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Kinshasa : l’écosystème chaotique qui tue

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Le gouvernement central et la ville-province de Kinshasa n’en font manifestement pas assez pour rendre la capitale rd congolaise viable et attractive. Les chaussées et les trottoirs jonchés de nids-de-poule et de détritus sont envahis par des nuées de colporteurs informels revendiquant une sorte de ‘’droit à des revenus financiers’’ pour justifier l’empiètement illicite des emprises publiques. Les marchés-pirates, gargotes et garages de fortune obstruent le moindre espace public, au grand dam des usagers.

Une pagaille indescriptible s’observe sur les artères, avenues et boulevards, suscitant une angoissante impression d’étouffement.

L’impuissance des représentants des pouvoirs publics a fini par octroyer à cette cohue un statut d’attribut culturel dans l’univers mental de la plupart des Congolais. Dans cette chienlit généralisée, l’ordre relève de l’exceptionnel : bandes de circulation, feux de signalisation, priorités, limitation de vitesse ou du poids à l’essieu sont relégués aux oubliettes comme des anachronismes.

L’aménagement calamiteuse des espaces urbains (érection d’immeubles sur des sites non aedificandi) se paye cash par des glissements tragiques de terrain et des érosions qui défigurent la ville et réduisent à la portion congrue les superficies utiles. 

Ville impure et cruelle

Dans sa livraison du 30 décembre dernier consacrée aux dysfonctionnements qui démantèlent notre capitale, le site enquetenews.info a affiché une revue désabusée des maux qui anéantissent les perspectives d’émergence et de développement de la République Démocratique du Congo dont Kinshasa est le miroir. «Ce matin  comme tant d’autres, plus d’une heure immobile dans les embouteillages irrationnels de Kinshasa. Le moteur chauffe, les klaxons s’épuisent, le temps se dissout. Et je pense à ‘’La Ville cruelle’’ d’Eza Boto (Mongo Beti)», peut-on lire en liminaire de cette chronique. Une allusion à l’œuvre majeure du célèbre écrivain et intellectuel engagé camerounais qui s’était voué jusqu’à sa mort en 2001 à la lutte contre le colonialisme et le néocolonialisme.

L’auteur de l’article attire l’attention sur la symétrie entre l’amère désillusion face à l’oppression coloniale décrite dans la fiction léguée à la postérité par Mongo Beti (alias Eza Boto) et le désarroi du Congolais lambda face au déficit de l’ordre public dans notre mégapole. Une situation provoquée, note-t-il, par «une gouvernance de la ville qui a renoncé à la raison de la gouverner, sauf au pouvoir de l’exploiter». A raison, il compare une ville à un corps humain disposant en propre de «ses organes, ses nerfs, ses poumons et ses voies de circulation sanguine qui sont des veines. Quand les veines se bouchent, le corps souffre. Quand elles se ferment, le corps meurt. Kinshasa est en train de faire un infarctus à ciel ouvert sous le regard du monde entier. Ses artères sont saturés, ses capillaires rompus, son sang (le peuple en mouvement) n’arrive plus à irriguer la ville. Ce n’est pas seulement une question de circulation : c’est une crise vitale qui appelle l’intervention d’un ‘’cardiologue de la ville’’».

Une thérapie de choc

Abordant la médication idoine pour redorer le blason terni de la ville de Kinshasa, l’article note que cette dernière a «besoin d’un gestionnaire d’urgence qui sache écouter le cœur urbain, lire les flux, comprendre les rythmes et diagnostiquer avant qu’il ne soit trop tard, pas d’un faiseur de promesses ». L’auteur ajoute néanmoins que même si le temps presse pour éviter une issue fatale, il n’est pas encore trop tard pour administrer une cure efficiente à la métropole moribonde. Il se fend néanmoins d’une mise en garde pathétique. « Kinshasa ne guérira jamais de ses affections  par des slogans. Elle ne se pensera pas avec des discours. Elle ne se réparera pas uniquement avec de la politique car la politique ne possède ni les outils, ni la rigueur, ni la patience nécessaires pour établir un diagnostic rationnel de ce corps urbain désagrégé », signale-t-il avant de préciser que si la politique administre, elle ne guérit pas. Et que Kinshasa doit « être repensée avec d’autres langages : avec les mathématiques, pour mesurer et prévoir ; avec la géométrie, pour réorganiser l’espace ; avec la géographie, pour respecter le relief, les eaux, les sols ; avec la sociologie, pour comprendre les usages réels, les déplacements vécus ».

A quoi sert une ville ?

Question fondamentale : à quoi donc sert une ville sinon à permettre une vie confortable pour ceux qui y habitent ? « Kinshasa ne mérite pas d’être cette ville cruelle qu’elle est devenue, qui use les corps, vole les heures, épuise les existences avant même qu’elles ne commencent », écrit enquetenews.info en réminiscence au drame de nombreuses femmes  enceintes qui enfantent des mort-nés dans d’inextricables embouteillages sur la route de la maternité.                                                                                           

La réponse à cette équation embrouillée existe. Elle n’est ni magique ni idéologique. Elle requiert du savoir, de la méthode et surtout du courage intellectuel et politique. « Il faut traiter la ville comme un organisme vivant, non comme un champ de bataille ou un butin à accaparer ou à partager. Kinshasa attend encore son médecin. Son cœur bat encore, avant la grande crise, la paralysie totale », suggère-t-il.

Le désordre, un attribut culturel ?

A l’évidence, Kinshasa est une ville non – ou mal – gérée ; un capharnaüm où les conducteurs empruntent gaillardement les bandes en sens inverse sous le regard débonnaire d’une police routière plus prompte à négocier les pots-de-vin auprès des automobilistes qui tombent sous leurs griffes. Les motards n’ont que faire des feux de signalisation. Les piétons ignorent les passerelles érigées à grand frais pour leur assurer une mobilité plus confortable sur le boulevard Lumumba à huit bandes de circulation qui traverse Kinshasa d’Est en Ouest à cause de l’insécurité et de l’insalubrité qui ont élu domicile au sein de ces infrastructures.

La responsabilité de ce chaos est partagée entre le pouvoir central, la province et les populations kinoises elles-mêmes. Pour autant, la charge de ce fouillis pèse primordialement sur le gouvernement provincial. En effet, aux termes  de l’article  203, point 21 de la constitution, le trafic routier, la circulation automobile, la construction et l’entretien des routes d’intérêt national, la perception et la répartition des péages pour l’utilisation des routes construites par le pouvoir central et/ou par la province sont de la compétence concurrente du pouvoir central et des provinces tandis que l’organisation de l’habitat urbain, la voirie et les équipements collectifs provinciaux relèvent selon l’article 204 de la Loi fondamentale de la compétence exclusive des provinces.  

Nul besoin donc d’une habilitation spéciale pour que le gouverneur de Kinshasa s’attèle à éradiquer les dysfonctionnements et incivilités qui tuent cette ville.

On se perd en conjectures sur la réticence des gouverneurs qui se sont succédés à la tête de la ville à en décentraliser la gestion en concédant un minimum opérationnel aux 24 communes et 326 quartiers dont les animateurs sont à ce jour réduits à se tourner les pouces pendant que leurs entités s’embourbent dans une débauche de dysfonctionnements et d’incivilités.  

Dans leur gestion de la salubrité et de la mobilité dans la ville de Kinshasa, les pouvoirs publics nationaux et provinciaux font preuve d’une incommensurable inconséquence.

La rue de tout le monde et de personne

Le gouvernement central devrait sortir de sa torpeur et entreprendre avec l’autorité urbaine une action décisive tendant à éradiquer cette propension à tolérer que des particuliers se débarrassent impunément de toutes sortes de déchets sur la chaussée, dans les caniveaux de drainage des eaux usées. En effet, la propension à considérer qu’au-delà des résidences privées s’étendent des lieux de non-droit et à transformer le «balabala ya l’État» en un emplacement où chacun peut entreprendre ce que bon lui semble, notamment des activités récréatives ou lucratives déstructurées constitue une réelle menace existentielle. Elle procède d’une mentalité purement animale que personne jusqu’aux temps présents ne parvient à extirper du cosmos intérieur des kinois.

Des ‘’sauts de mouton’’ (viaduc) nouvellement inaugurés pour fluidifier le passage vers l’aéroport de N’djili, servent de parking, de points d’étalage de marchandises et de débits de boissons pour des vendeurs irréguliers qui ‘’s’arrangent’’ à qui mieux mieux avec des agents de l’ordre. Au milieu de ce charivari, tout le monde est pressé, du voyageur désireux d’attraper un vol au taximan soucieux de conduire ses clients à destination en passant par le piéton qui saute imprudemment par-dessus la barrière de protection isolant la voie rapide.

Gouvernance déficitaire

Il appert assez clairement que les défis qui assaillent la capitale de la rd Congo ne sont pas exclusivement liés à la modicité des moyens budgétaires affectés aux travaux d’infrastructures destinés à fluidifier la mobilité dans la capitale. L’imposition du simple respect des normes est de nature à régler significativement la question.  

L’absence de l’autorité de l’État ici réduit à néant la saine ‘’peur du gendarme’’ qui, dans toute entité gouvernée, pousse le citoyen à respecter les lois et règlements.

Seule l’anticipation d’une sanction, positive ou négative, en réponse à une action ou omission de quelle que nature que ce soit, est susceptible de promouvoir efficacement des comportements vertueux.  Se confirme ainsi l’axiome selon lequel «il n’existe pas de mauvaises troupes, il n’y a que des mauvais chefs». Certes, les kinois se signalent souvent par des attitudes et des comportements qui défient la salubrité et l’urbanité. Mais le vrai problème réside dans la réponse, ou plutôt dans l’absence de réponse, des technostructures étatiques face à ces indécences.

L’inaction des détenteurs de l’autorité est en elle-même un challenge quasi infranchissable.-

Lambert Mende Omalanga

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