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ANNONCE LE 3 AOUT 2018 A LUBUMBASHI : Katumbi, retour impossible. Aucune démarche entreprise auprès des autorités aéroportuaires jusque jeudi soir.

Ses affidés en RD Congo, particulièrement Delly Sessanga et Kyungu wa Kumwanza, ont pourtant multiplié des prestations médiatiques pour annoncer son retour imminent au pays, dates heures d’arrivée à l’appui. Le dernier gouverneur de l’ex province du Katanga, Moïse Katumbi en a rajouté en confirmant ce retour « dans son pays » et le dépôt le 4 août 2018 de sa candidature à la présidentielle 2018 à Kinshasa. Seulement, ce ne sont pas les premières annonces du genre dans le camp du chairman katangais où l’on n’en est pas au premier coup d’essai. A l’examen, il ne semble pas que Moïse Katumbi ait jamais l’intention de revenir au pays, à tout le moins, si par pays on suppose des limites frontalières et une autorité établie, etc.
Jusqu’au 31 juillet 2018, à trois jours de la date prévue pour son retour via l’aéroport international de la Luano à Lubumbashi, le retour de Katumbi n’était pas encore acquis. Puisque José Makila, le vice-premier ministre chargé des Transports et voies de communication, le département dont relèvent les instances chargées de la gestion des aéroports en RD Congo, n’en était pas encore saisi officiellement. La demande de survol et d’atterrissage du jet de l’ancien gouverneur ne lui était pas encore parvenue. Le 1er août 2018, Delly Sessanga se répandait encore en conjectures dans la presse, arguant que la transmission de ce dossier ne requérait pas d’accusé de réception, et qu’en tout état de cause, il était disposé d’en faire parvenir copie au patron des Transports et voies de communication. L’attitude relevait du défi, un dépôt express du dossier à soumettre à l’examen des services techniques concernés (sans compter les services de sécurité) à quelques heures de l’arrivée annoncée de Katumbi relevait de l’imposture. « Tout se passe comme si les katumbistes sont persuadés d’avoir le droit de dicter volonté et ordre du jour aux autorités en place », se désole une source onusienne à Kinshasa, qui déplore la montée en flèche de tensions politiques en RD Congo l’espace de quelques jours. Mais il y a mieux ou pire que cela. Selon des sources crédibles contactées par Le Maximum jeudi 2 août dans la soirée, ni l’Autorité de l’aviation civile, ni, encore moins José Makila, n’avait reçu de demande d’atterrissage d’un quelconque aéronef pour ramener le dernier gouverneur de l’ex. Katanga en RD Congo. « On ne peut ni refuser ni autoriser une demande qui n’a jamais été reçue », affirme à nos rédactions une source aéroportuaire, confirmée par le cabinet du vice-premier ministre en mission de service en Angola dans la suite du Chef de l’Etat.
Une vaste comédie donc. Une de plus, de la part de cet acteur économique converti en mécène politique avant de planter ses pénates dans l’arène politique en RD Congo. Sa demande de retour dans « son pays », Katumbi ne l’a adressée qu’aux médias et pas aux autorités requises pour ce faire, et ainsi se présenter en victime de représailles du pouvoir en place.
Défis contre les pouvoirs publics
Il y a pire, en cette matière de défis lancés au pouvoir en place. La demande de survol et d’atterrissage du jet de Moïse Katumbi, largement diffusée sur les réseaux sociaux, est scandaleusement lacunaire, de l’avis de techniciens de l’aviation. Katumbi et ses hommes se dispensés de communiquer des informations indispensables à l’obtention de l’autorisation revendiquée : l’identité de la compagnie aérienne exploitante ou propriétaire de l’aéronef ; l’identité du ou des pilotes ; ainsi que l’aéroport de provenance de l’appareil. Tout semble être mis en œuvre pour dérouter les autorités aéroportuaires et politico-administratives sur ce dossier. Y compris la correspondance adressée au l’Autorité de l’Aviation Civile rd congolaise elle-même, qui est expédiée de Bruxelles (alors que Katumbi séjournerait dans une capitale africaine !) sans mention de l’adresse de l’expéditeur (réponse par courrier impossible, donc). Encore que la tâche de solliciter le survol et l’atterrissage incombe, non pas aux passagers de l’aéronef, mais au pilote (dans le cas d’un avion privé) ou à la compagnie propriétaire de l’aviation, expliquent des experts ès aviation civile cités par de Congopanorama. Cette exigence est incontournable pour des raisons de vérification, assurent ces sources. Le document similaire, accordée à Jean-Pierre Bemba Gombo qui a gagné Kinshasa mercredi 1er août 2018 a été sollicité et obtenu par Scibe Airlift, renseignent les mêmes sources.
Demande d’atterrissage lacunaire
La demande de survol et d’atterrissage d’un aéronef doit également préciser le plan de vol ainsi que l’aéroport de provenance pour permettre les vérifications d’usage par l’Autorité de l’aviation civile. De ce renseignement aussi, les katumbistes se sont passés allègrement, compromettant irrémédiablement le retour du plus que jamais candidat à la candidature à la présidentielle 2018. Probablement parce qu’ils n’ignorent pas le sort qui attend ce leader politique sur qui pendent plus d’un dossier judiciaire au pays, et dont la destination la plus sûre dans son pays est sans doute la prison. Interrogées par la presse le 2 août 2018 à Lubumbashi, les autorités policières ont affirmé qu’une ordonnance de prise de corps émise par la justice attendait Moïse Katumbi. Mais il y a plus que cette ordonnance, puisque selon toute vraisemblance, l’ex. gouverneur accusé de détention d’une double nationalité (italienne et rd congolaise) ne dispose pas de documents de voyage requis, et devrait se voir interpellé dès qu’il aura foulé le tarmac du premier aéroport venu en RD Congo. Jeudi dernier encore, Geert Devulder, ci-devant porte-parole de l’Office belge des étrangers, assurait que Katumbi était en séjour illégal dans son pays. « Son passeport reste pour le moment confisqué au niveau du procureur du Roi », a-t-il expliqué à la presse. Katumbi ne dispose donc pas de passeport de la RD Congo, le pays dont il revendique l’appartenance et le droit au retour.
Le retour de Moïse Katumbi en RD Congo ne peut donc être qu’un retour-rebelle.
J.N.

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