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COURRIERS DE LECTEURS : Les opinions émises dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs

Le contreseing d’un intérimaire ou la reculade démocratique

 Qu’on le veuille ou non, les récentes nominations dans l’armée et dans la magistrature entrent dans l’histoire comme des nominations qui ont été contestées. Et de ce fait, l’aura du signataire, du contresignataire à tort ou à raison, autant que celle des heureux promus se verra ternie.
C’est la République Démocratique du Congo, qui se veut un Etat de droit qui perd, tout comme de vaillants officiers supérieurs de l’armée et des hauts magistrats contestés, du fait de la politisation de ces deux institutions.
Poursuivis par le soupçon d’avoir été mal nommés, ces officiers supérieurs et magistrats réclameront tôt ou tard la régularisation de leurs grades pourtant mérités.
Même en se faisant installer officiellement avec tambour et trompettes, les bénéficiaires des promotions ainsi opérées sont conscients que du point de vue légal, les ordonnances contresignées par un vice-premier ministre à la place du 1er ministre ne sécurisent pas leur carrière.
Un simple changement dans les institutions de la République pourra entraîner une remise en question de leurs promotions dans ce pays où la chicane est reine.
Certes, ni le FCC, ni le premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, et surtout pas l’autorité morale Joseph Kabila Kabange n’y sont opposés, au contraire. Il suffit de rappeler que lorsqu’ils étaient dans l’opposition, l’UDPS et ses sattelites diabolisaient aussi bien les FARDC que la Justice présentées alors comme des bourreaux de la population jusqu’à réclamer (et obtenir souvent) de leurs mentors européens et américains des sanctions ciblées contre des officiers et magistrats dont le seul tort était d’appartenir à ces deux corps.
Que le nouveau pouvoir favorise la promotion de certains officiers et hauts magistrats hier diabolisés est la preuve que ces braves compatriotes n’ont jamais été ce que l’on prétendait.
Pourquoi alors avoir gâché ce qui devrait être une raison de se réjouir ?
En piégeant de la sorte la promotion de ces compatriotes, c’est comme si on voulait les assujettir et ternir subséquemment leur image de neutralité et d’indépendance.
Jusqu’à présent, les nominations dans ces deux corps prestigieux avaient toujours respecté les règles de l’art. En les violant, on les discrédite tout simplement.
Il y a là de quoi doucher l’enthousiasme des bénéficiaires.
Le FCC plaide pour le respect et l’honneur des militaires et des magistrats promus qu’on devrait plutôt veiller à mettre à l’aise devant leurs collaborateurs au pays ou leurs partenaires à l’étranger.
L’armée et la justice font partie des corps de dignité pour tout État. Raison de plus pour éviter de les politiser dans un sens ou dans un autre.
Barnabé Kikaya Bin Karubi,
Professeur, Université de KINSHASA, Faculté des Lettres, Département des Sciences de l’Information

Hommage au juge yanyi ovungu raphaël alias élégant

 Au comble du désarroi et au terme du désespoir, je viens avec un vif regret, une humeur saignante et un profond chagrin t’adresser ces paroles que tu n’entendras pas au travers de ces écrits que tu ne liras jamais. Ta disparition tragique du milieu de nous, laisse un vide sans fond semblable à l’abîme de l’enfer. Le spectacle hideux de ton décès, nous laisse perplexes. Le résultat officiel un peu rocambolesque de l’autopsie de ta dépouille, nous agace lorsqu’il conclut que ta mort brutale est d’origine traumatique, alors que tes activités du soir de ton trépas témoignent ta lucidité de quelqu’un qui était arrivé chez-lui sans signe d’agression corporelle surtout que tu étais accompagné de ton chauffeur et de ton garde du corps. Les enquêtes hippopotamesques que nous promet la justice laissent à désirer. Quel choc ! La vérité ontologique sur les circonstances réelles de ta mort sera connue un jour par la justice de Dieu à qui revient la primeur de la vengeance.
Tu es mort arme à la main sur le champ de combat pour la vérité et l’éclosion d’un véritable État de droit et c’est à juste titre que tu as été admis au grade de chevalier dans l’Ordre National des héros nationaux KABILA-LUMUMBA et de surcroît nommé à titre posthume président de la cour d’appel de Kinshasa/Gombe par le président de la République. Tu es le précurseur de tous les Itaviens d’Omendjadi qui ont embrassé les études de droit sans complaisance et tu laisses derrière toi un magistrat de carrière( Yves Omanga) et deux Avocats( Shango Embeya et Kondalomba Yongola). Tu es l’image d’un homme de paix, de douceur et d’intégrité, taciturne aux actions concrètes et plein de conviction. C’est à ce 20/07/2020 que je m’attendais au miracle de Lazare à la Nécropole entre Terre et Ciel de la N’sele, mais hélas, j’ai espéré contre toute espérance ! Oh ! Mort….quelle tragédie !
Cher Élégant, tu as rejoint nos amis Itaviens d’heureuses mémoires qui t’ont précédé dans l’au-delà notamment : Ewola Yongola, Aseke Rody’s, Wembonyama Longadi, Okito Omonombe Jean Lambert ect et ton formateur authentique Abbé Kafua Ndjate Yanyi. Tu leur diras bonjour de notre part. Tu nous a précédés dans la gloire et que nos larmes chaudes et intarissables qui écument nos yeux et ruissellent nos joues arrosent éternellement ta dernière demeure. Que Dieu t’accueille dans sa lumière auprès de lui et qu’il se souvienne de bonnes œuvres. Nous ne t’oublierons jamais, jamais et alors à jamais ! Kootshu la woolo !
Yves Omanga, magistrat et substitut du procureur de la République.
Pidoyer pour la reconnaissance de la double nationalité en RDC
L’article 10 de la Constitution congolaise, qui mentionne : « La nationalité́ congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec aucune autre…. », consacre le principe de l’unité et de l’exclusivité de la nationalité congolaise. En consacrant ce principe, la volonté du constituant était de protéger ce pays-continent, qui a neuf voisins directs, contre les velléités étrangères d’occupation et de pillage de ses ressources naturelles. Cela étant, nous estimons qu’avec l’évolution du monde, le principe d’unité et d’exclusivité de la nationalité doit être revu. Le Cameroun, qui avait aussi consacré ce principe d’unicité et d’exclusivité, vient de soumettre la modification de sa loi qui porte sur le code des personnes et de la famille, dont l’article 81 sera libellé comme ceci : « Tout Camerounais justifiant d’une autre nationalité́ conserve la nationalité́ camerounaise, sauf répudiation de celle-ci… ». La RDC devrait lui emboîter le pas. Voici pourquoi. Les statistiques actuelles indiquent que la RDC compte près de 80 millions d’habitants, tandis que la diaspora congolaise dans le monde avoisine 8 millions de personnes. Celle-ci est considérée comme la diaspora la plus importante du continent africain et joue un rôle considérable dans la vie socio-économique de la RDC. En effet, devant la carence de l’Etat, les membres de la diaspora congolaise ont pris le relai et sont considérés comme le principal soutien financier des familles restées au pays. De manière concordante, différents rapports de la banque mondiale évaluent le soutien financier annuel de la diaspora congolaise à près de 10 milliards de dollars américains. Une bonne partie de cette diaspora n’avait d’autre choix que d’acquérir la nationalité des pays d’accueil, pour des raisons de facilités administratives, professionnelles, fiscales, sociales…. Or, bien que son soutien financier soit indéniable, la diaspora congolaise se sent marginalisée lorsqu’elle veut investir en RDC. En effet, ses membres rencontrent différentes tracasseries administratives du fait de leur nationalité étrangère, ce qui entraîne le découragement de beaucoup d’entre eux. Alors que cette diaspora a porté haut et fort les revendications politiques du pays à l’extérieur pour réclamer des élections crédibles et un changement de régime politique, force est de constater que lorsqu’elle souhaite participer activement à la vie politique interne du pays, certaines voix s’élèvent pour brandir l’exclusivité de la nationalité congolaise, dans l’unique but d’exclure ces dignes filles et fils du pays. On notera, au passage, une hypocrisie générale dans le domaine du sport. Certains sportifs d’origine congolaise ayant acquis des nationalités étrangères défendent en effet les couleurs du drapeau congolais dans des compétitions internationales, au vu et au su de tous, sans que personne ne s’en émeuve. Une autre hypocrisie est constatée chez certains acteurs politiques qui, pour diverses raisons, ont acquis des nationalités étrangères mais se retrouvent dans la vie politique de la RDC…
Dans l’un comme dans l’autre cas, nous estimons qu’il est bénéfique pour la RDC de régulariser la situation de ces enfants du pays qui mettent leurs compétences et expertises au service du pays. C’est ainsi que nous plaidons pour une révision de l’article 10 précité en y consacrant la notion de l’irrévocabilité de la nationalité congolaise pour toute personne ayant la nationalité congolaise d’origine, telle que définie dans l’article 10§3 de la Constitution. L’article 10 de la Constitution peut être révisé sans violer ni transgresser son article 220, lequel concerne les dispositions intangibles. Ensuite, nous estimons qu’il est utile d’adopter un code de la nationalité congolaise qui pourra régir les conditions d’accès à la nationalité congolaise pour tous ces étrangers qui ont capté l’âme du Congo et qui ont été adoptés par le Congo. Pour conclure, nous reprenons les mots du Président de la République, Félix Tshisekedi, lors de son premier discours sur l’état de la nation, le 13 décembre 2019 : « Nous sommes tous directement ou indirectement touchés par la question de la double nationalité. Beaucoup de nos membres de famille, nos amis ont acquis d’autres nationalités pour diverses raisons. Depuis le moratoire que l’assemblée nationale a adopté sous la présidence de l’honorable Vital Kamerhe, aucune initiative courageuse n’a été prise à ce jour pour régler définitivement cette question. A mon arrivé au pouvoir, j’ai instruit la direction générale de Migration pour que tous nos compatriotes qui ont acquis une nationalité étrangère puissent revenir librement au pays et obtenir le visa au poste frontalier. Il est temps de mettre fin à cette ambiguïté nationale qui ne profite à personne. J’en appelle ici à des réflexions approfondies pour nous permettre de résoudre définitivement cette question et de nous adapter à l’évolution du monde »
Me Dieudonné Tshibuabua Mbuyi,
avocat aux barreaux de Bruxelles, Kinshasa-Gombe et Kananga

Implosions, trahisons et violences généralisées où va le Congo de Lumumba ?

 Les impérialistes ont corrompu certains de nos compatriotes. Ils en ont acheté d’autres ainsi que des princes de certaines églises pour plonger la RDC dans le chaos. Le monde nous regarde aujourd’hui avec mépris et dédain et personne ne s’en rend compte. Les colonisateurs et leurs mercenaires ne jurent que sur la déstabilisation des institutions ou la balkanisation de notre pays. La division de notre peuple est une stratégie pour atteindre cet objectif. Notre indépendance politique ou économique, notre souveraineté, notre liberté et le bien-être de notre peuple semblent être les derniers soucis de ce gouvernement englué dans des conflits entre institutions, les querelles d’ego et des pulsions dictatoriales révélées notamment par cette affaire ridicule de contreseing alors même que notre économie s’effondre, que nos valeurs sont méprisées et que le tribalisme revient en force et désoriente la réalité de l’incompétence des uns et des autres.
Tout n’est que diversion pour déconnecter le peuple sur la situation politique réelle du pays.  Les impérialistes et leurs fantoches vont gagner la bataille lorsque si les Congolais ne réagissent pas car le chef de l’État n’arrive pas à prendre ses responsabilités de mettre fin au désordre institutionnel qui a élu domicile au plus haut niveau des institutions dont il est pourtant le garant. Il n’y a ni paix, ni pain dans nos maisons. Rien que le bruit des querelles qui deviennent notre repas quotidien.
Le pays va mal et personne n’a le courage de mettre fin à cette descente aux enfers. Certains agitent leurs grands diplômes pour justifier même l’injustifiable. Le mandat du président Félix Tshisekedi est une responsabilité de CACH et du FCC vis à vis du peuple. Il faudra que lui et le président honoraire Joseph Kabila arrivent à se débarrasser vite des ennemis de la paix qui les entourent et qu’ils mettent le pays en route. Le peuple est torturé et brutalisé par des conflits à répétitions au sein des institutions.
Qu’ils prennent le courage de mettre fin à la coalition s’ils ne sont pas capables de travailler en harmonie. La cohabitation peut à cet égard être une solution. Les ennemis du Congo à se chamailler à coups de marches et contre-marches va finir par des massacresdont ils porteront chacun la responsabilité. On ne construit pas une nation sur des pratiques de violence, des calomnies odieuses, des émeutes en permanence, des discours tribalistes et le mépris des principes sacrés et des valeurs de la nation. Lorsqu’un régime politique n’utilise que les incompétents bouffis de rancœur et de vanité, l’implosion n’est pas loin.
La RDC n’est pas la boutique des partis politiques et de comédiens politiques. Le président Tshisekedi et son partenaire doivent se ressaisir et exploiter le testament de notre Héros National, Patrice Emery Lumumba qui invite chaque Congolais à accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre nation et à consolider notre indépendance et notre souveraineté. Il faut arrêter le désordre institutionnel d’aujourd’hui. Ce pays est un patrimoine commun à protéger. Le sang de nos martyrs nous invite à l’unité et à transformer la RDC en un centre de rayonnement de toute l’Afriqqui ont versé leur sang pour l’unité du Congo.
Boswa Isekombe Sylvere,
Secrétaire général du Parti communiste congolais

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