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DE LA SUSPENSION A LA RADIATION DU FCC : Bahati, descente aux enfers

Les derniers échanges à fleurets mouchetés, entre Modeste Bahati et ses collègues chefs des regroupements du Front Commun pour le Congo (FCC) le laissaient présager. Entre le président de l’AFDC-A, tout au moins de ce qu’il en restera après un bras de fer si hardiment engagé avec Joseph Kabila et le FCC, l’irréparable est arrivé. Lundi 15 juillet 2019, à l’issue d’une réunion présidée par Néhémie Mwilanya, la sanction qui frappait l’autorité morale de l’AFDC-A (une suspension à durée indéterminée) a été muée en radiation sans équivoque. Mais pas seulement.
Le FCC a également enjoint l’ensemble des élus sur les listes de la plateforme bahatiste (145 députés nationaux, sénateurs, députés provinciaux, gouverneurs et vice-gouverneurs selon les statistiques brandies par Bahati) de se prononcer sur leur position endéans 7 jours. D’ici dimanche prochain, donc. Et ce devrait être le début de la fin, selon des observateurs.
Dès lundi à la réunion de la méga plateforme kabiliste, la fronde qui se dessinait dans les rangs de l’AFDC-A s’est confirmée avec la présence à la plénière du FCC d’une coordination provisoire représentant de l’AFDC-A composée de Nene Nkulu, Stève Mbikayi et Tshimanga Bwana, tous présidents des partis membres du regroupement emmené par l’ancien ministre du Plan, qu’accompagnait le secrétaire général Djanga, confirmant ainsi la mise en place d’un nouveau directoire pour permettre à l’AFDC-A de demeurer au sein du FCC.
L’appel à se prononcer pour ou contre le FCC lancé aux élus AFDC-A, ainsi que la demande à ses mandataires de faire allégeance à la nouvelle coordination de la plateforme pourraient gravement malmener les statistiques dont se targue Bahati Lukwebo, ce professeur d’économie formé dans une université italienne à qui on doit une lecture très ‘’arithmétique’’ de la puissance politique.
On ne peut pas prétendre que Bahati ait baissé les bras dans le duel qui l’oppose à ses anciens collègues du FCC, loin s’en faut. Dimanche 14 juillet 2019, le patron de l’AFDC-A accusait encore le PPRD de Joseph Kabila de s’immiscer dans la gestion d’un regroupement politique membre de la plateforme. Et menaçait de poursuites judiciaires ses anciens collègues lorsqu’il ne leur promettait pas carrément une disparition à plus ou moins brève échéance.
Pour l’instant, c’est la disparition de Modeste Bahati des tablettes du FCC qui paraît assurée. Elle ne modifie pas grand chose à la configuration des forces en présence au sein du parlement rd congolais où le FCC de Joseph Kabila conserve encore plus de 300 sièges. Jusque lundi 15 juillet, Modeste Bahati ne gardait encore autour de lui que 21 députés nationaux sur la quarantaine dont il se targue et tout indique que l’hémorragie se poursuivra pour lui au vu du nombre croissant des défections annoncées et probablement à venir, estiment les observateurs.
Le FCC à l’Assemblée nationale comptera ainsi toujours quelques 335 sièges contre 97 à Lamuka et 47 à CACH. Pour Bahati, c’est plutôt mal barré, comme on dit.
J.N.

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