L’Inspection générale des finances (IGF) a réuni mercredi 20 août 2025 les mandataires des entreprises et établissements publics, sous la présidence du secrétaire exécutif de l’ANEP, Patrick Ngulu. Objectif : relancer le dialogue et renforcer le dispositif d’encadrement instauré dans ces structures sous contrôle de l’État.
Au nombre des entreprises et établissements publics du portefeuille de l’État conviés à cette rencontre, les Lignes Maritimes Congolaises (LMC SA), représentées par le PCA l’honorable Lambert Mende Omalanga et le directeur général Jean-Claude Mukendi Mbiyamwenza.
Il s’agissait à la fois d’un cadre de prise de contact et un espace de dialogue stratégique sur les défis structurels des entreprises publiques : faible rentabilité, gouvernance défaillante et conflits internes.
Le n° 1 de l’IGF, Christophe Bitasimwa Bahii, entouré de son adjoint Emmanuel Tshibangu, a placé la rencontre sous le signe de la «continuité et vigilance». Il a rappelé que la mission de l’IGF ne se limite plus à des contrôles a posteriori, souvent tardifs, mais s’appuie désormais sur la «patrouille financière» : un contrôle préventif destiné à anticiper les dérives et sécuriser les finances publiques. «Nos interventions visent à conseiller, encadrer et prévenir les irrégularités de gestion. C’est en agissant en amont que nous obtenons des résultats», a souligné Bitasimwa, citant des avancées comme l’amélioration de la trésorerie de certaines entreprises, la meilleure qualité des dépenses et la réduction de tensions sociales.
Cependant, de sérieuses failles subsistent : conflits récurrents entre PCA et directions générales, non-respect des procédures de passation des marchés, et gestion tournée vers les avantages des dirigeants plutôt que vers l’investissement productif.
Pour l’IGF, la réforme de la gouvernance reste incontournable. «La bonne gouvernance est au cœur de la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi. C’est ensemble, en assumant nos responsabilités, que nous pourrons redonner aux entreprises publiques leur rôle moteur», a insisté le n°1 de l’IGF.
Un message relayé Patrick Ngulu, secrétaire exécutif de l’ANEP. «Transparence et redevabilité sont des conditions essentielles pour que ces entreprises cessent d’être un fardeau budgétaire et deviennent des leviers de développement», a-t-il martelé.
Les mandataires présents ont salué l’initiative. Mathieu Muboyayi, DG de l’ANADEC a parlé d’«opportunité de dialogue nécessaire», tandis que Fabien Mutomb, DG de la SNCC a appelé à une réforme de la double tutelle pour «redonner aux entreprises leur vocation première : produire et générer des bénéfices pour la nation».
La rencontre s’est conclue par une séance d’échanges, avec l’adoption de résolutions pratiques, dont l’élaboration de mémos conjoints pour clarifier la collaboration entre l’IGF et les entreprises.
Un constat s’impose : la patrouille financière ne suffira pas. L’avenir des mastodontes publics congolais dépendra des réformes structurelles et d’une volonté ferme de traduire les discours en actes.
Le Maximum