Culture

CULTURE : Soraya Odia, la wewa littéraire de Kinshasa

Surprenante sur scène, timide à première vue, influente sans le réclamer, Soraya est une fille qui fait véhiculer les livres dans les rues de Kinshasa à travers sa bibliothèque.
Ses mots sont engagés et rythmés par son discours aux allures d’une prédication en plein milieu du marché central est ponctué d’un ton convaincant qu’elle donne à ses propos. Majuscaux est l’une des révélations de la scène littéraire lors de la 7e édition de la fête du livre organisée par l’Institut français en février 2020. Depuis, la diplômée de gestion de projet semble avoir trouvé sa voix sur la scène littéraire congolaise.
Elle lance une chaîne youtube en avril 2020, soit deux mois après la fête du livre. Une année après, elle compte des milliers d’abonnés.
Les communications de Soraya sur les réseaux sociaux sont souvent drôles. Elles mêlent lingala et français avec parfois des expressions kinoises qui révèlent son identité : une kinoise engagée qui veut influencer à travers la littérature.
«Je crois qu’elle se sert inconsciemment ou pas du lingala, une langue magique, qui ne laisse pas entrevoir la timidité qu’on lit dans ses yeux la première fois qu’on la rencontre», témoigne un de ses followers.
Soraya a lancé une bibliothèque mobile depuis un moment. Les amoureux de la lecture s’abonnent et elle en profite pour faire circuler les livres à Kinshasa. Elle inonde Kinshasa de livres qu’elle reçoit comme dons ou qu’elle achète elle-même.
Ses vidéos sont professionnelles, informatives, intéressantes. Elle y raconte ses coups de cœur littéraires. Sur scène, elle n’est pas la même personne. “Mujinga, tu me disais…”, l’un de ses textes les plus puissants dénonçant les violences basées sur le genre.
Son slam sur Kinshasa à la clôture de la fête du livre “Kin ekoma quinine” sonne dans mes oreilles comme un hymne qui invite au changement, passant des questions environnementales à l’insécurité et au banditisme urbain.
La première edition de la fête du livre au Kongo Central est encore l’occasion de retrouver cette femme des lettres congolaises qui n’a pas fini de surprendre la scène littéraire.
AK

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