Le ministre des Finances a suspendu le DG du Bureau Central de Coordination (BCEco). L’information a été annoncée samedi 7 mars dernier. Sans donner beaucoup de détails, Doudou Fwamba reproche à Jean Mabi Mulumba, une «gestion catastrophique et prédatrice» de cette agence d’exécution des projets de développement en RDC.
Quelques faits saillants clouent au pilori le fils de l’ancien premier ministre Evariste Mabi Mulumba, notamment la surfacturation. Par exemple, à Kananga, Jean Mabi aurait facturé 28 kilomètres la réhabilitation de l’avenue Lulua, partant de l’aéroport de Lungandu jusqu’à Notre-Dame dans la commune de Katoka, alors que la distance réelle de ce tronçon est de 11Kms, soit un surplus de 17 Kms.
Ce surplus multiplié par 1 million USD par Km reconnu généralement dans les calculs simples de construction des routes, Jean Mabi aurait empoché, évidemment pas seul, 17 millions USD.
Autre reproche à Jean Mabi Mulumba, la gestion du fameux et hypothèque projet «Metrokin» dont le BCEco s’est avéré une «banque» de financement. Plus de 20 millions seraient sortis dans une opacité sans résultat concret sur le terrain.
En effet, dans ce projet porté par la ville de Kinshasa sous Gentiny Ngobila estimé à 250 millions USD dans sa première phase, Jean Mabi a décaissé, selon l’accusation, au moins 50 millions USD prétendument pour indemniser les victimes de l’expropriation le long des rails ainsi que les membres du comité de libération des emprises publiques.
Curieusement, ce projet qui, dans sa première phase devait en principe s’achever fin décembre 2024, patauge sérieusement. Ngobila est parti, laissant à son successeur toutes les tares de ce projet dont les craintes de sa réalisation avaient été manifestées dans la presse dès son annonce, au regard notamment des difficultés d’ordre énergétique pour le bon fonctionnement de ce moyen des masses.
Il faut rappeler que c’est sur base du rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) sous Jules Alingete Key bien documenté, que Doudou Fwamba a frappé le fils le fils de l’ancien premier ministre Mabi Mulumba.
Certains médias rapportent que dimanche 08 mars, le DG du BCCO a déclaré n’avoir «aucun commentaire à faire à ce stade». Cependant, il est possible que, selon les mêmes sources, que Jean Mabi pourrait être inquiété sous peu à ce sujet et sur bien d’autres dossiers liés au Programme de développement local à la base des 145 territoires (PDL-145T).
JM