Présentées par le Rwanda comme l’une des causes profondes de l’instabilité qui sévit dans l’Est de la RDC depuis 1996, les présumées «attaques ciblées» contre les Tutsi du Kivu n’ont pas été corroborées par les experts de l’ONU.
Le Groupe d’experts de l’ONU sur la République démocratique du Congo, dit n’avoir pas documenté d’assassinats ciblés de civils Banyamulenge.
«Selon plusieurs sources, les autorités gouvernementales, notamment le président congolais, Félix Tshisekedi, auraient donné pour consigne aux membres des Wazalendo de ne pas s’en prendre aux civils, en particulier aux Banyamulenge», lit-on dans ce rapport onusien, qui précise que les FARDC ont pris sous leur protection les 31 familles Banyamulenge qui se trouvaient à Uvira.
Le Rwanda et l’AFC-M23 accusent régulièrement les FARDC (armée congolaise) et la FDNB (armée burundaise) de mener une campagne d’extermination « préméditée, systématique et ciblée » de la population Banyamulenge, notamment en menant des bombardements aériens sur des zones densément peuplées.
Bien que la population civile des Hauts Plateaux ait été exposée à des risques importants du fait des hostilités en cours, cette affirmation martelée à plusieurs reprises n’a pas été étayée par les experts de l’ONU qui précisent qu’il n’existe pas d’éléments de preuve pour permettre de conclure que la population Banyamulenge a été prise pour cible intentionnellement.
Selon l’ONU, avant son retrait d’Uvira en janvier 2026, l’AFC/M23 avait ordonné à la communauté Banyamulenge de quitter la ville, affirmant que les Wazalendo et les FARDC les prendraient pour cible une fois de retour dans cette deuxième agglomération du Sud-Kivu.
Cet ordre, expliquent les enquêteurs onusiens, a donné lieu à des allégations, émanant notamment de certains membres de la communauté Banyamulenge, selon lesquelles ce déplacement leur aurait été imposé dans le but d’accréditer l’existence d’une menace génocidaire visant leur communauté.
Pascal Lookolo