La RDC demande à la communauté internationale de revoir sa manière d’aborder la transition énergétique mondiale. Intervenant lundi 14 juillet à la réunion de haut niveau des Nations unies consacrée aux minéraux critiques, la ministre d’État aux Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner a plaidé pour une industrialisation des pays producteurs, estimant que les richesses minières doivent désormais profiter davantage aux économies locales.
Elle a soutenu que la transition énergétique ne pourra être qualifiée de juste que si elle favorise également le développement des pays qui fournissent les minerais indispensables aux nouvelles technologies. «La véritable question n’est plus seulement de savoir d’où proviennent les minéraux critiques, mais où demeure la valeur qu’ils créent», a-t-elle déclaré devant les membres des Nations unies.
La RDC ambitionne ainsi de devenir un pôle africain de référence dans la transformation industrielle des minerais critiques et, pour atteindre cet objectif, le gouvernement envisage de renforcer les investissements dans les infrastructures, l’énergie, la recherche, les nouvelles technologies ainsi que la formation des compétences locales. Il plaide également pour une modernisation de l’exploitation artisanale afin que les communautés bénéficient davantage des retombées du secteur minier.
La ministre est également revenue sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, a dénoncé l’exploitation illicite des ressources naturelles qu’elle considère comme l’un des principaux facteurs de financement des groupes armés et d’instabilité dans la région.
Quant au site minier de Rubaya, Thérèse Kayikwamba a rappelé les conclusions du groupe d’experts des Nations unies faisant état d’un important trafic de coltan vers le Rwanda après la prise de contrôle de la zone par le M23. «L’exploitation illégale des ressources naturelles affaiblit l’autorité de l’État, porte atteinte à la souveraineté nationale et accompagne les violations de l’intégrité territoriale», a-t-elle soutenu, avant d’exprimer les regrets du gouvernement sur le fait que malgré les preuves de sa présence sur le sol congolais et documentées par les experts de l’ONU, la Force de défense rwandaise n’est toujours pas sanctionnée. Une situation qui, selon elle, révèle les limites du dispositif international actuel en matière de gouvernance des ressources naturelles.
La ministre a également appelé les partenaires internationaux à aller au-delà de l’approvisionnement en matières premières en soutenant la transformation locale, le transfert de technologies, le financement, le développement des infrastructures et l’accès des pays producteurs aux marchés internationaux.
Pour la RDC, a-t-elle soutenu, le succès de la transition énergétique mondiale ne devrait pas uniquement être évalué à travers la production de batteries ou des véhicules électriques, mais aussi à l’amélioration des conditions de vie, de la sécurité et de la prospérité des populations vivant dans les pays riches en ressources minières.
FIDEL SONGO