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ACTIVISME POLITIQUE OU DEFENSE DES DROITS HUMAINS ? Katende et son Asadho plus royalistes que le roi

Dans son communiqué N°008, Jean-Claude Katende, président de l’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, se disant inquiet « des obstacles que certains acteurs politiques mettent en œuvre pour torpiller le processus démocratique et électoral en République Démocratique du Congo » a appelé à de nouvelles sanctions ciblées contre les acteurs politiques congolais. Katende qui est un acteur politique proche de la mouvance « messianique » de l’UDPS n’a jamais fait mystère de son engagement aux côtés de cette dernière.
A la tête d’une association vouée en principe à la promotion et à la défense des droits humains, Jean-Claude Katende ne rate aucune occasion d’afficher ses couleurs. Il n’a jamais pris part aux discussions politiques directes entre la Majorité présidentielle, les différentes oppositions et branches de la société civile, il vient de sortir du bois à la faveur de la signature de l’arrangement particulier le 27 avril dernier au Palais du Peuple.
Dans un communiqué au vitriol rendu public le jeudi 4 mai, il est monté au créneau pour relayer les positions de l’aile du Rassemblement de l’Opposition favorable aux thèses de Félix Tshisekedi qui a séché la cérémonie de signature de l’Accord du 31 décembre pour protester contre la non désignation de ce dernier comme Premier ministre du gouvernement d’union pour la période préélectorale et électorale. « Depuis janvier 2015, la Majorité présidentielle ne cesse de multiplier des manœuvres dilatoires pour retarder l’organisation de l’élection présidentielle qui était prévue par la Constitution en décembre 2016 et par l’Accord politique du 31 décembre 2016 avant la fin de l’année 2017, et prolonger indûment le mandat du Président Joseph Kabila », lit-on dans le communiqué non signé distribué par Katende. Des termes qui reprennent mot à mot la rhétorique militante du Rassemblement de l’opposition aile Limete.
Alors que l’accord du 31 décembre 2016 sur lequel il appuie sa diatribe recommande « des démarches auprès des Etats et Organisations Internationales concernés en vue d’obtenir la levée des sanctions prises à l’encontre de certains compatriotes » (Chapitre V.I), Katende prend carrément le contrepied de cette volonté de décrispation des parties prenantes et invite carrément au Conseil de sécurité des Nations-Unies et à l’Union européenne de nouvelles sanctions ciblées contre des membres de la classe politique qui auraient, selon lui, « modifié et signé l’arrangement particulier sans le consensus de tous les délégués aux négociations de la CENCO » comme si l’objectif desdites sanctions d’imposer aux uns et aux autres un point de vue dont l’épiscopat congolais qui a rendu son tablier sans arriver de son propre aveu à mettre toutes les parties d’accord sur la totalité des matières en discussion serait porteur. Un non sens qui confond délibérément consensus et unanimité.
Mais le président de l’Asadho ne s’arrête en si bon chemin. Plus militant politique que jamais, il embraye à nouveau sur ce qu’il qualifie de « manœuvres dilatoires (qui) sont allées jusqu’à la répression violente des manifestants pacifiques qui réclamaient la convocation du corps électoral conformément à l’article 73 de la Constitution, en Septembre 2016, et le départ du Président Joseph KABILA à la fin de son mandat, en décembre 2016 (avec) plusieurs manifestants (…) tués à Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Bukavu….Après la fin du mandat du Président Joseph KABILA, le 19 décembre 2016 », tous contentieux ayant pourtant été vidés à la satisfaction des parties prenantes avant la signature de l’accord de la Saint Sylvestre.
Pour justifier son irrépressible mauvaise humeur de voir le strapontin de Premier ministre de la période préélectorale échapper à son candidat Félix Tshisekedi, l’avocat-politicien-droits-de-l’hommiste Katende se fait à la fois exégèse et interprétateur de la constitution de la RDC dont il feint d’ignorer les dispositions pourtant claires des articles 70 alinéa 2, 103 et 105 de la constitution de la RDC qui prévoit ‘expressis verbis’ qu’à la fin de leurs mandats, les institutions électives (Président de la République, Assemblée nationale, Sénat, Assemblées provinciales) restent en fonction jusqu’à l’installation des nouvelles institutions élues. Pour lui, c’est plutôt « l’implication de la CENCO (qui) a permis d’atténuer les tensions et d’obtenir la signature d’un accord politique qui prolonge le mandat des institutions publiques( Président de la République, Parlement et Assemblées provinciales) pour une année et prévoit l’organisation des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales avant la fin de l’année 2017 ». Décidément en rage, il accuse la classe politique (Majorité Présidentielle et opposition) d’avoir « multiplié les intrigues pour ne pas signer l’arrangement particulier, ce qui a conduit la CENCO à renoncer aux bons offices et à rendre son rapport au Président Joseph Kabila » et reproche amèrement au président Kabila d’avoir « contre toute attente (sic !), et alors que l’arrangement particulier n’était pas encore signé nommé Monsieur Bruno Tshibala, en violation de l’Accord politique et de la Résolution 23 48 du Conseil de Sécurité », ce qui, dans son entendement “ne met pas fin à la crise politique ». L’évidence de l’adhésion à l’arrangement particulier de toutes les personnes morales parties prenantes à l’accord du 31 décembre n’a pas refroidi les ardeurs militantes du sieur Katende qui n’y voit que malice : « tous les moyens notamment la corruption, le débauchage politique, l’opacité, ont été utilisés par la classe politique pour perturber le processus démocratique et électoral ». En guise de solution, son association « apolitique » qui se gargarise de son affiliation à la Commission Internationale des Juristes de Genève et à la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) ainsi que de son statut d’observateur auprès de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples basée à Banjul se dit « disposée à fournir une liste des personnalités de la Majorité Présidentielle et de l’opposition politique qui sont à la base de ce blocage pour qu’ils soient sanctionnés ». Pince sans rire !
JBD Shimuna

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