La justice congolaise a livré un verdict lourd de sens dans une affaire qui secoue l’appareil judiciaire.
La Cour d’appel du Haut-Katanga siégeant à Lubumbashi a rendu sa décision dans un dossier impliquant trois magistrats en fonction à la Cour d’appel de Kalemie, reconnus coupables de corruption aux côtés d’un opérateur économique de la place.
Les magistrats concernés, Zantoko Mayikila Hervé, Mbele Lalo Christophe et Asanga Kabalo Raphaël, ont été jugés aux côtés du commerçant Kafwimbi Kiwele Joseph. À l’issue du procès, la juridiction a établi leur responsabilité pénale, mettant ainsi fin à plusieurs semaines de spéculations autour de cette affaire sensible.
Dans le détail, Zantoko Mayikila et Mbele Lalo ont été condamnés chacun à «36 mois soit 3 ans de servitude pénale principale». Asanga Kabalo Raphaël a écopé quant à lui de «15 mois de prison», tandis que le commerçant Kafwimbi Kiwele a été condamné à «24 mois, soit 2 ans de servitude pénale». Ces peines traduisent, selon les observateurs, la gravité des faits qui leur sont reprochés.
Au-delà des sanctions pénales, la Cour a tenu à renforcer le caractère dissuasif de sa décision. Des mesures complémentaires ont été prononcées afin de préserver l’intégrité de la justice et prévenir toute récidive au sein des institutions judiciaires.
Ainsi, les condamnés sont frappés par «de lourdes interdictions civiles et professionnelles, dont la perte des droits civiques et l’exclusion des fonctions publiques et des marchés publics pendant 5 ans». Une décision qui les écarte durablement de toute responsabilité officielle.
Cette décision avait été qualifiée de «non conforme aux prescrits de la loi» par le ministère public, qui soupçonnait un acte de corruption impliquant les magistrats. L’ouverture d’une enquête judiciaire a conduit au procès actuel et aux condamnations prononcées.
En réaction mardi 27 janvier, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a souligné que «poursuivis pour faits de corruption, dans un procès de tentative de viol ayant abouti à l’aménagement de la peine en violation de la loi, trois hauts magistrats ainsi que le commerçant corrupteur ont tous été condamnés à des peines de servitude pénale principale», estimant que «ces peines fermes marquent une avancée majeure dans la lutte contre la corruption, l’impunité et le règne des intouchables».
Les faits à l’origine de ce dossier remontent à décembre 2025. À cette date, le commerçant Kafwimbi Kiwele faisait l’objet des poursuites pour tentative de viol sur sa belle-fille. Après un acquittement en première instance, la Cour d’appel de Kalemie avait prononcé une peine jugée clémente, à savoir «six mois de servitude pénale, assortis d’une assignation à résidence».
OP