La voix de la RDC a retenti avec une force singulière dans les travées de l’Africa Forward Summit à Nairobi (Kenya). Prenant part à la session plénière de haut niveau consacrée aux enjeux de paix et de sécurité, Kinshasa a, sans ambages, sonné le tocsin pour une refondation chirurgicale de la gouvernance mondiale. Un plaidoyer porté avec une détermination qui ne laisse place à aucune équivoque, au nom d’un multilatéralisme qui se veut enfin juste et efficace.
Tout en dénonçant les limites d’un système hérité de l’après-guerre et de plus en plus contesté, la RDC se nourrit d’un désir ardent de voir le continent africain être replacé au cœur des grandes décisions internationales dans tous les salons.
Multilatéralisme
D’entrée de jeu, les représentants congolais ont soutenu que le multilatéralisme ne saurait demeurer prisonnier des équilibres géopolitiques du passé. Dans un contexte mondial marqué par de profondes mutations diplomatiques et sécuritaires, Kinshasa estime qu’une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies devient non seulement urgente, mais surtout incontournable.
L’objectif poursuivi est de passer d’une gouvernance d’héritage à une gouvernance fondée sur l’équité et la représentativité des peuples. Une perspective qui fait croire à la RDC que la réforme du Conseil de sécurité ne constitue nullement une faveur accordée à l’Afrique, mais bien une condition essentielle pour préserver la crédibilité des institutions internationales.
S’appuyant sur le consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, Kinshasa rappelle que le continent africain revendique deux sièges permanents assortis de tous les privilèges, y compris le droit de veto tant que celui-ci restera d’application.
Sécurité, santé et
environnement
Abordant la question sécuritaire, la RDC a également dénoncé ce qu’elle qualifie de silence préoccupant face aux atrocités de masse perpétrées dans certaines régions du monde.
Victime d’une agression rwandaise qui perdure depuis près de trois décennies, Kinshasa estime que la communauté internationale ne peut continuer à être paralysée par des mécanismes institutionnels devenus inadaptés face aux crimes de guerre et aux actes de génocide.
À cet effet, Kinshasa soutient avec fermeté la limitation de l’usage du droit de veto dans les situations d’atrocités de masse. Car, pour les autorités congolaises, le veto doit servir à protéger la paix internationale et non à entretenir l’impunité.
Sur le volet social, la délégation congolaise a présenté les réformes engagées dans le secteur sanitaire sous le leadership du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. Parmi lesquelles figure la couverture santé universelle, véritable pilier de la politique sociale du chef de l’État, soutenue par un investissement de plus de 42 millions USD.
À cela s’ajoutent la Taxe de Promotion de la Santé (TPS), destinée à mobiliser au moins 150 millions USD, ainsi que l’Assurance Maladie Obligatoire fondée sur une contribution solidaire de 2,5 % sur les salaires.
Enfin, au cours du panel consacré aux questions environnementales, la RDC a réaffirmé son statut de «pays-solution» face aux défis climatiques mondiaux.
Grâce à ses vastes forêts tropicales, ses tourbières stratégiques, ses minerais critiques ainsi que son immense potentiel hydroélectrique, la RDC assume fièrement son rôle d’acteur incontournable de la transition énergétique mondiale. Une vocation que Kinshasa déclare n’être ni d’un slogan diplomatique ni d’un simple argument politique, mais plutôt d’une responsabilité historique que le pays entend assumer pleinement dans le concert des nations.
FIDEL SONGO