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ALLEGATIONS DE VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME : Tirs groupés sur le rapport Aranaz

Elles sont larguées de manière cyclique à l’approche de la période de renouvellement du mandat onusien en RD Congo, ces quasi condamnations du gouvernement pour violations diverses. Il y a quelques années, les viols, ceux perpétrés à l’Est du territoire national notamment, tenaient le haut du pavé. Au point de rendre éligible aux plus hautes distinctions honorifiques un médecin fistulier de l’hôpital de Panzi (Sud Kivu), le Dr Mukwege. « L’homme qui répare les femmes », selon le titre d’un film documentaire consacré à ses « prouesses » salvatrices se voit, depuis en sauveur du pays et cache mal des ambitions politiques dévorantes. Le fléau a, au grand dam de ceux qui en ont tiré profit d’une manière ou d’une autre, tari. Depuis notamment que le Président de la République a expressément commis une de ses conseillères, Mme Jeannine Mabunda, à la tâche. Demeurent encore, néanmoins, divers abus et violations des droits humains, inévitables dans un pays où des pans du territoire sont en proie à une insécurité chronique et où l’activisme politique se confond aux troubles de l’ordre public. C’est du pain béni pour les organisations non gouvernementales nationales et internationales, qui rapporte. Ce sont elles qui accouchent, avec une régularité d’horloge, des rapports d’autant plus accablants pour le gouvernement qu’en RD Congo, Ong signifie en fait organisation anti-gouvernementale.
Non pas que les rapports relatifs aux violations des droits de l’homme au pays de Patrice Emery Lumumba soient tous faux. Mais les grossissements des faits, trop courants, l’emportent finalement sur la vérité, et noient dans le discrédit des travaux qui auraient pu contribuer au changement des mentalités en matière de respect dû au genre humain. C’est manifestement le cas du dernier rapport rendu public le BCNUDH (Bureau Conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme) sur les événements du 19 décembre 2017 en RD Congo. Qui fait état de 40 personnes tuées par les forces de police et la garde républicaine lors de la répression de ces manifestations organisées par le RaSop (Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement) pour provoquer l’alternance au pouvoir en RD Congo. 40 personnes non autrement identifiées, 40 morts nullement documentées, contrairement à ce que prétendent les auteurs du rapport. « Lorsqu’on leur demande de donner des indications sur l’identité des victimes, les fonctionnaires onusiens évoquent le « principe de la confidentialité » pour ne pas en dire davantage. Cela empêche d’établir la véracité des faits allégués », explique au Maximum un expert du ministère de la communication et des médias, interrogé en marge du point de presse animé par le porte-parole du gouvernement jeudi 2 mars 2017.
A l’évidence, l’affaire énerve au plus haut point. Lambert Mende, le ministre de la communication et des médias et porte-parole du gouvernement y a consacré un point de presse exclusif. Ce n’était pas encore arrivé à Kinshasa. « Ce ne sont plus des dénonciations de violations des droits de l’homme, ce sont des condamnations cycliques et sans appels », déplore cet autre conseiller du même ministère, qui est convaincu que « les agences de la mission onusienne s’invente des motifs de prolongation ad infinitum de leurs mandats en RD Congo ». « 40 personnes tuées, cela signifie, dans le contexte africain, 40 deuils organisés. Un décès, le plus petit soit-il, ne passe pas inaperçu. Où a-t-on pleuré ces morts ? », se demande l’interlocuteur du Maximum.
Plusieurs jours avant le point de presse du jeudi 2 mars 2017, un autre membre du gouvernement avait déjà réagi aux accusations des services onusiens dirigés par José Maria Aranaz. Le 23 février dernier, Marie-Ange Mushobekwa, la ministre Badibanga des droits de l’Homme a répliqué au rapport Aranaz par des observations bien senties : 7 pages de réplique qui épousent le même plan que le rapport incriminé. Qui commence par rappeler que conformément à l’Accord de siège relatif à l’établissement à Kinshasa d’un Bureau des droits de l’homme signé en 1996, le BCNUDH a « un mandat d’appui à la RDC pour la promotion et la protection des droits de l’homme ». Pas un mandat de dénonciations unilatérales et cycliques, donc ; dénonce le fait que le rapport « gravite délibérément autour de la fin du deuxième mandat constitutionnel de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Joseph Kabila et à l’organisation de l’élection présidentielle ». « Ce postulat n’est correct au regard des informations ci-dessous bien connues de la Monusco et du BCNUDH », selon Marie-Ange Mushobekwa. Le ton est donné.
Le lecteur lira ci-contre le texte intégral de la communication du ministre de la communication et des médias du jeudi 2 mars 2017.
J.N.
POINT DE PRESSE DU GOUVERNEMENT JEUDI 02 MARS 2017

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