L’Union africaine (UA) intensifie son action diplomatique pour la paix en République démocratique du Congo. L’organisation a lancé un nouveau dispositif de médiation. Annoncée lundi 19 janvier à l’issue d’une réunion de haut niveau tenue la semaine dernière à Lomé (Togo), selon le communiqué, cette initiative reflète la volonté de l’organisation continentale de mettre en place un cadre plus structuré pour soutenir les efforts de stabilisation dans l’Est de la RDC et dans toute la région des Grands Lacs.
À travers ce mécanisme repensé, l’UA chercherait avant tout à améliorer la coordination de l’action africaine face à une crise sécuritaire et humanitaire persistante. Depuis plusieurs années, les violences armées, l’instabilité chronique et les déplacements massifs de populations continuent de peser lourdement sur des millions de civils, en particulier dans les provinces orientales du Congo, rendant indispensable une réponse collective plus cohérente.
Le nouveau dispositif repose sur une médiation pilotée directement par l’Union africaine. À sa tête, un médiateur principal a été désigné afin d’assurer une direction politique claire et centralisée du processus. Cette approche vise à éviter la dispersion des initiatives et à renforcer la crédibilité du cadre africain de résolution des conflits.
Le choix de confier ce rôle à Faure Gnassingbé, président du Conseil togolais, s’inscrit dans cette logique. Il agit avec l’appui du ministère togolais des Affaires étrangères et de la présidence togolaise, offrant ainsi un ancrage institutionnel solide à la médiation et une capacité de dialogue renforcée avec les différents acteurs régionaux.
Autour du médiateur principal, l’UA a constitué une équipe de co-facilitateurs composée d’anciens chefs d’État africains. Cette configuration permet d’aborder le processus de paix de manière globale, en traitant simultanément les dimensions militaires, humanitaires, politiques, économiques et sociales qui alimentent la crise congolaise.
Les cinq anciens chefs d’État africains jouent le rôle de co-facilitateurs, chacun supervisant un domaine spécifique :
–Olusegun Obasanjo se concentre sur les questions militaires et de sécurité ;
–Sahle-Work Zewde est responsable des aspects humanitaires ;
–Uhuru Kenyatta mène le dialogue avec les groupes armés locaux ;
–Mokgweetsi Masisi se charge de la coopération économique régionale ;
–Catherine Samba-Panza s’occupe des questions liées à la société civile, à la réconciliation nationale et à l’inclusion des femmes dans le processus de paix.
Pour assurer le suivi opérationnel et la cohérence des actions, un secrétariat conjoint indépendant a été mis en place. Il réunit le Togo, l’Union africaine, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Cette structure est chargée de veiller à la continuité du processus et à la complémentarité des initiatives régionales.
La dimension internationale du dispositif est coordonnée par la Commission de l’Union africaine, en lien avec plusieurs partenaires clés, notamment les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne et les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. En combinant leadership africain et appui international, l’UA espère créer les conditions d’une solution durable à la paix en RDC.
CB