Le nouveau ministre de la Défense nationale et anciens combattants, le Dr Gilbert Kabanda Kurhenga, s’engage à placer la restauration de l’éthique au sein de l’armée au centre de son action.
Au cours d’un entretien avec la presse, il a fait savoir qu’il était dans l’armée depuis 50 ans. «J’ai fait le diagnostic de notre armée. Nous avons un problème d’éthique dans sa gestion. C’est fondamental! L’éthique de gestion d’une armée, si elle n’existe pas, vous pouvez donner les moyens, rien ne se fera. Ma première mission est de rétablir l’éthique gestionnaire d’une armée moderne. Tout le reste, c’est-à-dire les moyens financiers, les moyens logistiques, l’administration viendra si l’éthique est rétablie», a expliqué Gilbert Kabanda.
Aux soldats des FARDC, il a demandé de revenir aux fondements moraux de la communauté. «Je m’efforcerai d’amplifier cette moralité qui est la base de tout. La science et la technique ne viennent que jouer le second rôle», a-t-il souligné.
Il a rappelé que la Monusco n’est pas en RDC «pour jouer le rôle des FARDC, mais pour appuyer notre armée». Médecin militaire, Gilbert Kabanda est également professeur d’université, spécialisé en médecine aéronautique à l’Université catholique de Bukavu.
Une parfaite maîtrise de toutes les parties du pays
Descendant de la tribu Bashi, ce septuagénaire a 45 ans de vie militaire. Il est notamment connu pour sa maîtrise de coins et recoins des FARDC. Il s’agit donc d’un témoin de premier plan qui a connu et subi toutes les mutations de l’armée nationale, depuis les Forces armées zaïroises.
Après 30 ans de service au sein de l’armée au grade de colonel, c’est en 2013 qu’il a été élevé au grade supérieur de général. Entre 2014 et 2018, il occupe le poste de médecin directeur du service de santé médicale de l’armée. Pendant son mandat, les soldats congolais ont participé aux côtés des militaires américains qui relèvent du commandement américain pour l’Afrique, de l’USAFA, et d’autres unités de l’armée de l’air américaine, aux exercices qui appartiennent à l’Unité médicale d’intervention rapide (UMIR).
Sa mission ne sera évidemment pas facile, d’autant que les réformes à mener sont énormes. L’armée congolaise, à en croire l’expert des questions sécuritaires, Jean-Jacques Wondo, ne dispose pas de loi de programmation militaire censée fixer les prévisions budgétaires pluriannuelles pour sa modernisation et sa montée en puissance.
JM