A New York, le 22 septembre 2025, le président Félix Tshisekedi a reçu l’appui d’un certain nombre de membres du Congrès américain au cours d’un déjeuner de travail. Avec les congressmen, le chef de l’État congolais a échangé durant plus de deux heures sur des questions d’intérêt commun entre la RDC et les Etats-Unis. L’ambiance était très conviviale, selon une dépêche de la présidence de la République qui fait état de la satisfaction des élus américains pour avoir obtenu des informations de première main au sujet des relations entre Kinshasa et Washington.
Parmi ces informations, le deal RDC-Etats-Unis, dont Félix Tshisekedi a précisé les contours : «Plutôt qu’un deal, j’aimerais parler d’un partenariat stratégique entre la RDC et les USA», a soutenu le chef de l’État congolais.
Au cours d’un point de presse, le même jour, tout en soutenant la médiation africaine dans le conflit RDC-Rwanda, il a expliqué aux médias que «cela ne signifie pas que nous allons vendre aux enchères nos ressources minérales. Dans le cadre de ce partenariat, nous œuvrerons au développement des secteurs miniers, de la chaîne de valeurs et des infrastructures, en mettant l’accent sur l’énergie».
Le président de la RDC a rappelé dans la foulée que son pays avait signé un partenariat stratégique avec la Chine. «Nous négocions aujourd’hui un partenariat similaire avec les Etats-Unis. Nous espérons le mener à bien», a-t-il précisé.
Sensibilisation
au Génocost
Avec les parlementaires américains, Félix Tshisekedi a également profité des échanges pour réitérer son message de sensibilisation autour du génocide oublié de la RDC. «Il est temps que la communauté internationale agisse afin de soulager la peine de mes compatriotes qui continuent à payer un lourd tribut des massacres en série», a déclaré le président de la République aux congressmen, parmi lesquels figuraient Jonathan Jackson, membre de la commission des affaires étrangères; Ilhan Omar, président du groupe de travail sur la politique africaine ; Grégory Meeks, membre de haut rang à la commission des affaires étrangères de la chambre; Sheila Cherillus-Mc Cornick, membre de la commission des affaires étrangères et Yvette Clarke, présidente du black caucus qui regroupe les élus afrodescendants du congrès américain.
Revenant sur l’Accord de paix signé avec le Rwanda sous l’égide du gouvernement américain, le 27 juin 2025, Félix Tshisekedi a déploré le fait qu’il n’ait pas encore mis fin aux combats à l’Est de son pays alors que c’est de son succès que dépend le deal RDC – Etats-Unis. «Le Rwanda a prétendu retirer ses troupes, mais en réalité, il renforce son soutien au M23», a déclaré le président de la RDC, qui dénonce ainsi des «manœuvres rwandaises visant à retarder l’accord de paix. Kigali tente de gagner du temps pour aggraver la crise», a-t-il martelé devant la presse lundi 22 septembre. «La situation actuelle n’est pas encourageante (…) les choses ne bougent pas vraiment sur le terrain», a-t-il encore déploré, se demandant si les Qataris et les Américains auront la patience de supporter les manœuvres des Rwandais et de leur chef. «Car, c’est de là que viennent ces tactiques visant à faire trainer le processus le plus longtemps possible. Pour notre part, nous sommes prêts à faire la paix», a encore déclaré Félix Tshisekedi.
Les assurances
de Massad Boulos
Le 23 septembre, Félix Tshisekedi s’est entretenu avec Massad Boulos, le conseiller principal du président Donald Trump pour l’Afrique. Leurs échanges ont tourné autour des efforts visant à favoriser la paix et la prospérité dans l’Est de la RDC, et à faciliter les investissements américains dans les minéraux, l’énergie et les infrastructures essentielles pour libérer l’immense potentiel économique de la région des Grands Lacs.
Il y a un peu plus d’un mois, les discussions entre les dirigeants américains et congolais autour de ce partenariat sur les minerais rares étaient sur la bonne voie, selon Lucy Tamlyn, ambassadrice des Etats-Unis en RDC. «Nous sommes sur le bon chemin, comme j’ai dit on a signé l’accord de paix, on a déjà eu la réunion du comité qui est chargé du suivi et nous attendons avec impatience les prochaines réunions à Doha entre la République Démocratique du Congo et le groupe M23. Par rapport aux discussions, nous avons aussi signé les principes sur le cadre d’intégration économique régional qui, selon nous, va vraiment encore encourager la croissance économique dans la région tout en liant les économies de la région. Je pense qu’on avance franchement assez vite, nous avons déjà convaincu tous les acteurs de s’asseoir, de signer les déclarations de principes et aussi de signer l’accord de paix, nous sommes aussi avancés dans la suite et on va continuer comme des partenaires fiables de la RDC à poursuivre la suite de cet accord de paix, nous sommes observateurs sur tous les comités donc je pense qu’on ne va pas laisser tomber cette activité parce que nous pensons que c’est pas tard pour le peuple congolais qui mérite une paix durable dans l’Est», déclarait la diplomate au cours d’un point de presse au centre culturel américain de Kinshasa, le 15 août 2025.
La RDC et le Rwanda ont convenu, au terme des réunions qui se sont tenues les 17 et 18 décembre 2024, de lancer la mise en œuvre des mesures de sécurité convenues dans le cadre de l’Accord de paix signé le 27 juin dernier, selon un communiqué conjoint signé par les deux pays ainsi que les Etats-Unis, le Qatar et l’Union africaine. Kinshasa et Kigali ont donc convenu de finaliser la mise en œuvre de ces mesures qui commence le 1er octobre prochain avant la fin de l’année. Un calendrier, qui propose des dates précises de mise en œuvre de l’Accord de paix malgré les «vents contraires» auxquels il fait face, a été adopté, affirme une dépêche de Reuters daté du 24 septembre 2025.
J.N.
TSHISEKEDI A NEW YORK : «Le deal RDC-USA est un partenariat stratégique»