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A UN MOIS ET UNE SEMAINE DES ELECTIONS : Fuite en avant pour candidats poids mouche

Ils n’ont ni candidats députés nationaux, ni candidats députés provinciaux, ni candidats sénateurs : ils n’en veulent pas pour les autres
Profitant de la tourmente née de l’hécatombe politique de Genève le week-end dernier, 9 des candidats à la présidentielle 2018, les « poids mouche » ainsi qu’on les désigne à Kinshasa en raison de leur représentation populaire quasi nulle, sont remontés au créneau. Mercredi 14 novembre, les 9 ont publié un communiqué annonçant leur projet (déjà annoncé !) de saisir les instances compétences aux fins d’obtenir la radiation du candidat à la présidentielle du Front Commun pour le Congo (FCC) à la présidentielle de décembre prochain. Et ainsi, de demeurer seuls en lice dans la course au top job en RD Congo. « La sortie médiatique des poids mouche a quelque chose d’enfantin », commente cet étudiant en droit de l’Université Catholique de Kinshasa. Mais ainsi se caractérise la classe politique en RD Congo, depuis des lustres. La prestation du mercredi dernier devant les caméras des télévisions et les micros des radios avait l’air d’une plaidoirie d’avocaillon extraite de la salle d’audience d’un tribunal au fond de l’immense RD Congo. Et la partition exécutée par Théodore Ngoy, un avocat patron d’une église de réveil à Kinshasa et d’un parti politique dont il est, devant Dieu et les hommes, le seul candidat jamais élu … à la députation nationale. L’exploit remonte aux toutes premières élections libres et démocratiques organisées en 2006. « Appelons, sur fondement des dispositions des articles 5 et 64 de la constitution, le peuple congolais à s’opposer par tous les moyens notamment par des manifestations publiques, à la parodie d’élections tendant à lui imposer d’être dirigé par un Président de la République, des Sénateurs et des Députés irrégulièrement élus. Réaffirmons avec force le rejet de l’usage de la machine à voter et exigeons le nettoyage du fichier électoral. S’agissant de l’utilisation des services publics et du personnel de l’Etat au service de la propagande du pouvoir sortant, décidons de saisir l’institution compétente, par requête en radiation du candidat du FCC. », a-t-il plaidé.
Le groupe des 7 se rabat sur le groupe des 9
Dans la foulée du désarroi qui s’incruste dans les rangs de l’opposition depuis l’échec de Genève, des représentants du groupe des 7 leaders de l’opposition qui ont échoué à présenter une candidature commune acceptable par tous le week-end dernier ont prêté assistance au groupe des. Le MLC Jean-Pierre Bemba, le G7 Moïse Katumbi et le Nouvel Elan Adolphe Muzito ont été représentés à la prestation de Théodore Ngoy et Cie. Une présence qui leur a rapporté une promesse d’élargissement de l’unité des adversaires des scrutins de décembre prochain. « Nous appelons à l’unité de l’opposition en vue de défendre et de soutenir des élections libres, démocratiques, transparentes le 23 décembre 2018, sans la machine à voter, sans le fichier électoral corrompu », a ponctué Théodore Ngoy, annonçant le dépôt d’une requête en radiation de la candidature d’Emmanuel Ramazani Shadary dans les jours à venir.
En face, dans le camp du Chef de l’Etat sortant, tout à la préparation de la compétition électorale de décembre prochain, les kabilistes ne prennent pas au sérieux les menaces des candidats poids mouche, même renforcés par le corps expéditionnaire helvétique. Interrogé par la presse, Lambert Mende Omalanga a qualifié ces accusations de blague de mauvais goût : « en droit, il faut apporter les preuves de ses accusations », explique-t-il.
J.N.

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