le mal aimé, le FCC Alphonse Ngoy Kasanji, compte parmi les figures de proue de coalition déterminée à faire développer le Kasaï avec et par son diamant. Un caucus de sénateurs et députés nationaux FCC et CACH désapprouvent, en effet, la politique socio-économique de la société SACIM, Société Anhui Congo d’Investissement Minier, et l’a dit sans fioriture au Premier ministre, Ilunga Ilukamba, fin octobre 2019. SACIM a, en effet, repris de larges concessions de la MIBA mais son apport socio-économique n’est guère perceptible dans la région. Au premier semestre 2018, la Société Anhuit Congo d’investissement minier a annoncé une production mensuelle de 392.000 carats de diamant. Depuis, selon des sources soutiennent, au contraire, qu’elle aurait dépassé la barre symbolique de 500.000 carats… sans rien verser à quelque titre que ce soit au Kasaï oriental. La firme jouit, en effet, d’un régime de faveur qui ne dit pas son nom, selon les élus kasaïens. Voilà, en effet, six ans, que, suite à une recommandation expresse du gouvernement, la DGDA (service des douanes et accises)a accordé un régime préférentiel à la Société Anhui Congo d’Investissement Minier, SACIM. Il s’agit , en pratique, d’un chapelet des facilités au titre de partenariat stratégique sur les chaînes de valeur conformément au Décret n°03/049 du 6 octobre 2013 dont l’exonération des droits de douane et la suspension de la perception de la Taxe sur la valeur ajoutée, TVA à l’importation, la suspension de la TVA sur les produits intermédiaires ou finis ainsi que sur les prestations des services produits par l’entreprise. Autres facilités, l’allègement des coûts de la rémunération de certaines prestations dans le cadre institutionnel conformément au décret susmentionné. Mais, en se fondant sur la loi, les acteurs politiques kasaïens estiment qu’après six ans d’exploitation, une entreprise minière jouissant d’un régime de privilège devrait formellement rentrer dans le régime de droit commun. Mais cette directive n’est guère d’application au point que les régies financières, particulièrement la Direction générale des douanes et accises, DGDA, attend des dispositions claires du gouvernement pour projeter ses réalisations pour la période 2019-2021, dans la cadre du CBMT, Cadre budgétaire à moyen terme. Mais la SACIM, foi de ce député, ça n’est pas n’importe quelle entreprise, elle a pour actionnaires de puissants acteurs politiques demeurés très influents. Des Chinois ne seraient que des prête-noms, des faire-valoir. Les élus FFC et CACH du Kasaï- Oriental déplorent également une certaine réticence de SACIM à fournir du courant à la ville de Mbuji-Mayi. Pourtant, fin octobre, lors de l’inauguration de la nouvelle centrale hydroélectrique de l’entreprise, appelée Tubi Tubidi, (traduire littéralement un coup, deux effets), sur le versant de la rivière droite de la rivière Lubi, le Gouv UDPS Jean Maweja avait rassuré la population que SACIM fournirait volontiers de l’électricité à la ville de Mbuji- Mayi. Au-delà de l’affaire SACIM, des observateurs notent une certaine prise de conscience des acteurs politiques ouest-kasaiens de développer leur province, et particulièrement la ville de Mbuji-Mayi, restée en rade de la rurbanisation. Ici, on veut prendre exemple de Goma ou Bukavu, où les minerais toujours pas propres ont cependant permis des constructions des infrastructures modernes. Il y a encore trois décennies, dans les milieux des années 80 et 90, des « trafiquants », creuseurs et négociants de diamants dictaient leur loi sur le marché de change et par ricochet sur la Banque centrale. Hélas, ces nouveaux héros, comme ils se faisaient comme ils tenaient tête au régime du Maréchal Mobutu, s’illustraient malheureusement par des excès qui affolaient tout le monde. Des noms sont restés célèbres : Mukendi Fontshi wa Tshilenge, MukebaBukula, Bimansha Suminyina (Bimsum), Lukusa Tanzi, Nyanguila Champion, Katompa Lubilanji, Tshibangu Biayi (Maison des meubles), Tshango, Tshamala Alida, Ngoyi Tshangolard, Vantraska, Ngandu Malik, Tshikas, Mulele (Moustache ya mbongo), Mukandila Monji Mule (3M) avaient enflé la bulle de diamant, voulant s’offrir des voitures de luxe, des voyages en Europe ou aux États-Unis. Ils cherchaient à accumuler à la vitesse de l’éclair des fortunes pour se présenter en bienfaiteurs des démunis et des musiciens. Pour leur grand malheur. La chute des cours de diamant et la restauration de l’Etat sonnèrent le glas de leur snobisme, alors qu’ils pouvaient tenter une carrière politique. Ce que Les Ngoy Kasanji, Maweja, ont vite compris et fait.

POLD LEVI

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