Les Super Eagles du Nigéria n’ont manifestement pas digéré leur élimination aux tirs au but face aux Léopards (1-1, 3-4), le 16 novembre 2025, dans le cadre des barrages africains qualificatifs pour la Coupe du monde 2026.
Selon le quotidien nigérian Vanguard, dans une plainte officielle déposée auprès de la Fédération internationale de football association (FIFA), la Fédération nigériane de football (FNF) accuse la RDC d’avoir aligné jusqu’à six joueurs supposément non éligibles durant cette compétition.
Elle dit savoir que ces joueurs congolais ayant changé de nationalité sportive, n’auraient pas finalisé l’ensemble du processus d’éligibilité exigé par la réglementation de la FIFA. Elle fait état notamment de l’absence de renonciation formelle de ces joueurs à leurs nationalités précédentes, alors que la RDC ne reconnaît pas la double nationalité. D’autres allégations évoquent la présence de joueurs âgés de plus de 21 ans disposant de passeports européens, ce qui, selon la partie nigériane, constituerait une violation des règles d’éligibilité.
Confirmant cette démarche, le secrétaire général de la NFF, Mohammed Sanusi, a indiqué qu’une protestation formelle avait bien été transmise à la FIFA, mettant en cause l’éligibilité de certains Léopards pour des violations présumées des règles en matière de nationalité. «Nous attendons. La loi congolaise interdit la double nationalité. Wan-Bissaka possède un passeport européen; certains ont un passeport français, d’autres un passeport néerlandais. La réglementation est très claire et nous avons déposé notre requête», a-t-il déclaré à Vanguard.
Mohammed Sanusi a toutefois reconnu que la FIFA avait initialement validé la participation de ces joueurs, estimant que l’instance mondiale aurait pu être induite en erreur lors de l’examen du dossier. «Le règlement de la FIFA stipule que dès lors qu’un joueur possède le passeport de son pays, il est éligible. C’est sur cette base qu’ils ont été autorisés à participer», a-t-il expliqué, avant d’ajouter inquiet que «la FIFA pourrait s’être trompée. Il ne lui appartient pas de faire respecter la loi congolaise, mais d’appliquer son propre règlement sur la base des documents fournis. Nous estimons qu’il y a eu fraude».
Des accusations lourdes, qui font polémique. Pour plusieurs observateurs, le Nigéria, longtemps présenté comme une grande nation du football africain, donne une image peu reluisante. Entre les déclarations évoquant une victoire congolaise obtenue grâce au “fétiche” et une plainte jugée opportuniste, la sortie nigériane est perçue par beaucoup comme une tentative désespérée de repêchage.
Pour de nombreux analystes, la FIFA devrait enregistrer la plainte mais la déclarer non fondée. «La FIFA ne raisonne pas en terme de nationalité juridique, mais en nationalité sportive. Si c’est vrai, je vous conseille, chers frères Nijas de vous concentrer plutôt sur la CAN 2025», a exhorté sur X, Hérita Ilunga, ancien joueur rd-congolais.
Entretemps, de son côté, la RDC, elle, poursuit sa préparation pour la phase finale de la CAN 2025, dont le coup d’envoi est prévu le 21 décembre 2025 au Maroc.
DIDIER MBOKANDJA