C’est le calvaire pour le préstataires du projet couverture santé universelle qui vivent dépuis 15 mois sans salaire, sans équipements appropriés pour la bonne prise en charge des malades. Regroupés au sein du collectif des établissements des services et soins de santé sous couverture santé universelle (CESS-CSU), Ils ont pris d’assaut, vendredi 3 juillet, la primature pour exiger du gouvernement le respect de son engagement à ce sujet.
Le sit-in des manifestants s’est étalé sur deux heures. Leur démarche, comme plusieurs autres avant, consiste à faire décanter cette situation que le gouvernement, selon eux, n’a jamais prise en compte. «Nous avons écrit à plusieurs reprises aux autorités sectorielles sans suite. Nous avons même tenu une réunion avec le directeur général du Fonds de solidarité de santé (FSS), qui nous a jusste promis. C’est pour cela que nous avons décidé d’organiser ce sit-in», a déclaré un manifestant pour qui, ce retard dans le paiement des frais de la CSU a connu des répercussions sur les établissements hospitaliers. «Nous sommes en difficulté pour faire fonctionner nos structures. Il n’y a pas d’approvisionnement en médicaments et autres intrants pour la meilleure prise en charge de nos malades. De plus, l’impaiement des prestataires engendre la démotivation», a-t-il renchérit.
En cas de non-paiement, le collectif menace de suspendre la gratuité des soins. Une délégation a finalement été reçue par la première ministre mais, les structures de santé entendent obtenir d’être servies sans délai.
Dès le lancement de son premier volet, gratuité des soins maternels et prise en charge du nouveau-né en septembre 2023, la CSU s’est heurtée à un problème de paiement des frais hospitaliers.
Entre mai et juin 2025, les structures de santé assurant la prise en charge gratuite des accouchements avaient annoncé la suspension partielle de ce projet pour cause d’arriérés de salaire par le FSS.
Roger Kamba apaise
la tension
A l’issue d’une rencontre avec les représentants des principaux établissements hospitaliers engagés dans la mise en œuvre du programme de gratuité des soins de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba s’est voulu rassurant vis-à-vis des uns et des autres. Il a promis la mise en place prochaine d’un mécanisme d’apurement échelonné sur une période d’environ dix mois. Donc, parallèlement au paiement régulier, dès ce mois de juillet, les prestations courantes liées à la prise en charge gratuite des femmes enceintes, des nouveau-nés et des enfants seront payées.
Les représentants de formations médicales participants ont salué l’initiative et se sont engagés de nouveau à poursuivre, sans interruption, la prise en charge des bénéficiaires du programme. Ils ont exprimé leur confiance au gouvernement et ont pris sur eux d’offrir des soins de qualité dans le respect des objectifs de la politique nationale de santé.
Pascal Lookolo