L’Inspection générale des finances (IGF) intensifie son offensive en faveur de la modernisation du contrôle public en République démocratique du Congo. À la tête d’une délégation à Bruxelles, Christophe Bitasimwa et ses collaborateurs ont été reçus, mercredi 23 septembre, au siège de l’Agence belge de développement et de coopération internationale (ENABEL) pour des échanges consacrés à l’implémentation du contrôle systémique.
Accueillie par Michel François, directeur régional chargé du suivi des activités d’ENABEL en Afrique centrale et australe, la délégation congolaise a placé au cœur de la rencontre une ambition : faire évoluer les méthodes de contrôle afin de les aligner sur les exigences d’une administration publique moderne.
Cette nouvelle approche vise notamment à s’appuyer sur les données produites par les différents organes contrôlés. L’idée est de disposer d’une vision plus globale et plus précise des risques, grâce à la consolidation des informations en temps réel.
Christophe Bitasimwa a expliqué que les données collectées devront être intégrées dans une base permettant leur traitement et leur analyse. À partir de cette exploitation, l’IGF prévoit d’élaborer une cartographie des risques, en vue de mieux planifier les missions de terrain. L’approche ambitionne aussi de privilégier des contrôles plus ciblés, tout en réduisant les interventions jugées indiscriminées.
À terme, le contrôle systémique doit permettre d’obtenir des résultats plus rapides, mais surtout de renforcer la capacité de l’administration à identifier et prévenir certains risques avant qu’ils ne se matérialisent.
Les représentants d’ENABEL se sont montrés intéressés par cette vision. Gilles Oddos, chef de projet chargé de l’appui à la gouvernance financière et stratégique en RDC, ainsi que Charles Corse, expert en finances publiques basé au COREF en RDC, ont également pris part aux échanges par visioconférence.
À l’issue de la séance, ENABEL a exprimé sa disponibilité à accompagner le projet de l’IGF relatif à l’implémentation du contrôle systémique, avec un appui possible sur les plans techniques et financiers.
Pour l’IGF, cette évolution répond à une nécessité : rompre avec des pratiques traditionnelles qui ne correspondent plus aux attentes d’une administration en pleine modernisation.
La transformation envisagée place ainsi la donnée au centre du dispositif : collecter, centraliser, analyser et exploiter les informations disponibles afin de mieux comprendre la réalité des administrations, repérer les zones de vulnérabilité et orienter les interventions sur la base des risques.
Cette mutation est indissociable de la digitalisation de l’administration publique.
Selon Christophe Bitasimwa, la digitalisation n’est plus une simple option, mais une obligation, appelée à accélérer l’émergence d’une administration plus performante.
ENABEL, de son côté, dispose déjà d’une expérience d’accompagnement de plusieurs initiatives liées à la gouvernance financière en RDC, notamment auprès de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) et de la Direction générale des Impôts (DGI).
La rencontre du 23 septembre à Bruxelles pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans la recherche de partenariats visant à soutenir la transformation du contrôle public en RDC. À travers le contrôle systémique, l’IGF entend désormais passer d’une logique principalement réactive à une démarche fondée sur la donnée, l’analyse des risques et l’anticipation.
Le Maximum