Politique

DIALOGUE NATIONAL : Vérités sur l’évolution des tractations jusqu’à la récusation du facilitateur

Selon des documents de travail du bureau du facilitateur, Edem Kodjo, parvenus au Maximum, il est d’abord rappelé qu’en date du 26 juillet 2016 à Addis-Abeba, la présidente de l’Union africaine, Dr Nkosazana a appelé toutes les parties concernées en Rdc, à s’engager résolument en faveur du dialogue. A cet égard dit le document, la présidente de la Commission africaine a rappelé la demande faite par la délégation du Groupe de soutien lors de la rencontre du 9 juillet avec la délégation de l’opposition congolaise dirigée par le président de l’Udps, Etienne Tshisekedi, en vue d’œuvrer au lancement du dialogue dans les meilleurs délais, dès la fin la du mois de juillet. Et lors de cette rencontre, poursuit le texte, la délégation du Groupe de soutien a rappelé le contexte qui a conduit à la mise sur pied du Groupe de soutien, composé de l’Union africaine, des Nations-Unies, de l’Union européenne, de l’Organisation internationale de la Francophonie, de la Communauté de développement de l’Afrique Australe (Sadc), et de la conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), pour appuyer le facilitateur dans sa mission. Et suite au souhait exprimé par la délégation de l’opposition assure le même communiqué, la délégation du groupe de soutien avait exprimé sa disposition à s’impliquer pleinement en soutien du processus du dialogue et aux efforts du facilitateur, Edem Kodjo. C’est avec regret que la présidente de la commission a pris connaissance du communiqué du Rassemblement des forces politiques et sociales du 24 juillet 2016 récusant le facilitateur Edem Kodjo. Par la même occasion, fait savoir le texte, Dr Nkosazana a renouvelé sa confiance audit facilitateur appuyé par le groupe de soutien, et a appelé les parties congolaises concernées à participer pleinement aux consultations en cours devant mener au lancement du dialogue dans les meilleurs délais. Elle avait aussi salué la décision du gouvernement congolais accordant la grâce à des personnes détenues, tout en appréciant ce geste qui va dans le sens de la décrispation de la situation politique souligne le communiqué, faisant savoir que la présidente de la commission africaine a exhorté le gouvernement à persévérer dans cette voie et à prendre d’autres mesures d’apaisement susceptibles de renforcer le climat de confiance.
Et dans le deuxième communiqué du 27 juillet 2016, il est rappelé que le bureau du facilitateur avait pris soin d’informer les parties prenantes au dialogue, que la facilitation a commencé la vérification des mandats des délégués des parties aux travaux du comité préparatoire du dialogue, rappelant que le dialogue se tiendra conformément à la constitution congolaise et à la Résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’Onu. Dans ce communiqué du 27 juillet, il est indiqué que le bureau du facilitateur a informé toutes les parties prenantes et l’opinion nationale et internationale, que le comité préparatoire a pour objectif essentiel la préparation matérielle et logistique du dialogue national. Et que le comité préparatoire n’a pas pour vocation d’aborder les questions de fond, celles-ci devant être débattues par l’instance du dialogue.
Sur base de ses consultations avec les parties depuis plusieurs mois et partant du principe que les modalités du dialogue doivent être convenues par les parties congolaises dit le texte, la facilitation a préparé un avant projet de document qui énonce des principes et des références pouvant servir de base au dialogue. Et dans ce document, peut-on lire, la facilitation a proposé des éléments méthodologiques et normatifs, des modalités du déroulement du dialogue, une liste de sujets pouvant figurer à l’ordre du jour du dialogue, des règles de base et un régime disciplinaire ainsi que des éléments pratiques nécessaires pour la création d’un cadre efficace et d’un climat de confiance entre les parties prenantes congolaises. Aussi, qu’il appartient aux représentants des parties au comité préparatoire d’amender, de compléter et de valider cet avant-projet de document, lequel sera rendu public après on adoption par les parties prenantes.
A propos de la deuxième réunion du Groupe de soutien au facilitateur, un autre communiqué fait savoir qu’en date du 23 juillet, cette deuxième réunion tenue sous le facilitateur Edem Kodjo, a été organisée dans le prolongement de la rencontre inaugurale du Groupe de soutien qui s’est réuni le 4 juillet 2016 à Addis-Abeba, tout en faisant siennes les conclusions et recommandations ayant sanctionné ladite réunion. La réunion qui a suivi le rapport du facilitateur sur les initiatives qu’il a prises depuis la dernière réunion, en vue de créer les conditions du lancement imminent du dialogue, avait également suivi les communications des membres du Groupe de soutien sur les efforts déployés par leurs organisations respectives, pour soutenir le facilitateur et les démarches engagées en vue d’emmener les différents acteurs politiques congolais à demeurer attachés à l’esprit et à la dynamique du dialogue politique. Le communiqué de la deuxième réunion indique que les participants à la réunion avaient pris acte de la déclaration des Etats-Unis d’Amérique, à travers un communiqué du 8 juillet 2016, dans lequel, bien que ne faisant pas partie du Groupe de soutien, ils ont appuyé les conclusions de la réunion inaugurale de ce groupe, réitéré leur engagement à soutenir le dialogue tout en appelant les acteurs politiques congolais à travailler de façon constructive avec le facilitateur en vue du lancement effectif et du déroulement du dialogue. Et à l’issue des échanges, fait savoir le communiqué, les participants à cette deuxième réunion du Groupe de soutien ont félicité le facilitateur, les autres membres du Groupe de soutien pour leurs efforts en vue d’encourager les parties congolaises à s’engager fermement sur la voie du dialogue, dans un esprit ouvert et de compromis mettant l’intérêt national au dessus de toute autre considération. Ils avaient exprimé leur appréciation aux autorités congolaises pour avoir accepté d’abriter les travaux de la 2ème réunion du Groupe de soutien au facilitateur ; réaffirmé l’importance qu’ils accordent au lancement du dialogue au plus tard fin juillet, avec la participation effective de tous les acteurs politiques congolais et cela dans le cadre de la constitution de la Rdc, des instruments pertinents de l’UA et de la Résolution 2277 de l’Onu ; réitéré leur appel afin qu’un climat propice au dialogue soit crée ; exhorté les autorités congolaises à poursuivre les efforts visant à garantir l’espace démocratique et appelé l’ensemble des acteurs politiques à faire preuve de responsabilité et à s’abstenir de tout acte ou propos susceptibles de contrarier la dynamique positive actuelle, notamment à l’occasion des manifestations prévues aussi bien par l’opposition que par la majorité présidentielle au cours du mois de juillet ; pris note de l’engagement de tous les membres du Groupe de soutien à œuvrer aux côtés du facilitateur de façon à ce que dans les délais indiqués, le dialogue soit tenu dans un climat de confiance, de paix et sécurité en Rdc ; exprimé leur profonde reconnaissance aux Chefs d’Etat africains pour leur implication active dans le processus devant mener au dialogue politique et les a encouragé à poursuivre et à intensifier ces efforts ; exprimé leur appréciation aux autorités congolaises pour les mesures prises en vue de l’élargissement de certains détenus, et les a encouragé à poursuivre les efforts afin de faire baisser les tensions et de créer les conditions propices au lancement du dialogue national ; et enfin ils ont approuvé l’idée du lancement du processus du dialogue avec la phase de vérification des mandats des délégués au comité préparatoire, à compter du 26 juillet, et le début des travaux de ce comité à partir du 30 juillet 2016.
Le dernier document faisant partie du lot des différents textes, c’est le communiqué du Rassemblement qui rappelle que le communiqué de l’Union africaine du 4 juillet 2016 relatif à la mise en place du groupe de soutien à la facilitation, assigne à celui-ci la mission de mener des consultations avec toutes les parties prenantes en vue de la mise en œuvre de la Résolution 2277. Au point 3, fait savoir ce communiqué, il est dit que c’est dans ce cadre qu’une délégation composée du Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, Smail Chergui, de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour la région des Grand Lacs, Said Djinnit, et du directeur général pour l’Afrique de l’Union européenne, Koen Vervaeke, a rencontré le 9 juillet 2016 à Bruxelles, le président du conseil des sages, Tshisekedi, assisté d’autres membres du Rassemblement. Et au cours de cette rencontre dit le communiqué, un certain nombre d’engagements avait été pris entre le Rassemblement et les membres de la délégation susmentionnée, notamment, la transformation du groupe de soutien en groupe de facilitation ; l’inopportunité a ce stade d’un comité préparatoire, le groupe de facilitation devant jouer le rôle de ce comité en rapprochant les 2 parties prenantes pour connaitre leurs cahiers de charges, afin de fixer un ordre du jour des pourparlers ; la décrispation de la situation politique par la libération des prisonniers d’opinion et détenus politiques, la cessation des poursuites judiciaires arbitraires dirigées contre les leaders de l’opposition, la levée des mesures d’interdiction contre les medias privés de l’opposition ainsi que l’arrêt des dédoublement des partis politiques ; le début des travaux des pourparlers étant fixé lors d’une réunion d’évaluation entre les 2 délégations, après le 31 juillet, date du meeting du Rassemblement. Malheureusement dit le communiqué, le Rassemblement a constaté que le contenu du communiqué de presse du 23 juillet visé au point 1 ci dessus, est non seulement un recul regrettable et dangereux par rapport aux avancées déjà réalisées dans le processus de mise en œuvre de la Résolution 2277 de l’Onu, à laquelle le Rassemblement demeure attaché, mais surtout une provocation susceptible de remettre en cause tous les efforts déployés à ce jour dans la recherche d’une voie de sortie pacifique à la crise actuelle.
Didier Okende Wetshi

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