Le gouvernement congolais resserre le contrôle sur les activités minières au Sud-Kivu. Une mission a été dépêchée dans cette province examine la situation des opérateurs actifs à Shabunda, Mwenga, Fizi, Baraka et Uvira. Les autorités veulent distinguer les entreprises régulièrement établies des structures qui travaillent en marge de la loi et renforcer la traçabilité des minerais jusqu’à leur commercialisation.
Les opérateurs actifs dans plusieurs territoires et villes de la province sont appelés à présenter les éléments permettant de vérifier leur situation. La démarche s’inscrit dans la volonté du gouvernement de remettre de l’ordre dans une activité qui touche à la fois les recettes publiques, la protection de l’environnement, les intérêts des communautés et la sécurité nationale.
Une mission comprenant notamment des députés nationaux élus du Sud-Kivu a déjà été dépêchée sur le terrain. À la suite de ses travaux, le ministre des Mines Louis Kabamba Watum a convoqué les exploitants concernés à des séances de travail consacrées à l’examen de leurs activités. Shabunda, Mwenga, Fizi, Baraka et Uvira figurent parmi les zones retenues pour cette opération.
Les opérateurs devront notamment établir leur conformité sur les plans juridique, minier, fiscal, environnemental et social. Ils sont également appelés à fournir les documents permettant de retracer l’origine des substances exploitées et le parcours suivi par les minerais jusqu’à leur mise sur le marché. Le ministère entend ainsi mieux connaître les acteurs présents dans la chaîne, leurs responsabilités et les conditions dans lesquelles les ressources sont extraites et commercialisées.
L’attention porte particulièrement sur les structures qualifiées d’«entreprises mallettes». Derrière cette appellation, les autorités visent des entités dont l’existence, l’organisation ou le fonctionnement ne présenteraient pas les garanties requises par la législation congolaise. Le contrôle doit permettre de séparer les opérateurs qui remplissent leurs obligations de ceux qui utilisent des montages irréguliers pour exercer dans le secteur.
À l’issue de la mission, un rapport devra établir la situation de chaque entreprise examinée. Ce document servira de base aux mesures que les autorités compétentes pourraient prendre contre les personnes physiques ou morales qui ne respectent pas les règles en vigueur. La procédure ne se limite donc pas à une vérification de documents. Elle doit également permettre d’identifier les responsabilités et de déterminer les suites à réserver aux éventuels manquements.
Pour le ministère des Mines, l’enjeu dépasse la seule régularisation administrative. Il s’agit de renforcer la gouvernance du secteur et d’améliorer la transparence des opérations et de protéger les intérêts de l’État et des communautés locales. Les ressources minières ne peuvent contribuer au développement national si elles échappent au contrôle des institutions ou si leur exploitation se fait au détriment des populations établies dans les zones concernées.
Par cette mission, le gouvernement entend également améliorer le suivi de la chaîne de commercialisation. Une meilleure traçabilité doit permettre de connaître l’origine des minerais, de limiter les circuits clandestins et de s’assurer que les produits extraits du sol congolais sont commercialisés dans le respect des procédures. Cette exigence revêt une importance particulière au Sud-Kivu, où l’activité minière s’exerce dans un environnement marqué par des enjeux économiques et sécuritaires sensibles.
La démarche engagée par Louis Watum qui s’inscrit dans le respect des orientations du président Félix Tshisekedi et sous la coordination de la première ministre Judith Suminwa, traduit également la volonté de l’exécutif de faire respecter les normes applicables à tous les acteurs, sans distinction. Les entreprises en règle doivent pouvoir poursuivre leurs activités dans un cadre clairement défini, tandis que celles qui travaillent en dehors de la loi devront répondre de leurs actes.
FIDEL SONGO