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CANDIDAT FCC A LA PRESIDENTIELLE : Les bons combats de Shadary

La désignation du vice-premier ministre honoraire de l’Intérieur et secrétaire permanent du parti présidentiel, en qualité de candidat du FCC à la prochaine présidentielle, le 8 août 2018, fait encore couler encre et salive. Si en RD Congo, le choix de Ramazani Shadary paraît à l’épreuve de critiques et autres mesquineries d’usage pour couler les adversaires, à l’étranger, les faiseurs d’opinion tournent et retournent le portrait du remplaçant de Joseph Kabila, en quête d’un défaut dans la cuirasse. Mais la moisson anti-Ramazani Shadary semble désespérément maigrichonne : l’ancien vice-premier ministre figure sur la liste des sanctions de l’Union Européenne … pour avoir violemment maté l’insurrection Kamwina Nsapu dans les provinces kasaiennes ; Ramazani-Shadary, croit-on révéler, serait parent de Mama Syfa, la génitrice de Joseph et Jaynet, et Zoé Kabila … Maigre.
Faute de mieux, les faiseurs d’opinion occidentaux, ceux de la RFI particulièrement, ont effectué le déplacement de Luanda en Angola le 14 août 2018, quérir des avis nuancés ou hostiles, à l’avance, au remplaçant de Joseph Kabila à la prochaine élection présidentielle. Après avoir passé près d’une semaine, depuis l’annonce de la candidature de Ramazani Shadary, à faire dire à tous spécialistes ès politiques en pays anciennement colonisés du continent que le choix de Joseph Kabila résultait des pressions bienveillantes occidentales.
Nul ne parvient, néanmoins, à alimenter conséquemment le panier à griefs contre Ramazani Shadary. Même pas l’Union Européenne qui, en frappant l’alors vice-premier ministre en charge de l’Intérieur d’interdiction se rendre en Europe, et de saisie de comptes bancaires, s’était lourdement gourée : « Je n’ai même pas un vélo en Europe », avait rétorqué à l’époque cet homme qui semble filer droit vers le top job tant convoité en RD Congo. Probablement parce qu’il n’a jamais recherché autre chose que servir … sans autre arrière-pensée que réussir ce qu’il entreprenait pour son pays.
Il en est ainsi de l’insurrection Kamwina Nsapu dans les provinces kasaiennes. Non seulement Ramazani Shadary y a mis un terme, mais il a aussi engagé l’ensemble des provinces mises sous coupe réglée par des terroristes et des bandits sans foi ni loi sur la voie de la paix et du développement. L’épopée kasaienne du candidat à la prochaine présidentielle s’est terminée en apothéose par l’organisation de la conférence sur la paix et le développement du Grand Kasai en septembre 2017. « Maintenant, il faut une conférence où les gens doivent se parler, se regarder dans les yeux pour qu’on se dise la vérité, pour qu’on dise plus jamais ce qui s’est passé dans l’espace kasaï pendant plusieurs mois, plusieurs semaines ne se reproduira et rétablir aussi les responsabilités. Nous allons réfléchir sur la paix et surtout la réconciliation », déclarait l’homme « sanctionné » par l’UE pour des opérations de rétablissement de la paix et de la sécurité dont les bénéficiaires, les déplacés kasaiens et les victimes des exactions, ne se plaignent pas, pourtant.
Les provinces kasaiennes, comme l’Ituri quelques mois plus tard, en proie au même type de terrorisme, compteront parmi les « bons combats » d’Emmanuel Ramazani Shadary. Mais ce ne furent pas les premiers engagements politiques de cet ancien de l’université de Lubumbashi. Celui que l’on tient à présenter comme parent de la mère du Chef de l’Etat (alors même qu’il y quelques années encore, d’aucuns refusaient à Joseph Kabila jusqu’à la qualité de fils de cette épouse de feu le Mzee Laurent-Désiré Kabila !) n’avait nullement attendu l’avènement des Kabila fils et père pour se mettre au service de la Nation. Ramazani Shadary est à l’origine de la mise sur pied et de la dynamisation de la société civile dans son Kabambare natal et dans la province du Maniema. C’était l’unique façon de s’activer politiquement en dehors du parti-Etat, sous la rude dictature du Maréchal Mobutu Sese Seko. Et l’ancien étudiant s’y illustra suffisamment pour être retenu délégué à la Conférence Nationale Souveraine au début des années ’90, et se faire adouber par la direction de l’UDPS comme président provincial de sa province d’origine, le Maniema. C’est en cette dernière qualité que Laurent-Désiré Kabila, lui aussi, se laisse convaincre par les qualités intrinsèques du jeune opposant, et lui confie les rênes de la même province.
La difficulté à trouver les défauts de la cuirasse chez Shadary, réside et résidera longtemps encore dans le fait qu’il s’est rarement mêlé de mauvais combats politiques …
J.N.

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