Deux mois après la fermeture officielle du Stade des Martyrs de la Pentecôte, infrastructure emblématique du sport congolais, rien ne laisse encore entrevoir le début des travaux annoncés par les autorités. Cette paralysie de chantier alimente frustrations et interrogations auprès des supporters, des clubs et des observateurs sportifs.
Fermé sur décision ministérielle pour raison de travaux de mise en conformité exigés par les instances sportives internationales, le stade, avec ses 80.000 places, devrait accueillir une série de réhabilitations profondes destinées à remettre l’enceinte aux normes de la FIFA et de la CAF.
Mais, plus de huit semaines après l’annonce, aucune activité tangible de réhabilitation n’est visible sur le site. Les promesses répétées du gestionnaire du stade, Me Dadou Ethambe, qui annonçait à plusieurs reprises un démarrage des travaux le 10 janvier, n’ont pas été suivies d’effet, laissant planer un voile d’incertitude sur la suite du dossier.
La décision prise par le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, s’inscrivait dans un contexte tendu après la suspension du stade par la CAF en raison de son état jugé non conforme.
Officiellement, la mise sous verrou du stade devait donner lieu à des inspections techniques, aux travaux de maintenance structurante et à une modernisation des installations, afin d’anticiper les engagements internationaux des Léopards et d’autres formations sportives.
Cependant, sur le bitume du boulevard Triomphal qui borde l’enceinte, le paysage reste celui d’un stade désert, au cœur des discussions et des critiques :
«Deux mois sans rien voir. On nous annonce des travaux depuis le début de l’année, mais sur le terrain… rien», s’agace un supporter.
Dans le même temps, plusieurs sources évoquent des lenteurs administratives et des difficultés de mobilisation des moyens requis pour lancer effectivement les travaux. À ce jour, aucun calendrier officiel détaillé, ni publication des marchés ou des entreprises retenues n’a été rendu public.
En l’absence d’informations qui crédibilisent, des rumeurs enflent autant que des suspicions abondent, notamment quant à l’allocation des fonds dédiés à ce projet. Les autorités n’ont jusqu’ici fourni aucune clarification sur les budgets, les procédures ou les échéances.
Face à cette situation, les acteurs du football congolais et les supporters demandent des explications claires.
Pourquoi la fermeture du stade s’est-elle prolongée sans démarrage des travaux ?
S’agit-il d’un simple retard organisationnel ou d’un problème structurel de gestion des projets publics ?
Pour l’instant, ni le ministère des Sports, ni le comité de gestion du Stade des Martyrs n’ont communiqué de mise à jour substantielle sur ces points, plaçant le dossier au cœur d’une préoccupation nationale pour la communauté sportive et les citoyens.
Entre temps le football a Kinshasa est en pause car le stade Tata Raphaël est aussi fermé.
Didier MBOKANDJA